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Le triangle des Bermudes du PLQ

Élection Provinciale 2022
Photo Martin Chevalier Dominique Anglade

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La question était pourtant simple. « C’est quoi le Parti libéral du Québec ? »

Pour tous les autres partis, chacun d’entre vous a une réponse immédiate.

Québec solidaire, la gauche écologique. Le Parti Québécois, l’indépendance. Le Parti conservateur, la droite libertarienne, ou le parti anti-mesures sanitaires. La CAQ, le nationalisme assumé, l’enrichissement du Québec.

Mais c’est quoi le PLQ ? J’ai posé la question au député Marc Tanguay, au Bilan, vendredi, et 24 heures plus tard je ne me rappelle plus sa réponse précise.

Le PLQ, c’était les valeurs d’inclusion (que revendique aussi QS), l’économie (que revendique la CAQ), le PLQ, finalement, c’était autre chose que la CAQ, la promesse de faire mieux. Mais encore...

Il est là le problème de Dominique Anglade, elle est coincée sur tous les fronts.

La quête

On a beau dénoncer le clientélisme en politique, chaque chef de parti incarne une quête. Un Shangri-La imaginaire dans lequel l’électeur peut se projeter. La justice sociale, l’indépendance, la liberté, l’enrichissement dans la fierté.

Quelle est la quête du PLQ ?

Pendant des décennies, c’était clair. Un Québec fort dans un Canada uni. Le Québec inc. Le fédéralisme face à la menace de la fracture indépendantiste. La stabilité face à la cage à homards de la souveraineté.

Or, ses adversaires ont conquis l’essentiel de ses champs de bataille.

La CAQ s’est emparée du nationalisme économique, le PCQ courtise son vote anglophone, QS articule de manière plus convaincante sa défense de l’inclusion et d’une immigration ouverte. Sans l’épouvantail de l’indépendance, que reste-t-il à Dominique Anglade ? Sa compétence, sa maîtrise des dossiers, son sens critique chirurgical, son enthousiasme, sa résilience. Mais encore...

Il est là son problème. Elle n’a pu articuler une alternative simple et précise. Ce fut cruellement évident lors du Face-à-Face de jeudi.

Dominique Anglade était efficace dans ses critiques de la gouvernance Legault, compétente dans ses solutions alternatives. Elle était aussi positive que possible.

Mais elle n’a pas fait rêver.

Technocrate

On en revient au dilemme existentiel. Quel est le projet du PLQ ?

La Charte des régions ? D’un point de vue strictement administratif, nul doute que le plan libéral offre des solutions concrètes au problème bien réel de la dévitalisation des régions. Mais le seul aspect que Dominique Anglade a clairement articulé, c’est le pouvoir des régions de déterminer leurs besoins en immigrants.

Dans des régions du Québec où ils sont déjà trop peu nombreux, il faut être bien naïf pour s’imaginer que ça suffira à retisser les liens entre le PLQ et l’électorat francophone.

Reste le projet ECO, pour économie et écologie, le nirvana économique de l’hydrogène vert. Or, aussi valable soit-il, il s’agit d’un concept davantage qu’un projet de société. Un Plan Nord version 2022.

Rien de tout cela ne sera fatal dans un contexte politique traditionnel.

Mais voilà, le PLQ semble toujours en quête d’une nouvelle identité, prisonnier d’un réalignement historique des forces politiques.

Et ça, l’électorat l’a compris.

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