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Québec 2022 | Carnet de campagne: Semaine 3

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Nos journalistes sont montés à bord des cinq caravanes des partis politiques qui sillonnent les routes du Québec jusqu’au 3 octobre. Chaque dimanche, Le Journal vous présente les coulisses de ce périple électoral.

17 jours dans le Carrosse de Cendrillon avec PSPP

Le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon, dans sa loge, au fond de l’autobus, avec les candidats Pascal Bérubé (de dos), Méganne Perry Mélançon et Alexis Deschênes.
Photo courtoisie
Le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon, dans sa loge, au fond de l’autobus, avec les candidats Pascal Bérubé (de dos), Méganne Perry Mélançon et Alexis Deschênes.

5453 kilomètres. C’est la distance que la caravane du PQ a parcourue pendant les 17 premiers jours de campagne. 

De Montréal à Carleton-sur-Mer, en passant par Ottawa, la quinzaine de personnes qui se trouvaient dans le Carrosse de Cendrillon (le nom donné à notre caravane) ont vécu... dans la proximité.

La particularité de cette caravane, outre qu’elle était la seule composée en majorité de journalistes féminines, est que le chef est avec nous. Il n’y a que la caravane du Parti conservateur où le chef voyage aussi avec les journalistes.

Alors, 17 jours avec PSPP ça donne quoi ? Il y a des points positifs. Si on est fan de musique des années 80 et 90, ça permet d’entendre ses compilations.

Ça permet aussi d’avoir un accès direct aux conseillers du chef pour se faire expliquer les détails d’une annonce qui n’était pas claire. 

Par contre, après un point de presse plus difficile où l’équipe de PSPP n’a pas tant aimé les questions posées, les désavantages de cette cohabitation apparaissent momentanément (bonjour l’ambiance !).

On se retient

Le principal défi de l’équipe fut toutefois de se retenir. Il fallait d’abord se retenir de parler trop fort pour débreffer entre journalistes après un point de presse. 

Il fallait surtout se retenir de boire beaucoup d’eau... car il fallait se retenir d’aller aux toilettes. Celles du bus étant dans la loge du chef (fermée par une porte), il aurait été un peu gênant d’être à ce point... proche.

De toute façon, on nous avait prévenus : « les toilettes, c’est en cas d’extrême urgence, SEULEMENT ».

La cause : un traumatisme de 2018. On parle de toilette qui déborde et d’une odeur « ÉPOUVANTABLE » pendant des jours et qui revient hanter les caravaniers lorsqu’on évoque ce souvenir. 

Cette année, outre un épisode de chambre d’hôtel dont les effluves du tapis trahissaient un respect aléatoire de l’interdiction de fumer la cigarette, personne n’est traumatisé. 

Juste un peu déshydraté.

- Annabelle Blais, avec le PQ

La petite colère de François Legault

François Legault a raconté aux enfants que de lire avant de se coucher l’empêche de penser aux journalistes.
Photo Marc-André Gagnon
François Legault a raconté aux enfants que de lire avant de se coucher l’empêche de penser aux journalistes.

Même s’il trône en tête des sondages, François Legault transporte à bord de sa caravane une petite colère qu’il peine à ranger dans ses bagages. Surtout lorsqu’on le fait déroger à son plan de campagne, malgré toutes ses années d’expérience avec la joute politico-médiatique.

Par moments, on sent qu’il a une dent envers les journalistes. C’est parfois subtil, d’autres fois un peu moins...

Les correspondants qui l’ont suivi pendant les trois premières semaines de la campagne électorale en ont été témoins à quelques reprises. Quelques exemples ?

Une fois, à Gatineau, le chef caquiste discutait avec des élèves du primaire, avant de promettre 10 millions $ dans une campagne de sensibilisation à la lecture. Entouré de micros et de caméras, il confia aux enfants que de lire, avant de se coucher, lui permet de cesser de penser aux journalistes.

Quelques jours plus tard, dans Maurice-Richard, un enfant s’approche pour se faire photographier avec lui. François Legault lui demande s’il veut devenir premier ministre. Son seul conseil : continue tes études, sinon tu finiras... journaliste !

Jusque-là, c’était sur un ton humoristique, mais mardi dernier, à l’hôtel de ville de Montréal, son vase a débordé. Ça sentait le stress du premier grand débat télévisé à plein nez.

« Prochaine question ! »

En répondant à une de mes questions – tout à fait légitime – sur ses avoirs personnels, il a haussé le ton à grand coup de « Monsieur Gagnon ».

« Incroyable, incroyable qu’une question comme ça soit posée. [...] On peut-tu avoir un petit peu de vie privée, Monsieur Gagnon ?! [...] Prochaine question ! »

Il savait pourtant que la question lui serait posée, puisque je m’étais essayé un peu plus tôt dans la journée. Il était donc préparé à répondre et il avait le devoir de le faire.

C’était ma dernière question, au dernier point de presse avant le débat, et par la même occasion ma dernière possibilité de le questionner avant de changer d’autobus, comme c’est la coutume à mi-campagne pour la plupart des médias qui suivent les chefs. Ça s’est terminé sur un froid. L’affaire a fait grand bruit.

Qu’on me lise bien : rien ici pour m’empêcher de dormir ou me poser en victime. J’ai connu pire avec Régis Labeaume, en début de carrière. Mais François Legault sait très bien qu’il ne gagne rien à montrer sa petite dent envers les journalistes.

Bien qu’un ancien président chez nos voisins du Sud ait démontré qu’il pouvait être électoralement payant de s’en prendre aux journalistes (on se rappellera du reporter de CNN), c’est toute la société qui est perdante lorsqu’on attaque le quatrième pouvoir.

Ce dernier, faut-il le rappeler, est pourtant un rempart de la démocratie et un vrai symbole de la vraie liberté.

- Marc-André Gagnon, avec la CAQ

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