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Services de garde: les conservateurs veulent mettre fin aux places à 8,70$

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MONTRÉAL | Les listes d’attente pour une place en service de garde débordent, et la CAQ s’est avérée incapable de répondre à la demande, déplorent les conservateurs. Ils estiment qu’une aide directe aux parents pourrait faire disparaitre rapidement les délais pour l’obtention d’une place, un scénario qu’un expert juge «improbable» dans le contexte actuel.  

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«Une des pages sombres de ce gouvernement-là, c’est ce qui s’est passé au niveau des CPE et des services de garde», a déclaré Éric Duhaime. 

De passage dans la métropole, le chef conservateur a accusé la CAQ d’avoir rompu sa promesse de réduire considérablement la liste d’attente pour une place en garderie.  

«Il y avait à l’époque 42 000 parents qui étaient en attente d’une place en CPE, a-t-il rappelé. Non seulement le gouvernement n’a pas baissé le nombre de parents en attente, mais au moment ou on se parle, on est rendu en 52 000. La situation ne s’est pas améliorée, elle s’est détériorée».  

«C’est là-dessus que le gouvernement doit être jugé», a ajouté Éric Duhaime.  

De son côté, le gouvernement fait valoir qu’il a offert plus de 37 000 places à contribution réduite depuis son arrivée au pouvoir. «Jamais autant de places ont été octroyées, sauf à la création du réseau il y a vingt-cinq ans», note un attaché de presse de la CAQ.  

Aide directe 

Selon les conservateurs, la promesse de la CAQ de convertir en places subventionnées toutes celles qui ne le sont pas pour que chaque enfant ait une place d’ici cinq ans est de la poudre aux yeux.  

«S’ils n’ont pas été capables de le faire en 2018, ils ne seront pas capable de le faire en 2022», a lancé Éric Duhaime.  

Le PCQ veut donc d’aller «à l’opposé de la CAQ», et de revoir du tout au tout le modèle actuel de gestion des services de garde de mettre fin au «quasi-monopole» de l’État en la matière.  

Les conservateurs proposent rien de moins que de cesser de subventionner les services de garde, ce qui sonnerait le glas des place à 8,70$ par jour. À la place, ils verseraient un aide directe de 200$ par enfant, ce qui laisserait selon eux les parents «libres de choisir» la façon dont ils feront garder leurs enfants. Et ce serait à chaque garderie de déterminer ses propres tarifs, dans un régime de concurrence.  

Selon la plateforme du parti, cette mesure devrait faire en sorte que les listes d’attentes disparaissent rapidement. 

Improbable 

Il est peu probable que le modèle proposé par le PCQ se traduise par une augmentation de l’offre de places en garderie, estime Philip Merrigan, professeur au département des sciences économiques de l’UQAM.  

Selon l’expert, les difficultés de recrutement dans le milieu des services de garde fait en sorte qu’il sera très difficile de créer de nouvelles places au cours des prochaines années, sauf si l’on réduit les qualifications nécessaires pour pratiquer le métier.  

«Il serait alors possible de recruter à salaire plus bas, mais cette baisse de qualité pourrait avoir des effets négatifs sur le développement des enfants, en particulier ceux de milieux moins favorisés.» 

Or, les conservateurs proposent justement de permettre à «toute personne qualifiée» d’ouvrir un service de garde.  

Éric Duhaime se défend néanmoins de vouloir régler le problème de la pénurie de personnel en diminuant les exigences pour pratiquer la profession, mais il remarque qu’«ultimement, c’est aux parents d’évaluer [ce qui leur convient] et de choisir», dit le chef du PCQ.  

Selon lui, le secteur privé offrirait davantage de flexibilité que le milieu public, et que cela pourrait éventuellement permettre d’attirer davantage de gens à travailler dans les services de garde.  

Insuffisant 

Pour Philip Merrigan, le montant de 200$ par semaine proposé par les conservateurs parait insuffisant. «Dans quatre ans, la valeur d’une place en CPE sera autour de 18 000 $ par année», remarque-t-il. Cela représente près de 50$ par jour. 

Interrogé en conférence de presse sur la valeur d’une place en garderie pour un jour de garde, le chef conservateur n’a pas semblé comprendre la question. Il a d’abord évoqué le montant de 8,70$ par jour, que paient ceux qui ont une place en CPE, puis celui de 40$, qui correspond à l’aide directe qu’il verserait aux parents.  

Enfin, le modèle défendu par les conservateurs pourrait se buter à de l’opposition du côté d’Ottawa, selon le professeur. «Les nouvelles subventions fédérales aux provinces pour les services de garde sont basées sur le principe d’offrir des places à bas coût», remarque-t-il.  

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