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Menaces de mort: l’heure est aux idées au Parlement et non pas à la grogne, affirme Marwah Rizqy en critiquant Éric Duhaime

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Victime de menaces de mort, la députée libérale Marwah Rizqy accuse le chef conservateur Éric Duhaime de «canaliser la haine et la colère» pour se faire élire. Elle plaide que l’Assemblée nationale a besoin «d’idées» et non de «grogne».

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«Si votre legs démocratique, c’est de vous dire que vous allez canaliser la haine et la colère, c’est un très mauvais legs démocratique. Il faut peut-être reconsidérer la raison pourquoi vous voulez faire votre entrée au Parlement», a affirmé la députée sortante de Saint-Laurent qui est enceinte de 8 mois.

Récemment victime de menaces de mort, Mme Rizqy a fait cette déclaration visant Éric Duhaime jeudi matin à Sherbrooke, en compagnie de sa cheffe, Dominique Anglade. 

Crédit photo Nicolas Lachance / Journal de Québec

«On ne veut pas de grogne au Parlement, on veut des gens avec de la stature, des gens qui veulent travailler pour faire avancer le Québec et qui ont des propositions», a déclaré l’élue qui sollicite un nouveau mandat.  

«Est-ce que vous visez Éric Duhaime?» a demandé une journaliste. «Clairement», «oui», a répondu la libérale. 

  • Écoutez Karine Gagnon, chroniqueuse politique et directrice adjointe de l'information au JDQ au micro de Guillaume Lavoie su QUB radio :

Changement de ton

Hier, Mme Rizqy avait refusé de viser une formation ou un chef en particulier afin d’expliquer ce climat de haine qui prend de l’ampleur au Québec et qui plane sur la campagne électorale.  

Sa cheffe, Dominique Anglade, est d’ailleurs restée sur cette position jeudi matin, soutenant que «tous» ont «une responsabilité de calmer le jeu pour avoir une campagne qui puisse se dérouler sereinement.» 

Est-ce que Mme Rizqy a envoyé un message de calme? «Je crois que Mme Rizqy a été particulièrement troublée et je peux le comprendre. Je me rappelle moi-même, femme enceinte, ce que ça signifie, tu es en campagne, etc. Je comprends très bien tout ce qu’on peut vivre comme émotion par rapport à ça. On a besoin de s’assurer de la sécurité de tout le monde. Et, encore une fois, tout le monde a une responsabilité de calmer le jeu», a affirmé Dominique Anglade.  

En juin dernier, Éric Duhaime avait affirmé vouloir se servir de la grogne pour faire des gains politiques.  

«Notre objectif, c'était justement de prendre toute cette grogne qui était à l'extérieur du parlement, puis de la faire entrer dans les murs du parlement, et c'est encore ça notre objectif», avait-il dit lors d’un point de presse à l’Assemblée nationale.   

Bouton de panique

Le début de la campagne électorale est marqué par des actes de violence.  

Le bureau de comté du libéral Enrico Ciccone a été cambriolé et vandalisé quelques jours après des menaces de mort à l’endroit de sa collègue Marwah Rizqy, qui réclame, à nouveau ce matin, davantage de mesures de sécurité pour les députés. 

Mme Rizqy souhaite que les élus puissent avoir accès à des boutons de panique s’ils le désirent afin de se sentir en sécurité.  

Crédit photo Nicolas Lachance / Journal de Québec

«Ça permet de géolocaliser un élu rapidement si jamais il y a une menace qui est ressentie», a-t-elle indiqué.  

«Puis, lorsque la menace passe de virtuelle à réelle, je ne pense pas qu’un élu a besoin de quémander des mesures supplémentaires. Il faut que le protocole change. Le climat a changé, il faut que l’Assemblée nationale s’ajuste.»  

L’élue soutient que, dans son cas, la Sûreté du Québec et le Service de police de la Ville de Montréal ont fait leur travail, mais qu’ils avaient des limites juridiques en raison de son statut d’élue.  

«La sécurité personnelle des élus relève de l’Assemblée nationale», relate-t-elle.  

Réactions des autres chefs

Le premier ministre sortant a demandé aux autres chefs d'éviter «d’attiser la colère». 

François Legault juge «vraiment inacceptable» que des députés aient été la cible d’actes de violence. Il a interpellé la Sûreté du Québec afin que les candidats puissent se sentir en sécurité.  

Lors d’une visite en Beauce, en début de semaine, M. Legault a accusé le chef conservateur Éric Duhaime d’agir de façon irresponsable, en rappelant qu’il a déjà invité ses militants à l’aider à faire entrer la grogne au Parlement.  

Le chef caquiste lui reproche d’utiliser cet argument «pour essayer de gagner des votes». 

Gabriel Nadeau-Dubois de Québec solidaire (QS) a de nouveau refusé, jeudi, de cibler nommément la formation d’Éric Duhaime, mais a fait référence à un de ses candidats en faveur d’armer les enseignants dans les écoles. 

«Je n’ai pas envie de faire de la politique partisane avec ça, dit le porte-parole de QS. Mais en même temps, je vois des idées circuler au Québec qui me foutent la trouille.» 

De passage à Ottawa, le chef du parti québécois Paul St-Pierre s’est dit de tout coeur avec Marwah Rizqy et Enrico Ciccone. «Ils ont tout mon soutien», a-t-il réagi. 

Quant à la sécurité de ses propres candidats, il a dit faire confiance à la Sûreté du Québec. 

 M. St-Pierre Plamondon a lui-même déjà reçu des menaces et porté plainte à la SQ lors des manifestations des camionneurs l’hiver dernier. Il demeure favorable au droit de s’exprimer librement. «Parce que lorsqu’on empêche les gens de s’exprimer librement, c’est là que les situations s’enveniment davantage. Mais seulement, et seulement si, et j’insiste, si les lois et les règlements en vigueur sont respectés.» 

- Avec la collaboration de Patrick Bellerose et Marc-André Gagnon, Geneviève Lajoie et Annabelle Blais, Bureau parlementaire 

  • Écoutez l'entrevue avec Sylvain Gaudreault, député de Jonquière à l’émission d'Antoine Robitaille diffusée chaque jour en direct à 17 h 30 via QUB radio : 

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