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Étudiants invités à changer d’adresse: un ex-ministre libéral dénonce la tactique de QS

Étudiants invités à changer d’adresse: un ex-ministre libéral dénonce la tactique de QS
Mario Beauregard / Agence QMI

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L'ex-ministre libéral Luc Fortin a aussi subi la tactique de Québec solidaire pour concentrer le vote des jeunes sur les campus en 2018. S’il n’y attribue pas sa propre défaite, ce stratagème pourrait décider du résultat dans une lutte serrée, prévient-il.  

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Introduit en 2014, le vote sur les campus était encore relativement nouveau lors des dernières élections générales, si bien que les observateurs libéraux étaient un peu dépassés en voyant de nombreux étudiants réclamer un changement d’adresse pour voter localement dans la circonscription de Sherbrooke.  

«Chez les gens qui étaient désignés par notre formation politique pour être sur les lieux, en 2018, ça a généré beaucoup, beaucoup, beaucoup de colère et d’incompréhension. Il y a des jeunes qui se présentaient là candidement en disant: tout ce que je veux, c’est changer d’adresse tout simplement pour voter dans Sherbrooke, mais je ne veux pas changer mon adresse sur l’ensemble de mes papiers d’identité», se souvient Luc Fortin, alors député sortant et candidat à sa réélection.  

L’ex-ministre de la Famille insiste: sa défaite n’est pas liée à cette stratégie. Avec 3450 voix d’avance, la victoire de la solidaire Christine Labrie était incontestable. «Jamais je n’imputerai ma défaite à ça. Mais si l’élection avait été plus serrée, comme je pense qu’elle risque de l’être cette fois-ci, par exemple dans Sherbrooke, ça aurait pu faire une réelle différence entre une victoire et une défaite», estime-t-il.  

M. Fortin s’est confié à notre Bureau parlementaire alors que QS multiplie les démarches pour inviter les cégépiens et les étudiants universitaires de divers campus à changer leur adresse afin de voter dans la circonscription de leur lieu d’étude.  

Les solidaires affirment que celui-ci peut devenir un domicile au sens de la loi, tandis que le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) rappelle que l’esprit du vote sur les campus vise à permettre de voter hors circonscription, sans avoir à se déplacer.  

Engouement à Sherbrooke

Des données fournies au Journal par le DGEQ démontrent d’ailleurs que 373 étudiants ont obtenu un changement d’adresse à l’Université de Sherbrooke en 2018.

C’est beaucoup plus que d’autres universités qui accueillent un plus grand nombre d’étudiants: ils étaient 209 à l’Université Laval, 181 à l’Université de Montréal et 123 à l’UQAM. Ailleurs, les demandes de changement d’adresse étaient carrément anecdotiques. On en comptait 46 à Rimouski et seulement 24 à Trois-Rivières.  

Lettre au DGEQ

Après l’expérience de 2018, la Commission juridique du PLQ a écrit au DGEQ pour l’aviser de cette situation. «Nous avons de bonnes raisons de croire que ces étudiants n’ont pas demandé à voter dans leur circonscription de résidence principale, mais qu’ils ont plutôt sollicité un changement d’adresse de dernière minute, lequel était accepté séance tenante, la plupart du temps sur la seule présentation d’un bail d’habitation comme preuve de résidence», écrivait le parti.  

Luc Fortin appuie le vote sur les campus afin de favoriser la participation des jeunes qui étudient loin de leur circonscription. Toutefois, il s’inquiète de l’impact sur les citoyens permanents des circonscriptions qui abritent des universités ou des cégeps, où pourrait survenir une distorsion du vote.  

«Je pense qu’on doit s’assurer qu’il y a une réelle volonté de l’électeur d’habiter dans cette circonscription-là, que ce n’est pas un simple passage et surtout que ce n’est pas une manœuvre purement électorale. Parce que ça dessert la démocratie, ça dessert les gens qui vivent dans ces circonscriptions-là puis ce n’est pas une valeur ajoutée pour ce qu’on pourrait appeler le vote étudiant. Tout ce que ça sert, ce sont des intérêts partisans», dit-il.  

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