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Poilievre, un bon match pour le Québec?

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Photo AFP La victoire sans précédent de Poilievre est peut-être, en fait, une bonne nouvelle pour le Québec.

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J’avais décidé de ne pas parler politique. Mais quand j’ai lu dans un article de ma collègue Annabelle Blais que le chef du PQ considère que Poilievre «pourrait donner envie aux Québécois de se séparer», j’ai franchement éclaté de rire. 

En fait, mes années dans le mouvement souverainiste m’ont plutôt démontré que les conservateurs sont les plus efficaces pour éteindre la flamme souverainiste. Le Parti Québécois et le Bloc Québécois le savent pertinemment. Pourquoi? Parce qu’ils sont décentralisateurs. 

Ils savent répondre au désir d’autonomie des Québécois et mettre à mal le leitmotiv souverainiste selon lequel le Québec ne peut déployer ses ailes en restant dans le Canada. 

Or, l’ère Harper a démontré la fausseté de cette prémisse.  

Un élève de Harper

Poilievre est un homme brillant qui sait manier le verbe. Il a de la répartie, parle bien français et sait faire mouche. Je l’ai vu se déployer à Ottawa. Il sera un bon adversaire aux prochaines élections. 

S’il suit les traces de Harper, on peut s’attendre à une meilleure performance que Trudeau en matière économique. Il saura également respecter l’autonomie des provinces. 

C’est sous un gouvernement Harper que la nation québécoise a été reconnue et qu’un siège lui a été octroyé à l’UNESCO. Je peux en témoigner, puisque j’y ai représenté le Québec. Pour les langues de vipères, ce n’est pas un strapontin. La voix du Québec est entendue et écoutée, bien que nous soyons dans la délégation canadienne. 

Lors de mon passage, nous avions organisé plusieurs événements et contribué à l’envoi de spécialistes au nom du Québec. D’ailleurs, pour souligner le 15e anniversaire de cet accord relatif à l’UNESCO, l’œuvre Debouttes ! de l’artiste québécoise Caroline Monnet est actuellement exposée dans cette institution onusienne, s’ajoutant ainsi à une collection prestigieuse. 

Quant à moi, ce genre d’accord pourrait même se déployer à d’autres instances, toujours selon les champs de compétence des provinces. L’OCDE en est un bon exemple. Seul un gouvernement conservateur peut avoir l’ouverture d’esprit pour discuter de ce genre de demandes.

Un code criminel provincial?

Laissez-moi maintenant vous parler d’un de mes rêves... 

Savez-vous que le Canada n’a pas toujours eu un Code criminel fédéral? En effet, ce n’est qu’en 1892 que la Loi constitutionnelle en a fait une loi fédérale. 

Le Code criminel est une codification des valeurs d’une société. 

En donnant ce pouvoir aux provinces, on leur permettrait de vivre selon leurs valeurs. Dans un Canada où le Code criminel serait provincial, nous n’aurions pas eu à subir, par exemple, la légalisation du cannabis de Trudeau. Et la Cour suprême serait toujours en fonction pour gérer les excès de certains et garantir le respect des droits. 

J’entends déjà les défaitistes crier à l’impossibilité et les souverainistes scander «Indépendance». 

Pourtant, il suffit d’une conjonction de lignes mettant en relation des personnes de pouvoir décidées pour faire advenir cette possibilité... 

Avec un mariage conservateur et autonomiste?  

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