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Réduction de GES: QS mise sur la bonne volonté des Québécois

Réduction de GES: QS mise sur la bonne volonté des Québécois
Photo: Patrick Bellerose

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MONTRÉAL – «Construisez-le et ils viendront», ont répété les solidaires en présentant leur plan pour réduire les GES de 55% d’ici 2030. Québec solidaire compte investir 74G$ sur 8 ans, principalement en transport collectif, afin de changer les habitudes des Québécois sans imposer trop de contraintes aux automobilistes.  

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Avec cette approche plus consensuelle, Gabriel Nadeau-Dubois veut notamment éviter de braquer un segment de la population plus réfractaire à la transition écologique. En France, par exemple, des mesures sur l’essence ont mené aux manifestations des Gilets jaunes. 

« Si on s’y prend mal, si on fait ça tout croche, la transition écologique, ça peut créer des tensions dans la société, c’est ce qu’on a vu en France. Mais si on s’y prend comme du monde, si on fait ça avec les gens, ça peut être un projet de société qui peut rassembler », a expliqué le porte-parole de Québec solidaire. 

La formation de gauche dévoilait dimanche son plan Vision 2030 à la Maison de la culture, à Montréal. Il s’agit de sa feuille de route pour atteindre sa cible ambitieuse de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 55% par rapport à 1990 d’ici 2030. La cible actuelle du Québec est de 37,5%. 

Pour les citoyens, le plan climat de QS s’articule principalement autour d’un vaste chantier sur le transport en commun. La formation veut également décourager l’utilisation de l’automobile, en imposant des « malus » sur l’achat de véhicules à essence plus polluants (210 grammes de CO2 par km) représentant une moyenne de 15% du prix d’achat entre 2023 et 2030.  

Un Nissan Qashqai, par exemple, entrerait dans cette catégorie.  

Plusieurs exemptions seraient toutefois possibles, pour les familles de plus de deux enfants, ainsi que pour tous les véhicules « plaqués F » pour le travail. 

QS devancerait aussi l’interdiction de vendre des véhicules à essence à 2030, contre 2035 présentement, en plus d’interdire les véhicules à essence sur les routes du Québec à compter de 2040. 

Transport en commun

En contrepartie, QS promet des investissements massifs en transport en commun, soit l’essentiel de son plan d’immobilisation 74 G$ sur 8 ans. Dans un premier mandat, 29 G$ y seraient consacrés. 

Ainsi, un gouvernement solidaire créerait ainsi deux nouvelles sociétés publiques, Québec rail et Québec bus, afin de construire un réseau de transport interurbain pour relier les villes entre elles. 

Le titre des billets de transport collectif serait également réduit de 50%. 

Également, un gouvernement solidaire investirait également entre le transport collectif et le réseau routier, en plus de mettre sur pied des régies intermunicipales pour le transport collectif dans toutes les régions du Québec. 

Les nouvelles autoroutes, elles, seraient limitées à celles répondant à un motif de sécurité routière ou pour désenclaver les communautés. Autrement dit, le parti irait de l’avant avec le prolongement de l’autoroute 20 dans l’Est et de l’autoroute 50. Mais le prolongement de l’autoroute 25 et le 3e lien entre Québec et Lévis passeraient à la trappe. 

Serrer la vis aux grands émetteurs

Stratégie opposée pour les grands émetteurs, un gouvernement solidaire leur imposerait d’importantes contraintes. 

Les plafonds du système de plafonnement et d’échanges de la Bourse du carbone seraient abaissés. Les entreprises devraient également réduire localement de 70% leurs émissions d’ici 2030, plutôt que de s’en remettre à des crédits de carbone achetés en Californie. 

Des quotas seraient également imposés à ces grands pollueurs. Tout dépassement entraînerait une taxe de 100$ la tonne, puis progressivement jusqu’à 205$ la tonne d’ici 2030. 

Gabriel Nadeau-Dubois estime que des technologies de remplacement existent déjà souvent pour ces grands pollueurs, mais que la Bourse du carbone « ne met pas assez de pression » actuellement pour obliger les entreprises à se verdir. « Elle leur donne trop de passe-droits, estime-t-il. Donc, il y a des entreprises pour qui c’est plus rentable de continuer à polluer, plutôt que d’améliorer leurs processus. Notre taxe dissuasive va venir renverser ça. » 

Là où l’alternative verte n’existe pas, « on va donner plus de temps », assure-t-il. 

Pour les travailleurs affectés, un fonds de requalification de 50 M$ est prévu pour soit acquérir les nouvelles compétences nécessaires à la transition ou un nouvel emploi. « Personne ne va perdre sa job au Québec à cause de la transition écologique », assure Gabriel Nadeau-Dubois. 

Plan chiffré, mais peu détaillé

Toute la semaine, le porte-parole de Québec solidaire a promis un plan chiffré de réduction des GES. Le document dévoilé dimanche présente le nombre de mégatonnes économisées selon trois grandes catégories, soit le potentiel technico-économique (principales mesures qui amèneraient une réduction de 41,5% des GES), les solutions basées sur la nature (comme les aires protégées) et les « effets dynamiques ». 

Cette dernière catégorie (qui compte pour 7,7 mégatonnes sur un total de 47,6) n’a pas été comptabilisée par la firme experte qui a validé le modèle de QS. C’est plutôt l’évaluation du parti pour l’impact de son plan. 

Toutefois, le plan de Québec solidaire ne détaille pas l’impact de chacune des mesures proposées. L’équipe explique que le modèle de la firme retenue pour valider le plan ne permet pas un tel niveau de détails. 

Le plan de QS a été modélisé par la firme Esmia Consultants, avec le support de Dunsky Énergie + Climat. Ceux-ci ont soumis les propositions des solidaires au même modèle d’optimisation technico-économique que celui utilisé par le gouvernement du Québec, affirme QS. 

Huit experts indépendants ont également validé le plan Vision 2030. 

Gabriel Nadeau-Dubois assure que le plan dévoilé dimanche deviendra « un point tournant » dans sa campagne et promet de placer l’ensemble des enjeux de la campagne sous le parapluie des questions climatiques. 

D’autres mesures contenues dans le plan climat de QS   

  • Établir un budget carbone contraignant  
  • Soumettre l’ensemble des décisions gouvernementales à une évaluation climatique  
  • Créer des Conseils régionaux de transition pour respecte les réalités locales  
  • Protéger 30% du territoire québécois d’ici 2030  
  • Rendre toute aide publique au respect des normes climatiques  
  • Éliminer à la source les déchets qui peuvent l’être  
  • Création de comités paritaires employeur-travailleurs dans les entreprises émettant plus de 10 000 tonnes CO2 par année  
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