/opinion/columnists
Navigation

Face-à-Face: je suis fier de nos chefs

Face-à-Face: je suis fier de nos chefs
Photo Martin Chevalier

Coup d'oeil sur cet article

C’est devenu un incontournable, une figure imposée, on n’y échappe pas.

Je parle du débat sur le débat: qui a «gagné», qui a «perdu»?

C’est un exercice un peu futile pour trois raisons.

Tous bons

D’abord, parce que chacun juge selon ses propres critères.

Ensuite, parce que chacun tend à penser que celui qu’il préférait déjà avant le débat a été particulièrement bon, et que celui qu’il n’aimait pas trop avant a été particulièrement mauvais.

Finalement, vous n’êtes obligé de remettre en question votre préjugé initial que s’il y a un vrai K.-O., une mise hors de combat définitive.

Or, il n’y en a pas eu hier.

  • Écoutez l'édito de Joseph Facal à l'émission de Richard Martineau diffusée chaque jour en direct 8 h 30 via QUB radio :

En matière de mise hors de combat, rien n’égalera pour moi un échange survenu lors d’un vieux débat aujourd’hui totalement oublié: celui de 1988 entre les deux candidats à la vice-présidence des États-Unis, le démocrate Lloyd Bentsen et le républicain Dan Quayle.

Pour contrecarrer le reproche selon lequel il était trop jeune et trop inexpérimenté, Quayle dit qu’il a le même âge et le même bagage d’expérience que John F. Kennedy lorsque celui-ci se lança dans la course à la présidence.

Bentsen le regarda comme on regarde un caniche et le pulvérisa avec un tout simple: «Sénateur, j’ai connu JFK, JFK fut mon ami, vous n’êtes pas un JFK.»

Boum! Les lumières venaient de s’éteindre et les soigneurs montèrent sur le ring. C’était fini... ce qui n’empêcha pas le tandem Bush-Quayle de gagner.

Rien de tel hier soir.

Traditionnellement, les débats favorisent celui qui est le moins connu, celui qui part du plus loin.

Honnêtement, après jeudi soir, qui pourra nier que Paul St-Pierre Plamondon mène une superbe campagne, et que ce jeune homme calme et pondéré fait de la politique pour les bonnes raisons et de la bonne façon?

Mais les quatre autres ont aussi été excellents, chacun traînant, forcément, les casseroles de son parti.

Duhaime a délimité son territoire idéologique en mettant les quatre autres dans le même champ gauche.

Le premier ministre a logiquement joué le rôle du sage, rassurant, modéré, responsable, qui comprend que faire est plus difficile que parler.

Nadeau-Dubois a bien dissimulé le radicalisme de QS et présenté une image positive de son parti.

Dominique Anglade a été pugnace, allumée, combative. Son hommage à Pauline Marois pour la création des CPE était d’une rare élégance.

Ailleurs

On peut bien chipoter sur le format, sur la cacophonie occasionnelle, sur le manque de temps pour développer, sur les face-à-face entre deux chefs sur un sujet où ils pensent pareil.

Mais la formule parfaite n’existe pas, et celle-ci est la meilleure à date.

J’ai vu je ne sais combien de débats télévisés aux États-Unis, en France, en Espagne, en Grande-Bretagne, les pays dont je suis la scène politique avec le plus d’attention.

Nous avons tort d’entretenir le moindre complexe d’infériorité.

Le débat de jeudi était à la hauteur de ce que j’ai vu de mieux ailleurs.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.