/opinion/columnists
Navigation

Duhaime, «casseux de party»

Coup d'oeil sur cet article

Je ne voterai pas pour Éric Duhaime.

Je ne voterai pas pour lui, car les enjeux les plus importants pour moi sont le déclin du français, les attaques contre l’identité québécoise, et l’affaiblissement du Québec français au sein du Canada.

Sur ces sujets, ses vues ne me conviennent pas.

Grogne

Je rigole cependant de voir les cris scandalisés de la petite industrie du commentaire.  

M. Duhaime a dit ceci : 

«Notre objectif, c’était justement de prendre toute cette grogne qui était à l’extérieur du parlement, puis de la faire entrer dans les murs du parlement [...].»

Je trouve beaucoup plus sain qu’une grogne – qu’on la partage ou pas n’est pas la question – ait des porte-voix élus au parlement plutôt que le contraire.

Au parlement, ils devront s’expliquer, répondre à des questions, rendre des comptes.

La grogne sert d’ailleurs de carburant à toutes sortes d’engagements politiques.

Les «qsistes» grognent contre le capitalisme.

Les péquistes grognent contre le fédéralisme.

Les libéraux grognent contre le «séparatisme».

Pourquoi est-ce que le parti de Duhaime horripile plus que les autres notre classe médiatique?

En gros, disons qu’au Québec, en matière de politiques publiques, la vaste majorité de l’industrie médiatique loge quelque part au centre gauche, voire carrément à gauche.

On veut un État très présent, très redistributeur, qui s’occupe de tout.

On communie aussi sur l’autel de la vertu «progressiste», du culte des minorités, de la tolérance – si vous pensez «correctement» –, de l’écologisme, etc.

Disons-le d’une formule un peu courte : un certain point de vue très montréalais, qui aime s’admirer devant le miroir, qui se pavane toujours dans les mêmes émissions, qui renvoie les ascenseurs aux copains, aime se poser en baromètre de la pensée juste et sophistiquée. 

Duhaime, c’est le chien dans ce jeu de quilles, le «casseux de party», celui qui lâche un bruyant pet idéologique pendant la messe des bien-pensants.

Hon, le «fatigant», l’impoli, comment ose-t-il?

En comparaison, QS est traité avec une infinie complaisance par la classe médiatique, nonobstant son programme délirant et jamais scruté, et sa complaisance envers des islamistes intolérants.

Le problème est que ce consensus médiatique – j’ai dit consensus, pas unanimité – n’est dominant que chez les commentateurs, pas dans la population.

  • Écoutez l'édito de Joseph Facal à l'émission de Richard Martineau diffusée chaque jour en direct 9 h 48 via QUB radio :

Responsabilité

Voyez le pétrole. À quelques nuances près, la CAQ, le PLQ, le PQ et QS disent : ouache, le pétrole, c’est sale.

Duhaime dit : il y a du pétrole au Québec, exploitons-le.

Voyez le privé en santé. La CAQ, le PLQ, le PQ et QS, à des degrés divers, disent : le privé, c’est avec prudence ou pas du tout.

Duhaime dit : c’est oui, et avec enthousiasme.

Les chiffres, eux, sont clairs : les Québécois, en grande majorité, souhaitent plus de privé et n’ont pas envie d’apprendre à se passer de pétrole.

Plutôt que de déplorer le «populisme», notre classe médiatico-politique devrait s’interroger sur sa responsabilité dans sa montée.

Et si Duhaime vous horripile, vous votez contre. Tout simplement.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.