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Duhaime et son ami-locataire

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« C’est l’histoire d’un ami qui aide un ami », insiste le locataire au bout du fil. Faudrait pas chercher plus loin.

Éric Duhaime acquiesce, assis en indien et en pieds de bas, devant moi, dans la section arrière de « Liberté 125 », surnom de son autocar de campagne.

Chose rare, c’est à la fois le véhicule des médias (chacun paie sa place) et celui du chef. Derrière une cloison, sa garde rapprochée et lui ont droit à un espace réservé.

(La toilette est toutefois comme le Nouveau-Brunswick en cas de séparation du Québec : un territoire devant rester accessible. Pratique quand on a une question pour le chef !)

  • Écoutez l'édito d'Antoine Robitaille lors de la rencontre Foisy - Robitaille diffusée chaque jour en direct 12 h via QUB radio :

Taxes impayées

Plus tôt, Duhaime m’avait justement invité à aller jaser avec lui, à l’arrière. Privilège de ma première journée dans le bus ?

On discute d’un ami commun ; de cette folle aventure du PCQ ; de la manière dont il a convaincu Claire Samson à le rejoindre ; du fait qu’il travaille tout le temps.

« Mais vas-tu refaire un point de presse sur tes taxes impayées ? »

L’histoire est nébuleuse. Des experts soupçonnent de l’évitement fiscal.

« Heille, je ne suis pas un crosseur ! », lance-t-il.

En plus, La Presse vient de mettre en ligne une histoire de taxes scolaires non payées.

Notre Bureau d’enquête, lui, avait lancé le bal avec les taxes municipales non acquittées sur deux immeubles. D’autres textes refont surface : il a déjà omis de payer Hydro-Québec !

J’en parle au principal intéressé : « Ah, mais tsé, j’en ai beaucoup en tête ! » Il ajoute : « Ça m’est arrivé avec Videotron aussi ».

Est-ce une manie de libertarien ? Un geste politique ? Il sourit, s’étonne que François Legault l’ait insinué. Raconte que depuis deux ans, il n’est jamais à Québec, vit « dans son char ».

(Pourtant, les nombreux avis de non-paiement lui ont été très souvent signifiés par lettres recommandées qu’il devait signer !)

Le locataire

Dans le cas le plus grave de taxes municipales non payées, 12 363 $, pure coïncidence : l’immeuble est dans mon quartier ! Et j’ai connu le locataire.

Je le confie à Duhaime. « Ne le nomme pas ! » Cette histoire de taxes impayées, depuis vendredi, aurait conduit le locataire dans des abîmes. Duhaime craint le pire ; me montre des textos pleins de détresse.

« J’ai juste voulu aider un grand ami. Il devait payer les taxes. Ne l’a pas fait. »

Pourquoi ne dit-il simplement pas les choses comme ça publiquement ? Pour protéger son ami-locataire, qu’il connaît depuis leurs années de militantisme.

Je demande à parler au fameux locataire. Duhaime le contacte.

D’accord pour une entrevue. À une condition : « que mon nom ne sorte pas ».

Il souligne ne pas être engagé dans la campagne. A un nouvel emploi, « une vie privée un petit peu compliquée ». J’accepte.

Les problèmes du père de trois enfants remontent à son divorce. Se sont aggravés ensuite avec une relation qui a abouti à une séparation. Puis un autre enfant est arrivé. « Ça coûte cher... »

« Je me suis confié à Éric et il a offert de m’aider. » Au début, un bail est signé prévoyant « un petit loyer ». Ils concluent une entente verbale : le locataire assumera les taxes.

Mais il n’y arrive pas. Même le loyer « n’est pas toujours payé », confirme Duhaime.

Duhaime déduit-il des frais de maison de location ? Non : « je n’ai jamais fait d’argent avec cette maison. Et pour cette raison, je ne l’ai jamais déclarée dans l’état de mes revenus ».

Il a avancé les 12 300 $

Au fait, si le locataire est fauché, comment a-t-il fait pour rembourser 12 363 $ ? C’est encore Duhaime qui a dû avancer le montant.

En veut-il à son locataire ? « Il est déjà au fond du trou. J’ai pas envie de lui taper sur la tête. »

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