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La pénurie de munitions de chasse pire que jamais

Shooter takes aim for shot
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Moins de 24 heures avant le début de la saison, les amateurs de chasse doivent composer avec une pénurie de munitions qui touche tous les détaillants du pays. 

Les adeptes de chasse au Lac-Saint-Jean se préparent à entamer la saison ce samedi. Mais disons qu'ils ont plus de chances de croiser un orignal que de trouver des munitions, puisqu'une pénurie touche actuellement les détaillants. Le manque de munitions s'accentue au fil des ans, mais cette saison atteint un sommet inégalé.

«C’est du jamais vu. On a 50% moins de stock, de munitions. La préoccupation majeure, c'est le manque de balles. Maintenant, c'est le manque de carabines, qu'on n'a plus du tout. Les gens sont beaucoup déçus de voir qu'on a seulement des boulets mous, qui ne donnent pas les mêmes performances que les balles de haute qualité», a expliqué Danny Michaud, commis dans un magasin Pronature Blackburn et fils.

Selon lui, le calibre 30, qui est le plus populaire, est aussi le plus touché par la pénurie.

«La 303, 300 WSM, 3006, est beaucoup en diminution contrairement au calibre [de] 7 mm qu'on n'a pas normalement», a-t-il énuméré.

Partout pareil

Nul besoin d’aller voir ailleurs: la pénurie est généralisée. Une dame a avoué à TVA Nouvelles être allée jusqu’à Québec pour trouver des munitions, sans succès.

«Ils vont se revirer vers une munition qui est un peu moins performante parce qu'on n'a pas le choix. Soit qu'ils tirent ça ou, sinon, on va tirer des roches, comme on dit. Il y a beaucoup de gens qui vont changer de calibre pour essayer d'avoir les munitions qu'il reste [en ce] moment, [qui sont] disponibles. Mais il n'y a pas beaucoup de solutions pour l'instant», a constaté M. Michaud.

La pandémie a accentué la pénurie actuelle, mais la guerre en Ukraine n’a fait qu’empirer la situation, qui était déjà problématique.

«Les fournisseurs, il y a peut-être une rétention voulue. Il y en a beaucoup aux États-Unis. Les États-Unis et le gouvernement canadien, je ne sais pas ce qu'il se passe, mais il y a quelque chose qui se passe certain», s'est questionné le commis.

Un sport coûteux

Les adeptes qui se préparent à aller chasser doivent aussi se préparer à payer le double, voire le triple du prix habituel.

«Quand on parle de calibre 30, c'est extrêmement dispendieux. Une boîte de balles qui se vendait 29$ va être entre 45 et 55$. D'autres étaient à 40 et sont rendues à 80 ou 120$», a mentionné Danny Michaud.

Cette situation pourrait en convaincre certains de laisser tomber la chasse dans les années futures.

«Moins de ventes pour les magasins, manque de touristes, je vois surtout ça pour l'instant», a-t-il déclaré.

La pointe de l’iceberg

Il n'y a pas que l'industrie de la chasse qui est touchée. La pêche et le plein air le sont aussi.

«Dans les leurres, le fil à pêche, tous les produits qu'on a normalement en grande quantité sont coupés de 50% facilement. Quand on a un produit qu'on aime, on ne veut pas toujours changer, mais là, on n'a pas le choix. On va redemander aux fournisseurs d'avoir des armes à feu, des munitions, mais c'est rendu en 2023, pas avant», a admis Danny Michaud.

Est-ce que la saison de la chasse pourrait être compromise? Pas pour l'instant. Difficile toutefois de dire à ce stade-ci à quel point l'industrie est touchée.

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