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La capacité d’intégration, qu’est-ce que c’est?

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Ceux qui veulent à tout prix étouffer le débat autour des seuils d’immigration ont trouvé une nouvelle ruse argumentative. Ils nous expliquent qu’aucune étude ne viendrait préciser notre capacité d’accueil en matière d’immigration.

C’est absurde. La capacité d’accueil et d’intégration est un concept sérieux. Voyons à partir de quels critères le définir.

Français

Premier critère : l’avenir du français. L’expérience des 25 dernières années est parlante : l’immigration massive, comme en conviennent tous les démo-graphes sérieux, est responsable de l’anglicisation de Montréal et de Laval. Elle dépasse nos capacités de francisation. 

Deuxième critère : l’intégration culturelle. Ceux qui se joignent à nous s’identifient-ils d’abord à leur communauté d’origine ou en viennent-ils rapidement à s’identifier à la majorité historique francophone et au peuple québécois? Ou préfèrent-ils s’identifier comme Canadiens ou Montréa-lais d’abord? Hélas, nous savons que l’identité québécoise est souvent dédaignée.

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Troisième critère : les comportements électoraux. Est-ce que les immigrés et leurs descendants en viennent à voter comme l’ensemble de la population en se divisant en plusieurs options ou forment-ils un bloc électoral plus au moins compact se ralliant massivement à un parti et une idéologie? On sait que c’est le deuxième scénario qui prévaut : les nouveaux arrivants sont massivement fédéralistes. On comprend le PLQ d’en vouloir toujours plus. 

Quatrième critère : la capacité d’accueil matérielle. On le sait, il y a une vraie crise du logement. Elle est directement liée à la pression démographique engendrée par l’immigration massive (sans oublier l’immigration illégale qui nous vient du chemin Roxham). Il en est de même pour le débordement des écoles montréalaises.

Regardons maintenant les facteurs structurant notre capacité d’accueil. 

D’abord, il y a le nombre. On peut transformer en Québécois n’importe quel individu, quelle que soit son origine, et c’est tant mieux. Mais il est plus difficile de le faire quand ils viennent à plus de 50 000 par an. Il faut avoir une vision purement techno-cratique et désincarnée de l’intégration pour la croire efficace devant une masse humaine de cette ampleur.

Il y a notre réalité continentale. Les immigrés qui arrivent chez nous se présentent d’abord mentalement en Amérique du Nord, ensuite au Canada, aussi à Montréal, et de manière accessoire, au Québec. La force d’attraction du peuple québécois est très faible par rapport aux codes culturels américains. 

Combien

Il y a notre appartenance au Canada, qui est d’abord un pays anglais, avec un modèle multiculturaliste, qui conteste notre prétention à avoir notre propre modèle d’intégration, en plus de l’assimiler au repli sur soi. 

Évoquons enfin le contexte de la mondialisation, qui fragilise la capacité d’intégration de toutes les nations, en favorisant les communautarismes davantage que l’identité collective.

Au terme de tout cela, on évalue. Et on constate que nous recevons beaucoup trop d’immigrés. Comment fixer un chiffre alors? La politique n’est pas une science exacte, évidemment. Mais dans la mesure où nous voulons une politique d’immigration active, on comprend, à la lumière de l’histoire, qu’il tourne autour de 20 000.

Il en va de notre survie comme peuple.

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