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Les besoins ont explosé: lancement de la campagne Centraide 2022

Selon Isabelle Genest, présidente et directrice générale de Centraide Québec et Chaudière-Appalaches, près de 500 entreprises de la région prendront part à la campagne de collecte de fonds jusqu’à la fin décembre.
Photo Stevens LeBlanc Selon Isabelle Genest, présidente et directrice générale de Centraide Québec et Chaudière-Appalaches, près de 500 entreprises de la région prendront part à la campagne de collecte de fonds jusqu’à la fin décembre.

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Les besoins des organismes communautaires ont explosé avec l'inflation, selon Centraide Québec et Chaudière-Appalaches qui a procédé mardi au lancement de sa campagne de financement 2022.  

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L’inflation porte un dur coup aux organismes qui peinent à boucler leur budget. 

«L’impact est immense. Leurs coûts se sont décuplés et ils n’ont pas plus de financement. Avec l’inflation, c’est comme si le montant qu’on leur verse vaut 10% de moins cette année», a affirmé Isabelle Genest, présidente et directrice générale.  

Selon Isabelle Genest, présidente et directrice générale de Centraide Québec et Chaudière-Appalaches, près de 500 entreprises de la région prendront part à la campagne de collecte de fonds jusqu'à la fin du mois de décembre.
Photo Stevens LeBlanc
Selon Isabelle Genest, présidente et directrice générale de Centraide Québec et Chaudière-Appalaches, près de 500 entreprises de la région prendront part à la campagne de collecte de fonds jusqu'à la fin du mois de décembre.

Les organismes communautaires soutenus par Centraide sont confrontés à plusieurs enjeux. 

«Il y a de la pression sur les salaires et les conditions de travail. Il y a des organismes dont il manque la moitié des employés présentement. Le salaire d’entrée pour un intervenant qualifié, c’est autour de 35 000$. Ce n’est pas suffisant. On voit des gens, qui travaillent eux-mêmes dans des groupes communautaires, qui sont dans le besoin. Il faut améliorer les conditions de travail.» 

«Les groupes communautaires sont aussi essentiels que le système de la santé et le système de l’éducation dans notre société», a-t-elle poursuivi. 

Objectif à atteindre

Même si Centraide n’a pas dévoilé d’objectif à atteindre, la campagne de l’an dernier a permis d’amasser un montant record de 17 M$ qui a servi à soutenir 215 organismes de la grande région de Québec. 

«Le visage de la population vulnérable a beaucoup changé. De plus en plus de monde, qui ont des revenus d’emploi, font affaire avec des banques alimentaires. On voit que les listes s’allongent auprès des organismes venant en aide aux gens qui sont en situation de crise en santé mentale. Plusieurs de ces organismes ont vu leur nombre de demandes tripler en moins d’un an», ajoute Mme Genest. 

De son côté, Geneviève-Manon Morel, directrice générale de Libre Espace Côte-de-Beaupré, estime que la pandémie a amené une souffrance supplémentaire dans la population. 

«On espère que la crise sanitaire est derrière nous, mais on vit l’après-coup de l’isolement et de ses conséquences sur la santé mentale. Avant, c’étaient des personnes vulnérables qui venaient cogner à notre porte. Aujourd’hui, c’est tout le monde qui a connu l’isolement. Ça augmente beaucoup les besoins. Non seulement on a plus de participants, mais l’intensité et la souffrance sont beaucoup plus élevées», note Mme Morel. 

Geneviève-Manon Morel, directrice générale de Libre Espace Côte-de-Beaupré, est bien placée pour comprendre les autres, car elle a dû avoir recours aux banques alimentaires à une certaine époque pour nourrir sa famille.
Photo Stevens LeBlanc
Geneviève-Manon Morel, directrice générale de Libre Espace Côte-de-Beaupré, est bien placée pour comprendre les autres, car elle a dû avoir recours aux banques alimentaires à une certaine époque pour nourrir sa famille.

À lui seul, l'organisme reçoit trois fois plus de demandes qu’avant la pandémie. 

«Les gens arrivent et ils ont besoin de nous ici et maintenant. (...) La santé mentale, ça touche tout le monde.» 

«Ce qui nous inquiète présentement, c’est le taux d’inflation, car malgré le fait que les gens se soient retrouvés un emploi, le coût de la vie augmente tellement vite qu’ils sont serrés dans leurs finances, ils n’arrivent plus.» 

Avant de travailler pour Libre Espace, Mme Morel a traversé une période où elle a aussi eu besoin d’aide alimentaire pour nourrir sa famille. Elle est bien placée pour comprendre les gens qu’elle aide. 

«Ça allait très bien dans nos vies. Mon conjoint avait un très bon travail qui me permettait de rester à la maison. On avait la voiture. Mon grand apprenait à lire à l’école. Tout allait bien. (...) On était choyé et on le savait. On ne vivait pas au-dessus de nos moyens mais on avait des dépenses qui allaient, selon nos revenus.» 

«Comme j’étais à la maison, c’est mon conjoint qui a pris le long congé parental. (...) Je suis arrivée à Libre Espace à reculons. En 2007, j’ai frappé un mur. Tout un coup je me suis retrouvée plus d’argent pour nourrir mes enfants.» 

La prestation du congé parental couvrait à peine les dépenses de la petite famille jusqu’à ce que la carte de crédit rebondisse pour payer l’épicerie. C’est comme ça qu’elle est allée frapper à la porte de l’organisme. Aujourd’hui, elle travaille à aider les autres. 

La campagne de Centraide se termine à la fin décembre. 

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