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Qui punit vraiment Québec solidaire

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Travailler fort toute sa vie.  

Bâtir un fonds de pension. 

Économiser un peu sur chaque paye pour ses vieux jours.  

Économiser un peu sur chaque paye pour en laisser à ses enfants.  

Payer sa maison sur 25 longues années.

Prendre une retraite agréable après des décennies de dur labeur.

Léguer un patrimoine à ses enfants à la fin de sa vie.

Ce que je viens de décrire, c’est ce que font beaucoup de ménages. C’est avec une pensée familiale du genre que j’ai grandi. Et c’est aussi avec ces principes que je guide mes propres affaires.

Je sens aujourd’hui le besoin de dire que l’idée de bâtir un patrimoine ne devrait pas être une tare, une honte, ni un comportement punissable. Pourtant, c’est exactement le sombre message que passe Québec solidaire avec sa proposition de surtaxation des supposés « ultrariches ».

Qui est ultrariche ?

En taxant les actifs et les successions, Québec solidaire dit vouloir faire payer les bien-nantis. Le refrain est connu : un parti de gauche promet de dépenser beaucoup pour toutes les bonnes causes. Puis à la question « qui paiera pour tout ça ? », on fournit la réponse simpliste et populiste : LES RICHES !

Or, avec 10 députés et des velléités de devenir l’opposition officielle, Québec solidaire ne peut plus se contenter de généralités. Il doit étayer et documenter ses propositions. 

Alors lorsqu’on prend le temps de regarder en détail la proposition, voici l’effet : punir les hommes et les femmes qui ont bâti un patrimoine. Et surtout, passer la tronçonneuse dans ce patrimoine lors du décès, au moment du transfert aux descendants.

Punir l’épargne

Imaginons deux voisines qui font le même métier dans la même entreprise et gagnent le même salaire. Madame A fait attention à ses dépenses, garde ses autos longtemps, met de l’argent dans ses REER, s’efforce donc de bâtir un patrimoine.

Madame B dépense toute sa paye, se paye du luxe, conduit toujours une auto récente, voyage allègrement et n’épargne pas.  

L’une et l’autre ont droit à leurs choix dans un pays libre. Les deux personnes ont été soumises au même régime d’impôt durant leur vie. Mais si la première a le malheur d’avoir accumulé un million lorsqu’on additionne ses placements et sa propriété qui a grimpé en valeur, elle sera frappée par la mesure de Québec solidaire. Pas l’autre.

Est-ce vraiment logique de pénaliser l’épargne ? Québec solidaire porte un jugement de valeur fort douteux.

Dans le cas des successions, l’injustice fiscale est plus flagrante. Le taux de 35 % sur les successions s’applique sur des sommes où l’impôt a déjà été payé.

Vous héritez de votre père. Celui-ci a déjà été imposé à 40, 45, voire 50 % sur ses revenus avant d’épargner. Enlever un autre 35 % au moment de l’héritage a pour effet que les deux tiers de la somme gagnée jadis aura été retournée au gouvernement. Invraisemblable.

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