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Électrification: Legault au sommet de sa forme

François Legault est au sommet de sa forme lorsqu’il vend un projet

La transition énergétique exigera plus d’électricité, François Legault l’intègre dans sa vision.
MARC-ANDRÉ GAGNON / JOURNAL DE QUÉBEC / AGENCE QMI La transition énergétique exigera plus d’électricité, François Legault l’intègre dans sa vision.

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François Legault a présenté mardi sa vision d’une offensive sur la question des changements climatiques. Plutôt que de jouer dans la surenchère des cibles de réduction, il a présenté une série d’actions concrètes et rentables qui contribueraient à réduire nos émissions de GES.

C’est dans ce genre d’annonce que François Legault est au sommet de sa forme. Il combine sa vision optimiste et sa passion pour le développement économique du Québec avec le côté pragmatique de la CAQ. Il en ressort une vision stimulante qui allie économie et environnement.

Pour électrifier les transports, il ose dire qu’il faudra produire davantage d’électricité. Surtout si nous souhaitons en exporter pour aider nos voisins à améliorer leur propre bilan en faisant disparaître des centrales polluantes. Mais présenter une vision de développement, même si elle est écologique, est incompatible avec les thèses des verts foncés qui ont épousé les thèses de la décroissance et rejeté le mot «développement».

Les cibles

Les plans climatiques présentés par le PQ et Québec solidaire sont le résultat d’un travail sérieux et ont été jugés comme étant bien faits par des experts. Il reste que cette surenchère des cibles tourne au ridicule. Le gouvernement actuel prévoit une réduction de 37,5% de nos émissions par rapport à l’année de référence 1990. On se demande déjà si cette cible est atteignable.

Les autres partis compétitionnent dans une surenchère des cibles dites plus ambitieuses; 45% pour les uns, 55% pour les autres. Des cibles plus ambitieuses ou plus irréalistes? La question se pose. Surtout que nos cibles n'ont jamais été respectées dans le passé, ni au Québec ni au Canada.

Devenu sceptique avec les cibles mirobolantes, je souhaite plutôt voir des propositions d’actions concrètes qui auront un impact positif sur notre bilan carbone.

Produire plus d’électricité

L’électrification des transports constitue, de l’avis de la plupart des experts, un incontournable de la lutte contre les changements climatiques. Si les automobiles et les camions fonctionnent à l’électricité dans 20 ans, en plus de tous les transports en commun, il faudra bien des watts supplémentaires.

Il faudra aussi des batteries pour l’emmagasiner. Ce projet de développer au Québec la filière des batteries représente une autre occasion de concilier développement économique et environnement. Le Québec possède des réserves en lithium et ne manque pas d’expertise en matière d’électricité. Cela pourrait représenter une rentable incursion dans l’industrie automobile.

De surcroît, si le secteur industriel opère à son tour une transformation pour se libérer des carburants fossiles, on imagine que l’électricité fera partie de la solution. Un autre ajout majeur à la demande.

En somme, la demande pour l’électricité va s’accroître au point où les grandes capacités de production du Québec seront recherchées. Sans négliger l’éolien ou le solaire, la vraie puissance demeure dans l’hydroélectricité. De ce point de vue, François Legault a raison de demander à Hydro-Québec de préparer d’autres projets de barrage.

François Legault ne sera jamais le plus vert. Mardi, il a été crédible.

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