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Le Huascaran a donné du fil à retordre à François-Guy Thivierge

Thivierge
Photo courtoisie Sur les flancs du Huascaran, l’alpiniste a pris un moment de répit pour installer le premier bivouac du périple, à 4400 m d’altitude.

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L’alpiniste de Québec François-Guy Thivierge a entamé en août 2019 le défi de sa vie : gravir 55 montagnes en 55 mois pour souligner ses 55 ans. Sur une base régulière, Le Journal vous présente une montagne qu’il a gravie dans le cadre de ce projet.


Dans son long cheminement d’alpiniste, peu de montagnes dans le monde ont procuré un tel défi à François-Guy Thivierge. Le grimpeur aguerri a bien atteint le sommet du Pérou, au Huascaran, mais non sans quelques incidents et sueurs froides. 

• À lire aussi: Alpinisme | Alpamayo: un grand accomplissement au Pérou

Pour Thivierge, il s’agissait d’une 21e montagne dans son audacieux projet de gravir 55 montagnes en 55 mois. Et pas la moindre ! Il a même vu la mort le regarder dans les yeux lorsqu’un autre équipage a connu un sort fatal.

Pour atteindre le point culminant à 6768 m, pendant quatre éprouvantes journées, il aura fallu concocter un heureux mélange de sang-froid et d’aplomb. Être à la fois calme et fonceur. Prendre toutes les mesures de sécurité imaginables et ouvrir bien grands les yeux et les oreilles.

Au terme de quatre journées bien remplies, François-Guy Thivierge est arrivé au sommet à 6768 m avec le lever du soleil et le sommet nord en arrière-plan.
Photo courtoisie
Au terme de quatre journées bien remplies, François-Guy Thivierge est arrivé au sommet à 6768 m avec le lever du soleil et le sommet nord en arrière-plan.

« Cette montagne, je la considère comme une montagne très dangereuse. Je n’ai pas risqué ma vie, parce qu’on a fait très attention. Avec ce qui s’est passé autour de nous, on a vite compris que cette montagne ne pardonne pas l’erreur. Ça a été un peu stressant », a-t-il concédé.

« On n’a jamais pris cette montagne à la légère. Tantôt, ça prend de l’audace, mais tantôt, ça prend de la prudence. On a sorti les bonnes cartes quand c’était le temps », a-t-il imagé.

Du renfort bienvenu

Au fil de ses innombrables ascensions, l’alpiniste de Québec a vu neiger. Il ne se laisse pas impressionner par le premier obstacle. En attaquant le Huascaran, il savait toutefois que la montagne ne lui ferait aucun cadeau.

C’est pourquoi lui et son comparse Alfred Boivin ont choisi de s’adjoindre les services de deux porteurs afin de maximiser leurs chances de succès.

François-Guy Thivierge a reçu le soutien précieux tout au long de l’expédition de son comparse Alfred Boivin, ainsi que de leurs deux porteurs, un père et son fils, péruviens.
Photo courtoisie
François-Guy Thivierge a reçu le soutien précieux tout au long de l’expédition de son comparse Alfred Boivin, ainsi que de leurs deux porteurs, un père et son fils, péruviens.

« Ils nous ont rassurés avec leur expérience en agissant un peu comme des guides. Ça nous a vraiment aidés. Je ne me serais pas vu face à cette montagne sans ce service. C’est comme un labyrinthe de glaciers, de crevasses et de ponts de neige », a expliqué Thivierge.

Triste accident

Juste avant d’amorcer l’ascension, Thivierge a appris qu’un équipage avant lui avait fait une chute. Dans cette montagne, les secours peuvent mettre de 24 à 48 h à arriver.

À 5800 m, l’équipe a pu profiter d’un sublime coucher de soleil au camp 2.
Photo courtoisie
À 5800 m, l’équipe a pu profiter d’un sublime coucher de soleil au camp 2.

Puis, une fois parti du camp 2 en route vers le sommet, un groupe est parti avant celui de Thivierge et un grimpeur a chuté dans une crevasse, ce qui a entraîné sa mort.

« On est montés jusqu’au sommet et c’est juste par la suite qu’on a appris l’accident. La nouvelle nous a un peu paralysés quand on est redescendus et qu’on a vu l’équipe de sauvetage. On s’est portés volontaires pour aider et on a prêté du matériel, mais on ne pouvait rien faire », a raconté Thivierge, la voix encore remuée.

Difficile

Même avant de prendre conscience de la lourde nouvelle, l’aventurier en a bavé, malgré le sentiment enivrant de braver une montagne si redoutable.

« Si je devais mettre une note sur 100, je dirais que j’ai vécu 85 % de plaisir et 15 % de cauchemar », a-t-il dit.

La montagne, très haute en altitude, l’a rapidement fait passer d’un décor tropical à un paysage de glaciers et d’escalade de rochers.

« C’était du sérieux, c’était très physique avec beaucoup de dénivelé. À la fin des journées, tu es très fatigué. Il y avait des soucis par rapport à l’hydratation et l’alimentation parce qu’on devait faire fondre de la neige, qui donnait de l’eau sans minéraux », a-t-il constaté.

Pour les derniers 1200 m vers le sommet, l’équipe a dû se lever en pleine nuit, à 1 h, afin d’entamer la marche vers le point culminant. Aux environs de 8 h, c’était mission accomplie.

« C’est un gros sommet, comme un immense champignon plat. On dirait qu’on ne vient jamais à bout d’arriver. On était exténué par l’altitude. J’étais pas mal sur le pilote automatique. »

Que des ampoules

En fin de compte, Thivierge s’est fort bien tiré d’affaire. Son unique malaise aura été des ampoules aux pieds, lui qui utilisait de nouvelles bottes.

L’aventure au Huascaran a été rendue possible grâce au partenaire O Healthy Solution, avec ses produits d’hydratation riches en électrolytes.
Photo courtoisie
L’aventure au Huascaran a été rendue possible grâce au partenaire O Healthy Solution, avec ses produits d’hydratation riches en électrolytes.

« C’est un super bel accomplissement personnel. On parle de l’emblème des montagnes de l’Amérique du Sud. Il n’était pas question que je la rate, celle-là. J’ai apprécié de travailler le côté endurance, persévérance et travail d’équipe avec nos porteurs. On a été chanceux de pouvoir faire cette montagne. D’autres Québécois étaient venus avant nous et n’ont pas réussi. »

« Les deux montagnes au Pérou (l’autre étant l’Alpamayo), c’est la plus grosse expédition à date dans mon projet. Je suis vraiment fier de moi. C’est un coup de dés pour atteindre le sommet », a confié le dresseur de montagnes.

Pour suivre ses aventures : francoisguythivierge.com | Facebook | Instagram @francoisguythivierge

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