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Cadre financier du PCQ: «Pas des coupures, mais des réallocations», selon le parti

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LAVAL | Même si leurs engagements électoraux priveraient l’État de plus de 24 milliards $ de revenus en cinq ans, les conservateurs prévoient des surplus budgétaires dès la troisième année d’un mandat, grâce à une limitation à 3,5% des dépenses de chaque ministère.

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«On est le seul parti qui présente un budget équilibré sur la période observée», s’est vanté Éric Duhaime mercredi lors du dévoilement du cadre financier du Parti conservateur du Québec (PCQ), dans un hôtel de Laval. 

  • Écoutez l'entrevue avec Adrien Pouliot, ex-chef du Parti conservateur du Québec à l’émission de Richard Martineau diffusée chaque jour en direct 9 h 23 via QUB radio :

L’équilibre budgétaire serait atteint après deux années de déficit, selon les estimations du parti. L’excédent budgétaire promis par le PCQ serait de 934 millions $ en 2024-2025, après versement au Fonds des générations. Les surplus seraient ensuite plus importants, jusqu’à atteindre jusqu’à 6 milliards $ en 2026-2027. 

Un gouvernement conservateur ferait ainsi passer le poids de la dette par rapport au PIB de 42,1% à 34,3%, un objectif plus ambitieux que les autres partis.  

Éric Duhaime estime qu’une telle performance est possible en raison de «l’effet dynamique» qu’auraient sur l’économie les baisses d’impôt et les coupures dans la bureaucratie.  

Ralentir les dépenses

La promesse phare des conservateurs affecterait considérablement la colonne des revenus dans les livres du gouvernement. L’augmentation du montant de l’exemption de base et les réductions d’impôt de 2% pour les deux premiers paliers d’imposition engendreraient à elles seules un manque à gagner de 29,1 milliards $, selon les prévisions du parti.  

Pour palier à ce manque, l’équipe d’Éric Duhaime prévoit réduire les dépenses de plus de 32 milliards $ en cinq ans. Le PCQ espère aller chercher 13 milliards $ en réduisant radicalement l’aide aux entreprises.  

Il prévoit en outre faire des économies de 8,9 milliards $ en plafonnant la hausse des dépenses de l’État à 3,5% à partir de 2025-2026. Ce chiffre serait de 9,8 milliards selon une correction apportée par le PCQ mercredi, mais qu’aucun détail dans le cadre financier ne permet de corroborer.  

«L’addition du privé en santé», qui consiste entre autres choses à confier la gestion de certains hôpitaux à des entreprises privées, permettrait de sauver 4,5 milliards $, estiment les conservateurs.  

Enfin, l’élimination des subventions pour l’achat de véhicules électriques permettrait au gouvernement de réaliser des économies de 2 milliards $ d’ici 2026-2027.  

«Nous ne coupons pas dans les dépenses. Nous ralentissons l’augmentation des dépenses», a résumé l’architecte du cadre financier du PCQ, Adrien Pouliot.  

Hydrocarbures

Depuis le début de la campagne, Éric Duhaime a affirmé à maintes reprises que l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures représenteraient des milliards de dollars en profits pour l’État.  

Or, le cadre financier des conservateurs ne prévoit finalement que des revenus de 394 millions $ en lien avec l’exploitation des gaz de schiste.  

«C’est un processus qui est lent [...]. On ne peut pas, du jour au lendemain, commencer à creuser et faire des milliards, a convenu Éric Duhaime. Mais il y a une courbe ascendante, et cette courbe-là, on a l’intention qu’elle se poursuive sur au moins une décennie ou deux.» 

Un «impact significatif» sur le ministère de la Santé

Le plan des conservateurs prévoit que la loi sur le plafonnement fiscal aura un «impact significatif» sur le ministère de la Santé et des Services sociaux. Appelé à préciser la nature de cet impact, Éric Duhaime a fait valoir que «la dynamique va changer» avec l’addition du secteur privé en santé et l’implantation d’un mode de financement «à l’acte» dans les hôpitaux.  

Pour appuyer sa thèse, le cadre financier du PCQ cite une étude de 2013, une entrevue du Dr Fernand à V-Télé en 2011, et un texte paru dans La Presse la même année. 

«Ça ne voulait pas dire un impact significatif au niveau du montant d’argent», a ajouté Adrien Pouliot lorsqu’on a demandé plus de précisions.   

L’homme d’affaires soutient que les conservateurs continueront d’augmenter les budgets en santé, mais moins rapidement que prévu. Pour l’an prochain, ils accorderaient un milliard $ de moins au ministère de la Santé et des Services sociaux que ne le prévoit actuellement le PQI.  

«Un milliard $ sur 52... je pense qu’on est capable de faire ce petit effort-là. On a rien qu’à regarder l’organigramme du ministère de la Santé et de se dire: “hum, il y a peut-être un petit peu de nettoyage à faire de ce côté-là”.» 

Adrien Pouliot a également remarqué qu’en attendant l’addition du système privé en santé, les hausses de budget en santé seraient supérieures à 3,5%. En 2022-2023, ce budget serait augmenté de 5,4%, et de 10,7% en 2023-2024. Puis, à la troisième année d’un gouvernement conservateur, les augmentations de budget pour ce ministère seraient limitées à 2,5%. 

Trou de 12 milliards $: Anglade peut se présenter quand même, ironise Duhaime

Le chef conservateur a réagi au trou de 12 milliards $ dans le cadre financier des libéraux, révélé par La Presse mercredi matin.  

«On n’est pas là pour juger le cadre financier des libéraux. Je trouve juste ça ironique que ça survienne alors que Madame me disait que je n’étais pas éligible parce que j’avais payé un compte de taxes en retard. Elle, elle fait une erreur de 12 milliards dans son cadre financier, je ne sais pas si ça la rend inéligible. Moi, je considère que non, je pense qu’elle a le droit de se présenter quand même, même si elle a fait 12 milliards $ d’erreur dans son cadre financier.» 

Réagissant aux révélations sur Éric Duhaime, la cheffe libérale avait affirmé lundi que de ne pas payer ses taxes était un motif pour disqualifier un candidat au poste de premier ministre. «Lorsque je regarde les chefs politiques, je m’attends à ce qu’ils respectent la loi et qu’ils paient leurs taxes», avait déclaré Dominique Anglade. 

Rappelons que le chef conservateur a reçu au moins 14 avis de défaut de paiement des taxes municipales de ses propriétés à Québec, entre 2020 et aujourd'hui, et a été traîné en cour et visé par une saisie par huissier pour des taxes scolaires impayées. 

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