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La bataille de ruelle tire à sa fin

Jean Charest et Pierre Poilievre ne se sont pas fait de quartier durant la course au leadership

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OTTAWA | Ce n’est pas parce que l’issue de la course à la direction du Parti conservateur laisse peu de doute que la course elle-même n’a pas été mouvementée. Cette course s’est rapidement transformée en un duel entre Jean Charest et Pierre Poilievre, après l’exclusion du maire de Brampton, Patrick Brown. Les autres candidats que sont Leslyn Lewis, Roman Baber et Scott Aitchison étant relégués à un rôle de spectateurs. Deux hommes, deux visions de leur parti et du conservatisme en 2022 se sont affrontés. L’un plus progressiste, l’autre populiste et libertarien. Les Québécois et Canadiens se sont visiblement sentis interpellés. Un nombre record d’entre eux ont pris leur carte de membre du parti pour voter. La victoire de Pierre Poilievre semble assurée, si on en croit les sondages et le nombre impressionnant de cartes qu’il a vendues. Voici les moments forts de cette campagne au leadership historique qui marquera sans doute un tournant dans la politique canadienne, et dont on connaîtra le résultat samedi soir.

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Des lancements aux antipodes

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On constate rapidement que Jean Charest part de loin. Absent de la scène politique depuis une décennie, M. Charest n’a aucune présence sur les réseaux sociaux. Assis devant un mur beige, mal cadré et sans micro, il annonce dans son premier message sur Twitter son intention de se lancer. À l’inverse, Pierre Poilievre maîtrise les codes de nos vies numériques. La vidéo de son lancement de campagne, mise en ligne quatre jours après la démission d’Erin O’Toole, sera vue par presque 5 millions de personnes.

Des débats acerbes

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Avait-on jamais vu un combat de coqs aussi corrosif entre deux candidats au leadership d’un même parti ? Le choc a été total entre Jean Charest et Pierre Poilievre, ce dernier étant de loin le plus mordant. « Le camionneur moyen a plus d’intégrité dans son petit doigt que vous n’en aviez dans tout votre cabinet libéral de scandales. » Et paf. Jean Charest n’a pas évoqué autant de chaleur envers les camionneurs du convoi de la liberté qui ont paralysé Ottawa et des postes frontaliers. Il a récolté, chaque fois, de copieuses huées.  

Un candidat hors norme

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Pierre Poilievre a fait sourciller durant cette course. Son jugement a été remis en question à plusieurs reprises. Son appel à investir dans les cryptomonnaies a si mal vieilli qu’il n’en parle plus. Sa promesse de congédier le patron de la Banque du Canada a été vivement critiquée par à peu près tous les économistes sérieux. Il flirte ouvertement avec la théorie conspirationniste du « Great reset » disant que le Forum économique mondial veut asservir l’humanité. Or, il a déjà commencé à offrir un autre visage, un autre ton. Dans sa dernière vidéo de campagne, publiée jeudi, M. Poilievre ne s’attaque pas à Justin Trudeau, sa cible favorite, mais mise plutôt sur le thème de « l’espoir ». À suivre.

Bye bye Patrick Brown

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Le maire de Brampton, Patrick Brown, n’aura fait que passer dans cette course. Sa disqualification à cause d’allégations d’avoir contourné les règles électorales nuira à Jean Charest, qui comptait sur ses appuis. Comment voteront les dizaines de milliers de membres qu’il a recrutés ? L’alliance informelle entre lui et Jean Charest, son père spirituel, n’avait de toute façon rien de solide. Pierre Poilievre a réussi à rameuter chez lui plusieurs députés et collaborateurs de Brown.

Harper sort de sa réserve  

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Stephen Harper est sorti de sa réserve pour appuyer officiellement Pierre Poilievre. C’est le passage du flambeau, d’un « vrai » conservateur à un autre, comprend-on entre les lignes. Pour une bonne partie de la population, Harper n’a jamais totalement inspiré confiance. Ce sera un des défis de Pierre Poilievre, s’il devient chef. Brian Mulroney, lui, a dit ne plus trop se reconnaître dans le Parti conservateur de 2022. C’était un triste rappel que son bon ami Jean Charest a dû lui aussi se sentir souvent bien seul durant la course, à force de se faire huer lorsqu’il pestait contre le convoi de la liberté. 

LA COURSE EN CHIFFRES

  • 675 000 : Le nombre de membres que compte aujourd’hui le Parti conservateur. Ils étaient environ 150 000 au début de la course.
  • 417 987 : Le nombre de membres dont le vote est valide, pour un taux de participation de 64 %.
  • 312 000 : Le nombre de cartes de membre qu’aurait vendues le meneur Pierre Poilievre
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