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Zelensky encore trop woke?

Zelensky encore trop woke?
AFP

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Pour peu que vous ayez fréquenté ce carnet, vous savez ce que je pense de l’utilisation abusive du terme woke. Le mouvement existe et l’impact de certains activistes est bien réel. On en a cependant fait un épouvantail qu’on agite pour un oui ou pour un non.

La caricature de ce que je déplore réside dans les propos du représentant républicain Madison Cawthorn. Il affirmait en mars: «Remember that the Ukrainian government is incredibly corrupt and is incredibly evil and has been pushing woke ideologies.» Zelensky était une brute corrompue, propagandiste du «wokisme».

Résilience ukrainienne

J’y reviens aujourd’hui pour deux principaux motifs. Tout d’abord, je me demande bien ce que Zelensky devra accomplir pour trouver grâce aux yeux de certains de ses détracteurs aux États-Unis et parfois ici. La récente poussée des troupes ukrainiennes constitue une formidable démonstration de résilience.

Non seulement les Ukrainiens ont subi destruction, viols, famine et mouvements de population, mais en plus ils ont affronté une certaine résistance au sein de la population de leur plus grand allié. Signe que le Parti républicain est en déroute idéologique et morale, de nombreux élus de cette formation préféraient la Russie de Poutine, pourtant l’agresseur.

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L’histoire a parfois de ces rebondissements qui ont pour effet de faire ressortir de nombreux paradoxes. Alors que Gorbatchev vient de décéder et que les Occidentaux se souviennent de sa tentative d’instaurer la démocratie, les héritiers de Reagan embrassent Poutine, ultime bastion autoritaire d’une suprématie blanche qui ne ménage pas les minorités.

Dans sa chronique d’hier dans le Washington Post, Jennifer Rubin rappelait que le président Trump s’était la plupart du temps transformé en porte-parole du président russe. Qu’il s’agisse de contredire ses propres services de renseignements ou de vanter l’intelligence de Poutine au début de l’invasion, le 45e président n’était jamais à court d’éloges.

L’Institute for the Study of War confirmait lundi le succès de la contre-offensive ukrainienne. Parmi les nombreux constats, on retrouve une force de frappe russe diminuée, un moral à l’avenant et la reprise de plusieurs sites stratégiques aux mains de l’envahisseur.

Des républicains contre la démocratie

Personne ne crie victoire, mais vous auriez parié sur un tel état des lieux il y a quelques semaines? Que font les élus du GOP qui vantaient la «virilité» de Poutine? Sont-ils devant leur écran à fantasmer sur de vieilles photographies le montrant torse nu sur son cheval?

À moins que la démocratie ne soit elle aussi devenue «woke», je me réjouis de la résistance ukrainienne et de la cohésion des pays de l’OTAN. Si je veux bien admettre des lacunes au sein des démocraties occidentales, je les préfère au modèle porté par les dirigeants comme Poutine.

Il est rare que la politique étrangère soit un facteur important lors des élections américaines. Dommage pour l’administration Biden, de nombreux républicains échapperont à une sanction de leurs inepties et de leur flirt inconséquent.

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