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Pétition: des parents veulent un purificateur d’air dans les écoles

Une pétition réclame l’installation de boîtes artisanales qui améliorent la qualité de l’air dans les écoles

GEN-Portrait de Olivier Drouin et ses boites de filtration Corsi-Rosenthal.
Photo Agence QMI, Mario Beauregard Olivier Drouin, avec une des boîtes Corsi-Rosenthal qu’il a fabriquées. En plus d’être l’un des instigateurs de la pétition, le père de famille est aussi derrière la page Covid Écoles Québec, qui recensait les éclosions en milieu scolaire au début de la pandémie.

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Des parents qui craignent d’être infectés à répétition par la Covid-19 déplorent que leur école refuse de les laisser installer un purificateur d’air artisanal dans la classe de leur enfant.

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«Mon conjoint et moi, on était prêts à payer de notre poche pour ça [...] Comment peut-on être contre la qualité de l’air dans les classes?», s’interroge Sarah-Emmanuelle Duchesne, 43 ans.

Comme elle, sa fille de 5 ans est asthmatique. «Tous ses rhumes dégénèrent», soupire cette mère de Montréal.

Elle fait donc partie des parents qui redoutent cette rentrée-ci, maintenant que presque toutes les mesures sanitaires ont été levées. Plusieurs craignent les réinfections de Covid-19 à répétition, dont certains qui y ont déjà goûté à plusieurs reprises dans les derniers mois. D’autres veulent éviter que leur enfant manque encore une fois de longues périodes d’école.

Une pétition a d’ailleurs été lancée notamment par les collectifs COVID-Stop et Covid Écoles Québec pour convaincre le gouvernement de laisser les parents et enseignants installer une boîte Corsi-Rosenthal en classe.

Au moment de publier, elle avait récolté plus de 1500 signataires.

Faciles à fabriquer

Roch Rémillard, 48 ans, l’a tout de suite signée. Parce qu’il est immunosupprimé, sa fille continue de porter le masque en classe... ce qui ne l’a pas empêchée de rapporter la Covid-19 dès la première semaine d’école, raconte-t-il.

Maintenant qu’on sait que la COVID-19 peut se propager par aérosols, on entend de plus en plus parler des boîtes Corsi-Rosenthal. Ces purificateurs d’air artisanaux peuvent facilement être fabriqués à la maison avec un ventilateur et des filtres.

Pour en confectionner une, il faut moins d’une heure de travail et un budget de 100$, estime Olivier Drouin, ce père de Montréal derrière la page Covid Écoles Québec. Il en a fabriqué cinq dans le but de les donner.

Fins de non-recevoir

Or, les parents qui souhaitent les utiliser dans la classe de leur enfant se butent à une fin de non-recevoir du système scolaire.

«La directrice m’a dit en des mots très diplomatiques que ce ne serait pas possible parce que ce serait injuste pour les autres classes», témoigne Sarah-Emmanuelle Duchesne.

Certains parents, de connivence avec l’enseignant, arrivent à en faire installer en catimini, mais sans avoir demandé la permission de la direction, rapporte Nancy Delagrave, physicienne et co-porte-parole du collectif Covid-Stop.

Le ministère de la Santé ne recommande pas l’utilisation de ces boîtes, mais ne la déconseille pas non plus. Elles ont prouvé leur efficacité à réduire la quantité de particules dans l’air, mais pas à prévenir la transmission du virus, argue-t-on.

De son côté, le ministère de l’Éducation affirme même que les purificateurs peuvent générer des «flux d’air» qui favorisent la «dissémination des virus».

C’est d’ailleurs ce que croit Ali Bahloul, chercheur spécialisé en qualité de l’air à l’Institut Robert-Sauvé, pour qui la vraie solution réside dans la ventilation ou les échangeurs d’air. 

«Pour que ça fonctionne, il faut que ce soit fait par des professionnels qui comprennent les enjeux», insiste M. Balhoul. 

Sur son blogue, la Maison-Blanche, aux États-Unis, suggère pourtant l’option «do it yourself» des boîtes Corsi-Rosenthal comme solution temporaire pour améliorer la qualité de l’air.

Dans tous les cas, les parents interrogés trouvent que le gouvernement n’en fait pas assez pour la qualité de l’air dans les écoles. Quelque 90 000 lecteurs de CO2 ont été installés dans les classes afin de la mesurer et 1200 échangeurs d’air distribués pour les endroits présentant des «lacunes persistantes».  

Pour les autres, la solution reste généralement d’ouvrir les fenêtres... même en plein hiver. 

Dans toutes les classes d’une école de Gatineau

L’installation de boîtes Corsi-Rosenthal dans toutes les classes d’une école de Gatineau semble avoir eu peu d’impact sur la qualité de l’air, mais elle en a certainement eu sur le plan pédagogique, selon son directeur.

David McFall.
Directeur d’école
à Gatineau
Photo courtoisie
David McFall. Directeur d’école à Gatineau

«En pleine pandémie, les enfants pouvaient enfin avoir du contrôle sur leur situation», raconte David McFall, directeur de l’école primaire anglophone Pierre Elliott Trudeau, à Gatineau.

L’automne dernier, les élèves de 4e, 5e et 6e année ont fabriqué des boîtes Corsi-Rosenthal pour les 28 classes de l’école dans le cadre d’un projet pilote en sciences.

Concret

Il raconte que la qualité de l’air est devenue une notion très concrète lorsque les lecteurs de CO2 ont été installés dans ses classes.

«Quand on ouvrait les fenêtres, on voyait une nette amélioration [sur le lecteur]. C’était fabuleux. On se disait: oh my! On a maintenant une preuve empirique», raconte-t-il.

Et les purificateurs artisanaux, eux, avaient-ils un impact sur la concentration de CO2?

«On ne voyait pas de changement significatif», répond M. McFall.

Filtres noircis

Par contre, les filtres étaient blancs au moment où ils ont été installés. Avec le temps, ils sont devenus noirs.

«Clairement, ils ont absorbé quelque chose.»

D’ailleurs, les gens se sentaient plus en sécurité après leur installation, constate-t-il.

Pour lui, la confection de cubes Corsi-Rosenthal était surtout un projet pédagogique.

«La science derrière tout ça est complexe. Mais la fabrication [de ces boîtes] est tellement simple!»

«Les jeunes ont eu du plaisir, les enseignants étaient fiers», se souvient M. McFall.

C’est pourquoi il espère répéter le projet cette année. Car avec toute cette saleté accumulée, impossible de réutiliser les filtres de l’an passé, explique-t-il. 

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