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« Les terroristes ne devaient pas gagner »

Même avec onze décès, les Jeux de Munich ont tout de même repris après les attentats

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Photo d'archives Des militants ont manifesté dans les rues de Munich pour l’arrêt des Jeux après la mort d’athlètes israéliens.

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Un demi-siècle après les attentats terroristes de l’organisation palestinienne Septembre noir qui ont coûté la vie à 11 athlètes et entraîneurs israéliens, Dick Pound estime que le Comité international olympique (CIO) a pris la bonne décision de poursuivre les Jeux de Munich après une journée de recueillement à la mémoire des victimes.

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Dick Pound lors d’une conférence en 2016 portant sur le dopage.
Photo d'archives
Dick Pound lors d’une conférence en 2016 portant sur le dopage.

Deux athlètes sont morts le 5 septembre lors de la prise d’otages dans la résidence où logeaient les Israéliens dans le village olympique et neuf autres sont décédés le lendemain, lorsque l’intervention des services de sécurité allemands a tourné au fiasco au moment où les terroristes tentaient de prendre la fuite en avion vers Le Caire. 

Cinq des huit terroristes ont été tués par les tireurs d’élite allemands et les trois autres ont été capturés.

Chef de mission adjoint de l’équipe canadienne à Munich en 1972, l’avocat montréalais qui est membre du CIO depuis 45 ans dans différents rôles estime qu’on devait lancer un message
aux terroristes.

Lancer un message

« Il y avait beaucoup de pression de la part d’Israël pour que les Jeux soient annulés, mais le Canada croyait qu’on devait trouver une autre solution, raconte Pound. Les terroristes ne devaient pas gagner. Après une journée de recueillement à la mémoire des victimes, les Jeux ont repris. »

« C’était la meilleure décision que le CIO pouvait prendre, de poursuivre l’ancien nageur qui a pris part aux Jeux de 1960 à Rome, où il a pris le sixième rang au 100 m libre. L’annulation des Jeux aurait encouragé les éventuels terroristes qu’ils pouvaient commettre d’autres attaques en sachant que les Jeux seraient annulés. C’était le souhait et le consensus de continuer à l’exception d’Israël. »

L’ancien fondateur et premier président de l’Agence mondiale antidopage est très heureux que le gouvernement allemand ait finalement présenté ses excuses et ses regrets aux familles israéliennes, tout en leur versant une compensation financière de 28 millions d’euros. 

« C’est dommage que les excuses sont venues 50 ans plus tard, exprime-t-il. Ce fut beaucoup trop long. Au moins tout le monde semble satisfait. »

Sécurité inexistante

La sécurité était un concept qui n’existait pas à l’époque. 

« On laissait les athlètes tranquilles et le seul souci était de s’assurer que les hommes n’entrent pas dans la section des femmes, raconte le doyen du CIO qui n’est plus un membre votant. La sécurité était inexistante à Munich. C’était facile d’entrer dans le village et personne n’aurait pu imaginer de tels attentats. »

Surnommés « Jeux de la Joie », les Jeux de Munich devaient faire oublier ceux de 1936 à Berlin, qui s’étaient déroulés sous le régime nazi de Hitler. On voulait ainsi offrir la plus grande liberté possible aux athlètes.

Dès les Jeux d’été suivants, à Montréal, il y a eu un changement radical. 

« C’était le jour et la nuit, évoque Pound, qui occupait le poste de Secrétaire du Comité olympique canadien (COC) en 1976. La Sûreté du Québec avait fait un excellent travail et le modèle mis en place à Montréal avait été suivi dans les autres pays. »

« Le plus important est d’anticiper les incidents et se préparer, de poursuivre Pound. Le CIO n’a pas d’armée ou de policiers et il doit développer une grande confiance avec le pays hôte. C’est pourquoi la Commission de sécurité fait des suivis très serrés. Ce sont des événements tristes qui se sont déroulés à Munich en 1972, mais ce fut un réveil. En raison de l’état du monde, il faut toujours être conscient des risques d’attentats. »

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