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«Magasiner» un emploi plus payant pour maintenir son niveau de vie malgré l'inflation

Ce «magasinage» est facilité par le très grand nombre de postes vacants au Québec

Postes vacants
Photo Francis Halin Esteban adore son travail de superviseur en agriculture, mais il ne dit pas non à un changement de carrière pour améliorer sa situation financière.

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Près d’un an après l’Opération main-d’œuvre de 3,9 milliards $ du gouvernement Legault, le Québec compte toujours plus de 248 100 postes à pourvoir. Et le départ à la retraite des 55 et plus ne pourra pas être compensé par les jeunes à la recherche d’un boulot mieux payé pour faire face à l’inflation. 

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«Après le grand confinement, le marché du travail s’est rétabli. Peu de temps après, on est revenu à des niveaux de postes vacants très élevés», analyse l’économiste principale de Desjardins, Hélène Bégin.

«La principale raison pour laquelle on manque encore de main-d’œuvre, c’est la démographie. Les gens de 55 ans et plus sont nombreux à quitter le marché du travail et la génération qui entre est moins nombreuse», poursuit-elle.

D’après Hélène Bégin, l’immigration, les retraités ou encore les personnes en marge de la société ne pourront jamais régler le problème à eux seuls.

«Toutes les solutions vont faire en sorte que cela va atténuer la pénurie de main-d’œuvre, mais aucune ne va la faire disparaître», explique-t-elle.  

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Au Québec, au 2e trimestre de 2022, plus de 248 100 (+2,4 %) postes étaient toujours à pourvoir, selon des données de Statistique Canada publiées hier. Au Canada, ce chiffre a frôlé le chiffre record du million (997 000).

Dans la région de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches réunies, on est passé à 41 225, soit le nombre le plus élevé depuis que les données sont disponibles, selon Québec International.

«Il y avait moins d’un chômeur pour chaque poste vacant au deuxième trimestre de 2022 au Québec (0,8)», note Statistique Canada dans son bulletin. 

Amplifié par la pandémie

Or, avec l’inflation qui a atteint les 7,1 % le mois dernier, certains travailleurs, qui ont vu leur salaire augmenter moins vite que l’inflation, n’ont plus peur de «se magasiner un emploi» (voir ci-bas).

«Je considère des métiers que je n’avais pas considérés avant, simplement pour l’argument pécuniaire», confie Esteban Valdebenito, 31 ans, superviseur de production pour une entreprise maraîchère du comté de Roussillon.

«Quelqu’un comme moi pourrait considérer d’aller enseigner, ne serait-ce que parce que les conditions se sont améliorées, que c’est la fonction publique et qu’il y a une sécurité derrière ça», poursuit-il.

D’après Simon Savard, économiste principal à l’Institut du Québec (IDQ), on voyait moins ce type de réflexion quand le taux de chômage était élevé.

L’expert est aussi d’avis que ce mouvement n’est pas seulement causé par l’inflation, mais simplement par le grand nombre de postes vacants chez nous.

«S’il y a des postes intéressants disponibles, il peut y avoir de l’intérêt de gens qui n’ont pas de bonnes conditions actuellement et qui cherchent à les rehausser», observe-t-il.

«La pandémie a mis le pied sur l’accélérateur de cette tendance-là», conclut Hélène Bégin, économiste principale de Desjardins.

En novembre 2021, le premier ministre du Québec, François Legault, a lancé «l’Opération main-d’œuvre» et annoncé 80 mesures pour aller chercher 170 000 travailleurs de plus d’ici cinq ans. 

Des revenus qui grimpent moins vite que l’inflation

  • Inflation (août 2022) : 7,1 %
  • Hébergement et restauration : 6 %
  • Finance et assurances : 6,4 %
  • Fabrication : 5,4 %
  • Agriculture : 4,9 %
  • Transport : 4,3 %

Source : Statistique Canada et Desjardins

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