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Il faut aider Pablo Rodriguez

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Le ministre du Patrimoine n’a que quatre mois pour trouver la perle rare.

Il cherche probablement cette personne d’exception depuis sa nomination au ministère du Patrimoine, car il n’était pas sans savoir que le mandat de l’actuel président du CRTC se terminait vendredi dernier. Un mandat qui s’est avéré tout à fait sans relief. 

En plus d’avoir été accusé de conflit d’intérêts pour une bière partagée avec Marko Bibic, PDG de Bell, une affaire dont le commissaire à l’éthique l’a blanchi in extremis, Ian Scott n’a jamais réussi à gagner la confiance des petits fournisseurs d’internet et des associations de consommateurs. En désespoir de cause, Ottawa a dû prolonger son mandat de quatre mois. Bien peu de personnes de l’industrie de la radiodiffusion et des télécommunications regretteront son départ. Surtout que les années qui viennent seront cruciales et exigeront du CRTC une agilité, une vision et une intelligence hors du commun.

UN MANDAT ÉLARGI

D’importants changements législatifs élargiront de beaucoup le mandat de l’organisme réglementaire. La loi sur la radiodiffusion (C-11), qui devrait être adoptée au Sénat cet automne, rendra le CRTC responsable de la contribution des géants du numérique à notre industrie audiovisuelle, en plus d’imposer des conditions de service aux plateformes qui diffusent des émissions lucratives. 

Le projet de loi C-18, déposé aux Communes au début d’avril, donnera au CRTC un rôle de régulateur dans le partage des revenus entre les géants du numérique et nos médias d’information. L’organisme pourrait aussi avoir un rôle à jouer lorsque sera ressuscité le projet de loi sur les propos haineux diffusés sur internet. Et je ne dis rien de la concurrence que souhaite toujours imposer Ottawa en téléphonie mobile, du déploiement de la 5G, des conflits et des problèmes qui guettent le monde des télécommunications. 

Pour une fois, le ministre n’a pas à se préoccuper pour cette nomination de la représentation des femmes. À l’exception du président Scott, les huit postes de vice-présidents et conseillers sont tous occupés par des femmes ! 

LA BARRE EST HAUTE

Le ministre a lui-même posé la barre très haut en mai dernier lorsqu’il a déclaré, en entrant au conseil des ministres, que le prochain président du CRTC «sera bilingue... et qu’il est tout à fait inacceptable que l’affichage du poste ne requière pas le bilinguisme».

«Ça prend, avait-il ajouté, une personne qui ne comprend pas juste la langue, mais aussi les nuances...»

Avec de telles exigences, le ministre Rodriguez appréciera sûrement qu’on lui fasse des suggestions. Il se pourrait qu’il doive poser un geste inusité lorsqu’il recommandera la nomination d’un nouveau président du CRTC au cabinet. Quant à moi, je vois deux personnes qui répondent aux exigences de bilinguisme du ministre et surtout qui possèdent une expérience exceptionnelle de la radiodiffusion et des télécommunications. Dans un cas comme dans l’autre, la nomination constituerait un précédent.

Même s’il occupa divers postes de ministre dans le gouvernement conservateur de Stephen Harper, dont cinq ans au Patrimoine, James Moore serait un candidat d’exception. Il est parfaitement bilingue. C’est même un francophile avéré. Il possède une longue expérience en radiodiffusion et il fut le principal artisan de la conversion au numérique de notre industrie audiovisuelle. 

Une autre nomination remarquable serait celle de Jean-Pierre Blais. Personne à ma connaissance n’a occupé le poste de président du CRTC à deux reprises, mais si l’on avait prolongé le mandat de Blais en 2017, le CRTC se porterait beaucoup mieux aujourd’hui! 

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