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La saison des points d’interrogation

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Photo Agence QMI, Joël Lemay L’entraîneur-chef du Canadien, Martin St-Louis, lors des tests sur glace du camp de l’équipe, jeudi à Brossard.

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D’un côté, le camp du Canadien de Montréal s’ouvre alors qu’un vent de renouveau souffle sur l’organisation. De l’autre, il y a rarement eu autant d’incertitudes entourant l’équipe lors d’un début de saison. 

Comment réagira Martin St-Louis cette saison, lorsque la réalité le frappera enfin et qu’il enchaînera quelques défaites en ligne ? Qui jouera au centre du deuxième trio derrière Nick Suzuki ? Est-ce que Juraj Slafkovsky a ce qu’il faut pour avoir un impact dans la Ligue nationale de hockey dès cette saison ? À quoi peut-on s’attendre d’un duo Jake Allen-Samuel Montembeault devant le filet ? 

Tant de questions et, pour l’instant, si peu de réponses. 

Une chose est sûre, le camp s’est ouvert avec optimisme. Lors de son passage à l’émission de Jean-Charles Lajoie, St-Louis semblait emballé par ce qui s’en vient. Il a parlé avec éloquence et ne s’est défilé devant aucune question. Certes, il surfe encore sur la vague de l’an dernier, alors qu’il s’était pointé à Montréal sans pression pour diriger une équipe déjà exclue des séries. 

Là, ce sera différent. Les attentes seront plus élevées. Bientôt, on oubliera ce qu’a accompli St-Louis dans sa carrière de joueur et on regardera les résultats. On analysera, et critiquera à l’occasion, ses décisions. Et il en aura d’importantes à prendre dès les prochaines semaines. 

TROP DE JOUEURS 

Permettez-moi d’ailleurs de remettre en question l’une d’elles. Bien que je sois conscient qu’il s’agit d’une décision organisationnelle et non de St-Louis, je me questionne sur la pertinence d’inviter 74 joueurs au camp d’entraînement. 

De ce nombre, il y en a probablement 40 qui ne joueront jamais dans la Ligue nationale de hockey. Il me semble qu’avec autant de points d’interrogation à l’interne, c’est une perte de temps de se concentrer sur des joueurs qui ne porteront jamais l’uniforme.  

On devrait plutôt mettre l’accent sur le poste de deuxième centre de l’équipe, sur qui jouera le rôle de quart-arrière à la défensive ou sur la place ou pas de Juraj Slafkovsky dans l’alignement (on y reviendra). 

Quand tu as fini 32e la saison précédente, tu n’as pas de temps à perdre. Ce nombre d’invitations ressemble davantage à une opération charme. Gageons qu’on en verra beaucoup moins l’an prochain. 

LAVAL OU MONTRÉAL ? 

Maintenant, parlons de Slafkovksy. 

Les attentes sont très élevées en raison de son statut de premier choix au total, mais le Canadien ne peut se permettre de brûler les étapes dans son cas. Je pense quand même que sa place sera à Montréal, même si c’est pour évoluer dans un rôle secondaire. 

Le développement de chaque joueur est différent et Slafkovsky a déjà la maturité physique pour jouer dans la LNH. Après tout, Joe Thornton avait connu des débuts bien modestes avec les Bruins de Boston en 1997-1998. L’entraîneur-chef Pat Burns avait décidé de le garder dans la grande ligue, mais l’avait utilisé de façon très sporadique. On peut dire que ça n’a pas eu d’effet négatif sur le reste de sa carrière, bien au contraire. 

Du peu que j’ai vu de lui lors du tournoi des recrues, il a sa place avec le grand club. Au final, la décision reviendra à Jeff Gorton, Kent Hughes et Martin St-Louis. 

Et ils n’ont pas le droit de se tromper.

– Propos recueillis par Kevin Dubé

Les échos de Bergie 

UNE ESPÈCE MENACÉE 

La saison 2022-2023 de la LNH s’ouvrira avec seulement deux équipes dirigées par des entraîneurs francophones : Martin St-Louis avec le Canadien et André Tourigny avec les Coyotes de l’Arizona. Michel Therrien, Alain Vigneault, Bob Hartley, Claude Julien, Jacques Martin et Dominique Ducharme, entre autres, regarderont ce début de saison de leur salon. Il s’agit assurément d’une période difficile pour ces entraîneurs de carrière puisque la rentrée est toujours un moment plaisant pour un coach. Tu vois tes anciens arriver en pleine forme, tu as la chance d’évaluer les jeunes de l’organisation. Dans le cas de Ducharme, je pense que ce n’est qu’une question de temps avant qu’on le revoie dans la LNH. Pour les autres, bien que je ne le souhaite pas, c’est peut-être la fin. 


UNE DERNIÈRE POUR PATRICK ? 

En lisant l’entrevue que Patrick Roy a donnée au Journal de Québec cette semaine, il m’a semblé clair que ce sera la fin pour lui au terme de la saison. Par contre, on n’est pas à une surprise près avec lui, donc on ne sait jamais ce qui peut arriver. Chose certaine, même s’il approche de la retraite, il n’a toujours pas peur de dire ce qu’il pense et on l’a vu dans les dernières semaines avec ses démêlés avec les arbitres. Patrick, laisse-moi te dire une chose : je te comprends. Je suis passé par là et disons que les arbitres n’étaient pas mes plus grands chums, moi non plus ! Ceci dit, je souhaite une bonne saison à toutes les équipes de la LHJMQ. Ce sera encore une fois, j’en suis persuadé, une saison haute en rebondissements. 


MATCHS HORS-CONCOURS 

J’ai hâte de voir comment Martin St-Louis séparera son effectif pour les différents matchs présaison. Je ne sais pas s’il sera généreux avec ses vétérans en s’assurant de les utiliser lors des matchs à domicile. Par expérience, je sais pertinemment que ces matchs hors-concours ne sont pas la partie préférée des joueurs établis. Disons que je n’avais pas à leur répéter de garder leurs présences courtes, ça se faisait naturellement ! Par respect, je m’assurais toujours de les faire jouer devant leurs partisans qui avaient payé le gros prix pour venir voir un match sans signification. Et les joueurs m’en remerciaient. Sur la route, j’amenais nos jeunes ou les joueurs de profondeur.

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