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Et le slogan préféré des Québécois est...

Et le slogan préféré des Québécois est...
Photo d'archives, Agence QMI

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Certains slogans ont le pouvoir de changer le cours d’une élection.

Du «Maître chez nous» du PLQ en 1962, à «Un parti propre au Québec» du Bloc Québécois en 2004 jusqu’au «Nous sommes prêts» du PLQ de 2003, ces slogans marquaient des moments précis de notre histoire.

Ils avaient la force de humer l’air du temps et de cerner l’opportunité. 

Maintenant, qu’en est-il de l’élection de 2022?

Le gagnant

Surprise! Le slogan préféré des Québécois est celui d’Éric Duhaime du Parti conservateur du Québec (PCQ). 

À 20 % d’adeptes, le «Libres chez nous» résonne en dehors des partisans conservateurs. 

Partout en Amérique du Nord, les politiciens du moment sont ceux qui réussissent l’union entre libertarisme, contestation de la crise sanitaire et colère contre les élites.

Éric Duhaime est notre pendant québécois, et son slogan est l’incarnation de cette union.

Ces politiciens fredonnent tous le même refrain : vous redonner de la liberté et vous redonner le contrôle de vos vies. Pas pour rien que Pierre Poilievre chez les conservateurs canadiens réunit des foules en répétant une seule chose, soit «de faire du Canada le pays le plus libre au monde». 

Tout ça est certes démagogue et déconnecté du réel, mais ça porte.

Cela dit, on pourrait, au regard de l’actualité, avancer que cette liberté sans entrave se conclut toujours par la loi de la jungle : libre d’insulter ses adversaires, libre de proposer d’armer les profs, libre de s’en prendre aux médias...

Et on pourrait surtout relever la capacité du PCQ à tripoter notre histoire.

D’inspiration «Maître chez nous», le «Libres chez nous» est son antithèse. 

Le «Maître chez nous représente la conquête du pouvoir des Québécois par la construction d’un État fort et national. 

Le «Libres chez nous» porte l’idéal contraire : celui de l’individualisme extrême, qui finit toujours par un antinationalisme, comme le prouve le désintérêt de Duhaime pour le français.

«Continuons»

En deuxième place se trouve le «Continuons» caquiste. 

Dix-sept pour cent le définissent comme leur préféré, même si 42 % des électeurs soutiennent la CAQ.

On le trouve, donc, ennuyeux, même à la CAQ! Il reste néanmoins efficace.

Il capte l’humeur d’une majorité de Québécois, précisément des 58 % de satisfaits du gouvernement.

Une majorité, fatiguée de se poser les grandes questions existentielles, au demeurant non résolues, qui souhaite continuer sa route «ailleurs». 

Son efficacité se prouve par ce début de campagne : pendant que les oppositions se disputent entre elles, la CAQ continue sa promenade dans la stratosphère politique. 

Elle multiplie les promesses managériales, réconfortantes et loin des controverses. De la formule «En prendre moins, mais en prendre soin» sur l’immigration en 2018, voilà qu’on passe au «bouclier anti-inflation» et «Votre santé». «Maintenant» à la CAQ, on secoue moins l’électeur.

Les autres slogans

«Votez vrai. Vrais enjeux. Vraies solutions» du PLQ est en troisième place. Certains l’apprécient, principalement ceux qui croient que les questions économiques sont les «vraies affaires» et les questions identitaires ne sont qu’un prétexte pour « souffler sur les braises de l’intolérance ». 

Les slogans du PQ «Le Québec qui s’assume. Pour vrai» et de QS «Changer d’ère» ne suscitent pas l’émotion.

Toutefois, ils ont la qualité de parler à des électeurs précis : les indépendantistes endurcis et les progressistes qui veulent transformer la société. 

Le problème, c’est moins leur slogan que le nombre d’électeurs toujours plus rares qui s’identifient à ces deux catégories... 

Lequel des slogans suivants préférez-vous? 

PCQ « Libres chez nous » 20 %
CAQ « Continuons » 17 %
PLQ « Votez vrai. Vrais enjeux. Vraies solutions. » 14 %
QS « Changer d’ère » 9 %
PQ « Le Québec qui s’assume. Pour vrai. » 8 %

Je ne sais pas / Je préfère ne pas répondre 32 %

♦ Sondage Léger réalisé du 26 au 28 août 2022 auprès de 1061 Québécois.es. Il n’est pas possible de calculer une marge d’erreur sur un échantillon tiré d’un panel, mais à titre comparatif, la marge d’erreur maximale pour un échantillon de 1061 Québécois.es est de ± 3% et ce 19 fois sur 20

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