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Psychologie: l’art de ruminer sans broyer du noir

Portrait of unhappy determined european male with bristle touching chin while thinking and looking with serious and worried look at camera, standing against pink background.
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Vous arrive-t-il de ruminer? Vous croyez qu’il n’y a que vous qui cédez à cette habitude qui a si mauvaise presse? Bonne nouvelle... vous êtes loin d’être seul à ressasser certaines de vos pensées : les ruminations sont tout à fait normales, et parfois même bénéfiques!

Beaucoup de gens ruminent : pas nécessairement pour les mêmes raisons ni de la même façon. Diverses personnes, particulièrement les plus anxieuses, le font davantage. Certains contextes s’y prêtent aussi plus que d’autres – les confinements, ça vous rappelle quelque chose? 

Le bon grain et l’ivraie

Mais pourquoi avons-nous tendance à ressasser ces mêmes pensées, à rejouer en boucle ce même film dans notre tête? Dans certains cas, ce réflexe apparaît non seulement normal, mais salutaire. Il permet parfois de mieux se préparer, de tirer des leçons constructives non seulement en vue d’événements précis, mais aussi, bien après ceux-ci. 

Par exemple, devant un événement à venir (un examen, une entrevue d’embauche, une chirurgie, etc.), l’anticipation devient un facteur de stress. S’il est impossible d’en contrôler le déroulement et d’anticiper tous les problèmes en amont, l’exercice de réflexion qu’est la rumination nous permet d’envisager cette situation sous différents angles, d’élaborer plusieurs scénarios, en somme, d’arriver mieux préparés. 

Or, parfois, l’événement tant anticipé ou redouté a eu lieu, et rien ne s’est déroulé comme on l’imaginait. Ruminer devient alors l’occasion de mieux comprendre ce qui a pu se produire ou ce qui a pu nous décevoir, voire ce qui a pu contribuer à un échec. L’exercice en soi n’a rien de masochiste ; tirer les leçons d’une expérience plus ou moins ratée peut nous faire réfléchir, transformer certains de nos comportements, nous permettant ainsi d’apprendre de ces situations. 

Là où cela pose problème, c’est lorsque les ruminations prennent toute la place dans nos pensées et empoisonnent notre quotidien. Cet état n’est alors plus productif, créant surtout de l’anxiété et des sentiments négatifs. Ces pensées qui défilent en boucle nous envahissent et ne font désormais que nous paralyser : le pire semble toujours sur le point de se produire. Tous ces scénarios finissent alors par gruger notre énergie, sans compter les perpétuelles séances d’autoflagellation, car lorsque l’on rumine, tout peut sembler de notre faute. Or, la réalité est bien souvent à des milles de ces pensées catastrophiques...

Des stratégies gagnantes

Il existe tout de même des stratégies pour tenter de réduire les ruminations et leurs impacts. D’abord, prendre un pas de recul pour mieux prendre conscience et «observer» nos pensées répétitives s’avère une excellente façon d’atténuer l’intensité et l’aspect envahissant de ces pensées. Beaucoup de gens ruminent et ne s’en rendent même pas compte tant elles sont plongées profondément dans ces pensées négatives et répétitives. Prendre la juste mesure de ce comportement, simplement constater que l’on est en train de ruminer et sans juger ces pensées constitue déjà une première étape des plus constructives. Par ailleurs, coucher nos pensées sur papier peut également aider à mieux nous en distancer et à nous en libérer davantage. 

Poser des gestes qui nous poussent à l’action peut aussi être bénéfique pour calmer les ruminations et reprendre un sentiment de contrôle. Accomplir des choses constructives, agréables, et en apparence banales – réaliser un projet que l’on avait mis de côté, effectuer une réparation qui traînait, cuisiner pour faciliter son quotidien et celui des autres –, voilà quelques façons d’éloigner ces pensées envahissantes. 

De plus, pour chasser les idées négatives, bouger, se divertir, sortir de sa coquille et de chez soi est certainement indiqué, car le fait de rester seul et entre nos quatre murs peut contribuer aux ruminations. La pratique d’un sport qui nous fait dépenser de l’énergie, d’un loisir qui nous valorise, d’une séance de méditation qui chasse le stress, passer du temps avec des gens qui nous font du bien : autant de moyens d’éviter d’être submergé par des ruminations constantes. 

Faut-il donc bannir toutes les ruminations? Certainement pas! Permettant de mieux nous préparer en vue d’événements donnés en plus d’être une précieuse source d’apprentissages, cette habitude devient toutefois contre-productive et néfaste lorsqu’elle devient constante et envahissante. Finalement, en matière de rumination, la modération a elle aussi bien meilleur goût!

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