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Coupable de voies de fait, une éducatrice dit battre des enfants par amour

L'éducatrice de Montréal qui assure regretter les méfaits commis espère ne pas avoir de casier judiciaire

GEN-Nassira Hmaini  au Palais de Justice de Montréal.
Photo Agence QMI, Mario Beauregard L’éducatrice Nassira El Hmaini était au palais de justice de Montréal jeudi, accompagnée de son avocate Me Maria Soledad Vivas Rodriguez, pour les observations sur la peine pour des voies de fait sur des bambins de garderie.

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Une éducatrice coupable d’avoir frappé des bambins à la garderie où elle travaillait espère s’en sortir sans casier judiciaire, en expliquant avoir agi par amour même si elle avait perdu patience face aux «enfants-rois intolérables».

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«L’intensité des tapes n’était pas élevée, ce n’était pas pour faire mal, je l’ai fait par amour pour contrôler la situation. Je m’excuse pour ces gestes-là», a affirmé Nassira El Hmaini jeudi au palais de justice de Montréal. 

La femme âgée de 31 ans est une ancienne éducatrice d’une garderie du quartier Villeray à Montréal. C’est durant son travail, à l’automne 2020, qu’elle s’en est prise à des tout-petits pendant leurs siestes.

Ainsi, une fillette qui pleurait s’est fait gifler, tout comme une autre enfant qui «bougeait beaucoup sur son matelas». Une autre enfant s’est fait tirer les cheveux tandis qu’un autre a reçu deux tapes sur la tête. 

Ces gestes avaient été posés dans un angle mort des caméras de surveillance, mais une collègue avait tout filmé. 

El Hmaini a ensuite été congédiée.

«C’était une erreur de parcours, je m’excuse d’avoir commis ces gestes-là, j’étais vulnérable», a témoigné l’accusée en expliquant avoir inconsciemment reproduit les corrections qu’elle dit avoir subies durant son enfance au Maroc. 

«Enfants-rois»

Tout en se disant honteuse de ses gestes, elle a toutefois expliqué qu’elle n’était pas la seule à agir ainsi, et que des collègues l’auraient menacée de mort si elle les dénonçait.

«Le milieu était toxique», a-t-elle assuré.

L’accusée a ensuite admis qu’elle avait perdu patience face à des «enfants-rois qui sont gâtés, qui n’ont pas de limite et qui n’écoutent pas», mais que cela ne devrait pas l’empêcher d’obtenir l’absolution inconditionnelle, ce qui signifierait qu’El Hmaini éviterait un casier judiciaire.

«Elle vit dans la honte et l’opprobre social», a plaidé son avocate Me Maria Soledad Vivas Rodriguez en rappelant que la médiatisation du dossier, sans être excessive, a eu un effet dissuasif sur l’accusée.

L’avocate a d’ailleurs rappelé que si sa cliente s’est fait pincer pour plusieurs voies de fait, c’est parce que ses collègues avaient filmé les scènes pendant dix jours, sans pour autant la dénoncer.

La Couronne n’est évidemment pas de cet avis. Me Gabrielle Delisle de la poursuite estime pour sa part qu’El Hmaini mérite entre huit et dix mois d’incarcération, suivi d’une probation de deux ans.

Rappelant la relation de confiance que l’accusée avait avec les enfants, les mauvais traitements et surtout le fait que les gestes ont été répétés à plusieurs reprises, la procureure a affirmé qu’il fallait envoyer un message clair que ce genre de crime est inacceptable.

Parents choqués

D’autant plus que les parents ont été bouleversés d’apprendre que leurs enfants ont été victimes de mauvais traitements.

«Nous avions devant nous un petit garçon qui semblait perdu, abattu, rempli de colère et de tristesse inexplicables», a d’ailleurs écrit un des parents dans une lettre à la cour.

Un autre parent dit pour sa part avoir ressenti de la honte et de la culpabilité de ne pas avoir été en mesure de protéger son enfant.

«Nassira doit répondre de ses actes, a affirmé un autre parent. Peu importe la sentence, rien ne nous enlèvera cette histoire de notre chemin. Nous sommes marqués à vie.»


Le juge Alexandre St-Onge rendra sa décision en janvier.​

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