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Hausse des signalements: les élus québécois plus menacés que jamais

Les corps policiers enregistrent une hausse vertigineuse des signalements depuis 2020

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Les élus provinciaux québécois sont la cible de menaces plus que jamais depuis le début de la pandémie, alors que la police est sur un pied d’alerte avec le déclenchement des élections. 

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Dans les derniers jours, plusieurs candidats de formations politiques, comme Marwah Rizqy du Parti libéral du Québec ou Sylvain Lévesque de la Coalition Avenir Québec, ont été visés par des propos ou des publications menaçants. 

Le député de la CAQ Sylvain Lévesque a dénoncé cette publication morbide, où un internaute a rajouté du sang sur sa pancarte électorale.
Capture d'écran Twitter
Le député de la CAQ Sylvain Lévesque a dénoncé cette publication morbide, où un internaute a rajouté du sang sur sa pancarte électorale.

Or, la hausse de tels dérapages a commencé en 2020 avec la mise en place des mesures sanitaires, ce qui avait suscité la grogne de nombreux internautes et fait en sorte que plusieurs avaient dû être arrêtés. 

  • Écoutez l'entrevue avec Patrick White à l’émission de Richard Martineau diffusée chaque jour en direct 9 h 05 via QUB radio : 

Cette année-là, la Sûreté du Québec (SQ) avait recensé 286 signalements de propos menaçants ou de menaces envers des élus provinciaux, contre seulement 16 en 2019. 

L’année suivante avait été encore pire, alors que l’on comptait 396 signalements. L’année en cours pourrait être similaire, la police provinciale dénombrant 221 signalements en date du 1er août.

Cela dit, la campagne aurait fait exploser les dossiers de menaces, selon nos informations. 

Armé jusqu’aux dents

Toutefois, les tribunaux n’ont pas hésité à dénoncer ce genre de comportement envers les élus, alors que plusieurs individus ont été accusés. 

C’est le cas notamment de Raymond Têtu qui a été déclaré coupable la semaine dernière à Gatineau de menaces de mort, d’avoir conseillé de tirer sur des policiers, d’incitation à la haine contre un groupe identifiable, de possession d’armes à feu prohibées et de chargeurs haute capacité.

«La liberté d’expression joue un rôle vital dans une société démocratique. Notamment dans un cadre politique, tous les citoyens ont droit à la liberté d’expression, même ceux dont les habilités en communication sont déficientes, voire douteuses. Toutefois, il peut parfois arriver qu’une personne dépasse le commentaire politique permis et adopte une conduite criminelle interdite», a écrit la juge Alexandra Marcil.

L’homme de 53 ans de Val-des-Monts avait écrit plusieurs propos violents sur les réseaux sociaux où il affirmait vouloir tuer le premier ministre Justin Trudeau, mais ce dernier avait les moyens de mettre ses menaces à exécution. 

En effet, la Gendarmerie royale canadienne avait découvert chez lui de nombreuses armes à feu et des caches secrètes dans sa résidence. Il avait notamment un brouilleur d’ondes de police et de fausses bonbonnes de propane avec un double fond.

Les trois photos font référence à la découverte par des policiers de plusieurs armes à feu et caches secrètes chez le complotiste Raymond Têtu à Val-des-Monts, en 2021.
Photo courtoisie, Gendarmerie royale du Canada
Les trois photos font référence à la découverte par des policiers de plusieurs armes à feu et caches secrètes chez le complotiste Raymond Têtu à Val-des-Monts, en 2021.

Photo courtoisie, Gendarmerie royale du Canada

Photo courtoisie, Gendarmerie royale du Canada

«[La] preuve révèle une intention claire de l’accusé de viser directement Justin Trudeau, de l’intimider et d’être pris au sérieux, a estimé la juge Marcil. Ils n’ont rien à voir avec le cadre normal d’un commentaire politique.»

  • Écoutez Richard Martineau au micro de Benoit Dutrizac sur QUB radio :

Facilement retraçable

Du côté de la police de Montréal, on constate une hausse « marquée » des menaces de manière générale depuis 2020. Le nombre de dossiers a augmenté de 34 % cette année par rapport à 2021. 

«C’est banalisé et les gens n’ont pas de filtre. Il y a un sentiment d’impunité, a affirmé la sergente-détective Maya Alieh. Mais ce n’est qu’un sentiment, les internautes sont facilement retraçables et tout le monde est imputable.»

«Dans la majorité des cas, il n’y a pas d’effort pour vraiment se cacher», ajoute la superviseure du module des cyberenquêtes, invitant tous ceux qui ne se sentent pas en sécurité après avoir reçu un message à porter plainte et à conserver toutes les preuves. 

MENACES SIGNALÉES ENVERS DES ÉLUS PROVINCIAUX QUÉBÉCOIS 

2022 221*

2021 396

2020 286

2019 16

*au 1er août

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