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Internationaux des États-Unis: les Fernandez apprivoisent le succès à la dure depuis un an

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Photo d'archives Leylah Fernandez en point de presse, le 26 août dernier, dans le cadre du Us Open à New York.

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Il y a bientôt un an, Leylah Fernandez atteignait la finale des Internationaux des États-Unis. Un résultat inespéré du haut de ses 19 ans qui a changé sa vie, mais aussi celle de son père et entraîneur, Jorge, les éloignant du «cauchemar» financier qu’ils ont longtemps vécu. 

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«Ce résultat, il nous donne beaucoup plus de flexibilité, a expliqué ce dernier au Journal. Ç’a amélioré son classement, ça nous aide à choisir de meilleurs tournois.» 

L’histoire du clan Fernandez a été maintes fois relatée. La famille ne roulait pas sur l’or, rendant difficile l’ascension de Leylah au sommet du classement, dans ce sport si dispendieux. 

À une époque, Jorge Fernandez sautait les repas pour s’assurer que sa jeune championne, elle, puisse manger. 

«Je me contentais du déjeuner de l’hôtel, avait-il raconté l’an dernier. Parfois, quand il lui restait quelques frites au souper, je les prenais.»

On voit ici la joueuse de tennis dans une publicité pour les vêtements Lululemon.
Photo tirée d’Instagram
On voit ici la joueuse de tennis dans une publicité pour les vêtements Lululemon.

«Le travail continue»

Même l’année passée, quand la Lavalloise était classée parmi les 80 premières, son père n’assistait pas à tous ses tournois. Il était d’ailleurs absent à ce fameux US Open, lui qui entraîne aussi sa cadette, Bianca. 

Grâce au 1,6 million $ qu’a empoché sa fille à New York, M. Fernandez voyage maintenant à temps plein avec elle. Il était là quand elle a mis la main sur le titre à Monterrey, au Mexique, en mars. Le seul tournoi qu’il a raté, c’est celui de Cincinnati, il y a trois semaines. 

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Ce résultat a aussi permis à la jeune gauchère de s’entourer de nombreux commanditaires. Pendant les présents Internationaux des États-Unis, elle est omniprésente lors des pauses télévisées.

On peut la voir en train de savourer une boisson Gatorade ou encore, dans une annonce des restaurants Subway. Depuis quelques mois, Leylah a aussi changé d’équipementier. Elle est désormais habillée par la compagnie canadienne Lululemon. 

Mais malgré tout le positif que ce résultat a amené au clan Fernandez, le papa pointe que les derniers mois ont été un long apprentissage. 

«Le travail continue. Plus de tournois, ça veut aussi dire plus de voyages, donc, moins de temps passé à l’entraînement», a-t-il relevé.

«Une autre chose qui a changé, a-t-il poursuivi, ce sont les attentes. Celles du public, des promoteurs, des commanditaires. Avant, c’était seulement nous. Je l’ai toujours dit : c’est plus facile de perdre que de gagner. Car quand tu gagnes, c’est comme une vague. Mais tu peux vite te retrouver la tête sous l’eau.»

Leylah fait maintenant partie d’une publicité des boissons sportives Gatorade.
Photo tirée d’Instagram
Leylah fait maintenant partie d’une publicité des boissons sportives Gatorade.

L’argent n’achète pas tout

Les Fernandez ont aussi constaté autre chose : s’il offre plus de latitude dans ce monde ultra compétitif, l’argent n’achète pas tout. 

Car si Leylah a continué à grimper les échelons du classement grâce à de bons résultats — elle a atteint en août le 13e rang, son sommet —, ce ne fut pas non plus une année parfaite.

Il y a eu des défaites rapides, comme celle au premier tour des Internationaux d’Australie. 

Et également, cette fracture de stress à un pied, subie en quarts de finale à Roland-Garros, qui l’a privée de tennis pendant huit semaines. 

D’ailleurs, en raison de son revers au deuxième tour au US Open, la joueuse de 19 ans chutera aux environs du 40e rang mondial lundi prochain.

«On essaye de continuer à prendre des décisions comme si on n’avait pas d’argent, a pointé Jorge Fernandez. On tente plutôt de trouver les bonnes solutions, car l’argent ne va pas tout arranger.» 

La chaîne de restaurant Subway a aussi recruté la joueuse de tennis originaire de Laval pour faire la promotion de ses sandwichs.
Photo tirée d’Instagram
La chaîne de restaurant Subway a aussi recruté la joueuse de tennis originaire de Laval pour faire la promotion de ses sandwichs.

Son condo à Miami

Mais quand même, cette bourse et cette attention des commanditaires leur ont simplifié la vie. Elle a permis à Leylah de s’acheter un condo à Miami, près de l’aéroport, où elle vit pour l’instant avec sa famille. 

Ils résidaient auparavant à Boynton Beach. Il fallait parfois que le clan Fernandez fasse 1 h 30 de voiture dans le trafic pour atteindre les terrains d’entraînement ou pour attraper l’avion avant un tournoi.

«J’ai voulu qu’elle bâtisse ainsi son crédit, qu’elle se responsabilise financièrement, a souligné M. Fernandez. Mais c’est une fille de famille, alors elle voulait qu’on soit tous ensemble. Du moins, pour le moment. Parce que parfois, j’entends sa sœur et elle se faire des plans afin de vivre ensemble!»

Un an après sa finale à New York, alors qu’elle était classée 73e au monde et relativement inconnue du grand public, Leylah est maintenant l’une des joueuses sollicitées sur la WTA. 

Est-il fier, papa Fernandez, de voir l’évolution de sa fille? Ses yeux se remplissent de larmes quand on lui pose la question. 

«Elle a changé et je trouve ça très beau, a dit Jorge Fernandez en réprimant ses émotions. 

«C’est spécial et complètement fou ce qu’on vit. On navigue sur notre petit bateau à travers tout ce monde. Je suis content de ses résultats, mais pour moi, ce n’est pas l’important. C’est vraiment sa transformation, de petite adolescente à jeune demoiselle.»

Un partenaire de frappe plutôt qu’un entraîneur

La petite Leylah dans les bras de son père et entraîneur Jorge Fernandez.
Photo tirée d’Instagram
La petite Leylah dans les bras de son père et entraîneur Jorge Fernandez.

Quand Leylah Fernandez était jeune, son père Jorge lui avait fait une promesse. Un jour, avec lui comme entraîneur, elle figurerait dans le top 30, voire dans le top 20 de la WTA.

Il peut aujourd’hui dire «mission accomplie». Même si sa défaite au deuxième tour à New York, la semaine dernière, la fera chuter lundi prochain aux environs du 40e échelon mondial, la joueuse de 19 ans a longtemps pointé aux environs du 15e rang cette saison. 

Pourtant, ce n’est pas le tennis qui passionnait M. Fernandez, plus jeune. C’était le soccer, un sport qu’il a pratiqué, avant de devenir entraîneur. 

Mais, estime-t-il, il y a beaucoup de similitudes entre les deux disciplines. Il ajoute avoir fait ses classes au tennis, allant chercher sa certification de la WTA il y a deux ans. 

«J’ai aussi des ressources en Suisse qui m’aident à analyser ses adversaires, a-t-il expliqué. Je prépare un plan avant chaque match, que je lui simplifie en deux ou trois points. Leylah est habituée à ce processus très précis.»

Un physio aussi

L’an passé, Jorge Fernandez se disait tout de même intéressé à ajouter un autre entraîneur à l’équipe, afin de lui déléguer des tâches et d’aider sa fille à progresser encore davantage. 

Il affirme toujours chercher. Mais il explique que le clan préfère, pour l’instant, s’entourer d’un partenaire d’entraînement, ce qui n’est pas toujours facile à trouver pour une gauchère. 

Aussi, la fracture de stress au pied droit subie par Leylah à Roland-Garros les a forcés à demander les services d’un physiothérapeute, qui a voyagé avec eux à Toronto, Cincinnati et New York. 

Car après huit semaines d’inactivité, «elle souffrait beaucoup après les matchs», a souligné M. Fernandez. 

Et chaque fois qu’il évoque la possibilité d’emmener un autre entraîneur au sein de l’équipe, il dit se buter à un refus de sa fille. 

«Je suis quelqu’un qui est extrêmement exigeant, tant envers moi qu’envers les autres, a-t-il mentionné. Moi je suis convaincu que si tu veux être numéro 1 au monde — et c’est le but de Leylah —, tu n’as pas le choix d’être ainsi.»

«Ce n’est pas qu’on n’a pas de choix. Au contraire, a-t-il ajouté en souriant, qui ne voudrait pas entraîner Leylah? Mais on a déjà réussi beaucoup de ce à quoi les gens s’attendaient.»

Un point d’exclamation?

Après que sa fille eut été tenue à l’écart des terrains pendant deux mois, son père ne s’attendait pas à de grands résultats pour le retour sur surface dure. 

Il estime qu’elle est toujours en quête de constance. Mais il croit que cette sortie hâtive à New York pourra leur permettre de travailler plus fort à l’entraînement. 

Et, peut-être, de mettre «un point d’exclamation sur cette saison», avec de bonnes performances lors de ses deux prochains événements, en octobre à San Diego et Guadalajara. 

«Je pense qu’avec tous les défis qu’on a traversés, on peut se servir de ces deux tournois pour faire de cette année une année extraordinaire», a-t-il affirmé. 

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