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Tout le monde peut enseigner

Tout le monde peut enseigner
Agence QMI

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Dans le film d’animation Ratatouille, un petit rat appelé Rémy rêve de devenir chef cuisinier. Tout au long de ses péripéties, il trouvera le courage de réaliser son souhait en s’inspirant de la devise du grand chef Gusteau: son fameux «Tout le monde peut cuisiner!»

Si les studios Pixar devaient refaire le film, je verrais bien notre sympathique personnage rêver de devenir enseignant. Il lui suffirait maintenant de trouver l’inspiration en la devise «Tout le monde peut enseigner!»

Recrues de qualité

En 2020, le ministre Roberge finissait par reconnaître que son plus grand défi allait être la pénurie d’enseignants. Tout un changement de programme, car cinq ans plus tôt, le gouvernement libéral annonçait un rehaussement des critères d’admission en enseignement.

Néanmoins, entre la reconnaissance d’un problème et la mise en place d’actions concrètes afin de le corriger, il y a un énorme fossé. Comme le suggère le Conseil supérieur de l’éducation, une vaste réflexion s’impose notamment sous les angles du recrutement et de la rétention des candidats, des conditions d’admission aux études, de la formation initiale, de l’accompagnement et des mesures à mettre en place pour favoriser l’insertion professionnelle, dont une organisation du travail qui faciliterait cette insertion, ainsi que du développement professionnel continu.

Il est évident que tout le monde souhaite un recrutement de très bonne qualité, mais comment concilier les actions visant à réduire la pénurie et les actions axées sur des critères de recrutement exigeants? Comment assurer la qualité des services rendus par les personnes qui se retrouvent devant les élèves?

Historiquement, en période de pénurie, on s’accommode de la main-d’œuvre disponible. En enseignement, dans les circonstances actuelles, les accommodements sont si grands qu’ils seraient rejetés dans d’autres professions sur la base d’arguments en lien avec la protection du public.

Une appellation contrôlée

À la rentrée, le Centre de services scolaire des Affluents (CSSDA) cherchait encore cinq enseignants permanents. Pas si pire? Il manquait aussi 65 enseignants pour des contrats de 25 à 100%. Et il s’agit d’un seul CSS.

J’insiste ici sur le mot «enseignant». Faudrait définir le terme.

Actuellement, j’ai l’impression que tout le monde peut s’appeler un enseignant.

J’ai un profond malaise avec le fait que le mot «enseignant» ne soit pas une appellation contrôlée. Si je suis prêt à accepter que tout le monde puisse enseigner, je refuse que tout le monde puisse se réclamer du titre d’enseignant.

Par exemple, on pourrait qualifier le personnel de stagiaire, d’apprenti, de candidat à la profession ou d’enseignant régulier. Il est grand temps de créer une signature officielle (un peu comme l'«ing.» pour les ingénieurs ou le «CPA» pour les comptables). Comme le dit Mylène Leroux, enseigner paraît beaucoup plus facile que ça l’est. Parce que tout le monde est allé à l’école.

Ce n’est pas en laissant le droit de s’approprier le titre d’enseignant à tout le monde que la société va reconnaître la valeur de la profession.

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