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Déclin du français: les Québécois doivent se réveiller

GEN-DRAPEAU EN BERNE
Photo d’archives

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Il est grand temps que les Québécois se réveillent. Arrêtons de jouer à l’autruche et soyons francs : le français est en chute libre et est en voie d’être marginalisé à Montréal.

Les données du recensement de 2021 publiées récemment sur la langue sont éloquentes. Si la tendance se maintient, le français sera minoritaire dans le grand Montréal d’ici 20 ans et au Québec en entier d’ici 50 ans. Dans le Canada en entier, la langue de Molière est littéralement en voie d’extinction.  

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Unilingues anglophones

Cette tendance n’est pas nouvelle. La donnée de loin la plus alarmante est la hausse du nombre d’unilingues anglophones. Dans le grand Montréal, leur nombre a explosé, passant de 286 275 à 346 425 en seulement 5 ans ! De plus, le déclin de notre langue n’est pas qu’une affaire montréalaise : cela s’étend de plus en plus à Laval et à Gatineau.

On accuse souvent les Québécois d’être « fermés » lorsqu’ils veulent protéger leur langue. Mais qui est fermé d’esprit ? Le Montréalais francophone (souvent bilingue) qui souhaite simplement protéger le français dans le contexte nord-américain, ou bien l’unilingue anglophone qui a une réaction allergique à l’idée de parler français, même s’il vit ici depuis longtemps ?

Une grave erreur

Certains francophones se foutent royalement du français et n’ont aucun problème à ce que Montréal s’anglicise. Je crois qu’ils se trompent gravement. La langue française est une véritable richesse pour le Québec. 

Même si le français est loin derrière l’anglais et l’espagnol en Amérique du Nord, cette langue compte environ 300 millions de locuteurs à travers le monde. C’est donc une langue qui comporte une très grande richesse culturelle et le Québec commettrait une grave erreur de tourner le dos au français. 

De plus, c’est notre marqueur identitaire comme peuple, le ciment qui unit tous les Québécois, quelle que soit leur origine ethnique. Pourquoi faudrait-il être comme le reste de l’Amérique du Nord ? Il n’y a rien d’original et d’exotique à parler anglais sur ce continent. C’est tout le contraire pour le français, c’est ça qui nous rend si uniques. Sans le français, Montréal ne serait pas différente de Toronto, Philadelphie ou Detroit. 

J’ai 20 ans

J’ai 20 ans et je refuse de vivre la disparition du français à Montréal au cours de ma vie. Si on veut vraiment sauver notre belle langue, il faut mener ce combat par nous-mêmes. Il ne faut pas attendre que le gouvernement le fasse à notre place. Non, ce n’est pas François Legault qui va sauver le français. Chaque fois qu’un francophone tolère de se faire servir in english only dans un commerce, il envoie le message comme quoi le français n’est pas une nécessité. Si on baisse les bras maintenant, il est déjà trop tard. 

René Lévesque aurait eu 100 ans le 24 août dernier. Avec la situation du français actuelle, il doit se retourner dans sa tombe. Meanwhile, Lord Durham is celebrating.

GEN-DRAPEAU EN BERNE
Photo courtoisie

Raphael Pelletier
20 ans, étudiant en droit à l’Université Laval, Québec

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