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L'éducation absente de la campagne

Jean-François Roberge
Photo d’archives Ayant durement critiqué le ministre Roberge, ses opposants devraient dire quelque chose sur l’éducation.

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Rarement dans une campagne électorale aura-t-on parlé si peu d’éducation. Au cours des deux premières semaines de campagne, François Legault a effleuré le thème en parlant de rénovation des bâtiments scolaires et proposé un programme d’achat de livres québécois pour les élèves. Gabriel Nadeau-Dubois a réitéré sa promesse des carrés rouges. 

Aucun débat de fond sur la réussite scolaire, le fonctionnement des écoles ou le rôle de nos institutions postsecondaires. Pourtant l’éducation représente probablement le déterminant le plus fondamental de notre réussite. Notre réussite économique dépend de la formation des employés de demain. Notre survie linguistique et culturelle dépend aussi de la qualité de l’éducation.

Jean-François Roberge

La décision des quatre partis d’opposition de laisser de côté le thème de l’éducation fait contraste avec un certain discours qui s’était installé récemment. Depuis le début de la pandémie, le ministre Jean-François Roberge a subi plus que quiconque les foudres de l’opposition.

Il faut dire qu’il a eu devant lui des députés d’opposition parmi les plus coriaces et les plus efficaces, dont la libérale Marwah Rizqy. On a demandé sa démission à répétition, on l’a dépeint comme le pire ministre entre tous.  

J’ai toujours pensé que l’agressivité à l’endroit de Jean-François Roberge avait été exagérée. Cet enseignant a été un bon ministre de l’Éducation jusqu’à la pandémie. Il n’a pas été à son meilleur dans la gestion d’une crise. Il a perdu le public dans le dossier de la ventilation des écoles. Disons qu’il n’a pas été aidé par la Santé publique.  

J’ai toujours senti l’Éducation et la Santé publique à couteaux tirés. Lorsqu’il fallait des réponses de la Santé publique, les écoles attendaient longtemps. On aurait dit que tout était fait pour mettre le ministre de l’Éducation sur la corde raide.

Quoi qu’il en soit, si tout allait si mal en éducation, si les décisions de Jean-François Roberge avaient cassé le système, les opposants politiques se seraient lancés dès les premiers jours de la campagne à proposer des changements.  

Deux semaines sans aborder le thème de l’éducation, c’est étonnant, presque inacceptable en soi. Mais c’est encore plus incompréhensible lorsqu’on a passé les deux derniers ans à crier au scandale.  

Les portes tournantes

Compte tenu des critiques sévères, est-ce que François Legault aurait dû déplacer Roberge dans un remaniement ? Cette question se pose. Je dois dire que je suis plutôt sympathique à l’idée de laisser des gens en poste pour des durées significatives.

Avant Roberge, nous avons assisté aux portes tournantes à l’Éducation. Sept ministres en huit ans dans un ministère aussi complexe, c’est la garantie d’une absence de leadership. Le ministre est toujours nouveau et débarque dans un univers complexe de bureaucratie lourde et de syndicalisme méfiant. Le temps de se familiariser, et bye !

Avec ses bons coups et ses erreurs, le fait de maintenir en poste pendant quatre ans un ministre issu du milieu fut gage de stabilité.

Mais il reste du travail colossal à faire, et nous attendons des partis qu’ils nous présentent leur vision.

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