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Base Plein Air Sainte-Foy: une tragédie causée par «une longue cascade d’évènements»

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«Une longue cascade d’évènements», a mené au décès par «noyade accidentelle» d’un jeune de 10 ans en juin 2021 à la Base Plein Air Sainte-Foy, notamment que l’accompagnateur du groupe ignorait que l’enfant, qui ne portait pas de veste de flottaison, ne savait pas nager, dévoile aujourd’hui le rapport du coroner.

• À lire aussi: Une année moins funeste sur les plans d’eau de la province

Ce qui s’annonçait être une agréable sortie scolaire à l’approche des vacances estivales a plutôt tourné au drame le 17 juin 2021 lorsque Daniel Allo a péri noyé.

Il faisait partie d’un groupe de 22 jeunes de l’École Filteau partis se baigner dans le lac de la Base Plein Air Sainte-Foy.

Le coroner Arnaud Samson rappelle le déroulement du drame. Perdu de vue par l’accompagnateur et les surveillants, Daniel Allo a séjourné sous l’eau entre six et neuf minutes selon les témoins.

Les préposés à la surveillance ont immédiatement débuté les manœuvres de réanimation et installé le défibrillateur cardiaque.

Les ambulanciers ont été appelés à 12h21, les policiers ont pris la relève de la réanimation à 12h40, deux minutes avant l’arrivée des ambulanciers. Ces derniers remarquent que l’enfant ne présente pas de rythme cardiaque.

Les ambulanciers ont quitté la base à 12h56, sont arrivées au CHUL à 13h01 où les manœuvres se sont poursuivis jusqu’à 13h50, heure à laquelle le décès a été constaté.

Ratio enfants - accompagnateurs

Dans son analyse, le Dr Samson s’est basé sur le guide Encadrement sécuritaire des groupes d’enfants en milieu aquatique, un document réalisé à partir de nombreuses recommandations de coroners.

Selon le guide, il devrait y avoir un maximum de 15 enfants par accompagnateur. Or, le groupe de l’école Filteau était composé de 22 jeunes pour un seul accompagnateur.

Photo Jean-François Racine

«L’enjeu n’est pas là parce qu’il y avait quatre sauveteurs en plus de l’accompagnateur, donc un ratio d’un pour quatre. L’enjeu, c’est une longue cascade d’évènements», a expliqué au Journal le coroner Samson, qui maintient que l’école aurait tout de même dû respecter le ratio.

VFI

Le coroner écrit que le jeune est arrivé l’année précédente avec sa famille de la Côte d’Ivoire, où apprendre à nage n’est pas une coutume.

Il souligne aussi que la Base Plein Air Sainte-Foy n’impose la veste de flottaison (VFI) qu’aux jeunes de moins de 8 ans.

«Daniel, comme les autres, a choisi de ne pas porter un VFI. C’est la première fois qu’il pénètre dans un plan d’eau et n’a pas été sensibilisé à son utilisation», écrit le coroner.

Le rapport note que la fiche dressée par l’école Filteau ne mentionne pas si les enfants savent nager ou pas, une information importante dont ne bénéficiait donc pas l’accompagnateur.

Correctifs

Arnaud Samson a émis de nombreuses recommandations, plusieurs en lien avec le guide sur lequel il s’est basé.

À cet effet, il recommande à l’école Filteau de mettre à la disposition de l’accompagnateur une liste sur les compétences à la nage de chaque enfant. Ceux qui ne savent pas nager devraient être identifiés visuellement.

Il ajoute d’aviser la base de Sainte-Foy de l’identité des enfants qui doivent porter un VFI. L’école devrait aussi informer clairement les parents de la tenue d’une activité aquatique qui requiert des compétences à la nage ou le port du VFI, ce qui n’a pas été fait.

Au ministère de l’Éducation, on recommande de faire connaître le guide sur l’encadrement des enfants en milieu aquatique, d’implanter la nécessité de suivre les principes du guide et que tous les accompagnateurs et organisateurs d’activités scolaires aquatique de suivre une formation.

Démarcation

Le coroner a remarqué aussi qu’un cordon indique la limite entre la zone de 1,6m profondeur et celle de 3 m. Cependant, selon les vents, ce cordon peut bouger de 45 cm. Selon les relevés des policiers, sur une distance de seulement 1,5 m, la profondeur passe de 1,37 m à 2,95 m.

«Le jeune Daniel mesure 1,36 m. S’il touche au fond rendu au cordon de sécurité, il a la tête sous l’eau. Le fond, un mètre plus loin, descend abruptement. C’est là qu’il a perdu pied», écrit le coroner.

Il interpelle l’exploitant de la base, Groupe Plein Air Faune, et la Ville de Québec de maintenir une marge minimale de 1 m avant le début de la zone profonde. Il demande aussi à la Régie du bâtiment d’établir des normes sécuritaires sur les lieux de baignade à cet effet.

Le Groupe devrait aussi exiger lors des inscriptions d’être notifié sur les compétences à la nage de chaque enfant.

Noyades chez les enfants*


0-5 ans 6-11 ans 12-17 ans 0-17 ans
Garçons 120 79 50 249
Filles 62 18 9 89
TOTAL1829759338

*Données du Bureau du coroner du Québec pour la période 1991-2017. La noyade est la principale cause de décès par traumatisme chez les 0-12 ans.

Mortalités lors d’activités récréatives et sportives*

  • Liés à l’eau: 41,5%
  • Bicyclette: 22,1%
  • Motoneige: 16,6%
  • VTT: 11,2%

*Données du Bureau du coroner du Québec pour la période 1995-2005 pour tous les groupes d’âge

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