/misc
Navigation

La CAQ, un PLQ 2.0

Coup d'oeil sur cet article

Dominique Anglade n’a cessé cette semaine de traiter François Legault de «copieur». 

À Québec mardi, la cheffe libérale a même lancé : le plagiat, c’est «grave», c’est une «cause de renvoi»!

Hier, en réitérant sa promesse d’inscrire dans la loi un «droit» des parents à une place en garderie pour leur enfant, elle a répété ces mêmes accusations à l’égard du chef caquiste.

Les plateformes de la CAQ et du PLQ ne sont pas sans similitudes en effet : CPE, baisses d’impôt, allocations de 2000 $ pour les aînés, etc.

Cela m’a conduit hier à demander à Dominique Anglade si, en définitive, François Legault avait bâti un PLQ 2.0. «Il y a un parti libéral, et c’est le parti libéral du Québec», a-t-elle répondu.

  • Écoutez l'édito d'Antoine Robitaille lors de la rencontre Foisy - Robitaille diffusée chaque jour en direct 12 h via QUB radio :

Vallières

Néanmoins, mon hypothèse me semble séduisante. Non seulement il y a cette affaire de plagiat, mais la CAQ a avalé pas mal de rouge ces derniers temps.

Pensons à l’ancien député libéral Yvon Vallières, qui a décidé d’appuyer publiquement le caquiste Éric Lefebvre dans Arthabaska. L’affiliation de Vallières au PLQ remonte presque au déluge! Élu une première fois sous Bourassa I, de 1973 à 1976 ; réélu en 1981 sous Ryan, il conserva son siège rouge jusqu’en... 2012!

Autre cas récent : Daniel Bernard en Abitibi, ancien élu de l’ère Charest (2003 à 2007, puis 2008 à 2012), est maintenant candidat caquiste. Selon lui, ce n’est plus le PLQ qui a les bonnes politiques pour les régions, mais la CAQ.

Il y aurait tant d’autres cas à citer.

• La CAQ est loin d’être peuplée exclusivement de ce que Geneviève Guilbault (elle-même ancienne employée d’un cabinet libéral) appela jadis «les criss de péquistes».

• Le ministre des Finances, Eric Girard, a affirmé, au moment de se joindre à la CAQ en 2018 : «Ça n’aurait pas été complètement farfelu que j’aille avec le Parti libéral.»

  • Écoutez la rencontre Rémi Nadeau et Antoine Robitaille diffusée chaque jour en direct 17 h 30 via QUB radio :

PLCAQ

Comme je le soulignais récemment, François Legault lui-même a déjà pensé devenir chef du PLQ, selon le récit de l’historien Éric Bédard dans la dernière livraison de L’Inconvénient. Seule la «marque de commerce» rouge, entachée, aurait freiné Legault.

Mais à quel PLQ ressemble la CAQ actuelle, plus précisément? Il faut le préciser, car en plus de 155 ans d’histoire, le PLQ a été tout et son contraire ou presque.

Dans le texte cité plus haut, Éric Bédard soutient, à propos de François Legault, que ce n’est pas tant à l’unioniste Maurice Duplessis qu’il faut le comparer, mais au libéral Robert Bourassa, «qui était convaincu que la force économique devait primer sur la question du régime». Seules des circonstances particulières auraient contraint Bourassa à s’intéresser aux dossiers linguistique (français, la langue officielle) et constitutionnel (l’accord du lac Meech).

Mais précisons encore plus la comparaison : la CAQ de Legault rappelle une période libérale particulière, celle d’après 1988. Où trois ministres anglophones avaient claqué la porte du gouvernement Bourassa parce que ce dernier avait utilisé une disposition de dérogation dans la loi 178 sur la langue française.

Autre aspect où l’on pourrait accuser Legault de plagiat.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.