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Le bon gars qui finit premier

TENNIS-ATP-LAVER-GBR
Photo AFP

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Roger Federer avait déjà craqué en répondant aux questions de Jim Courier, ancien numéro un mondial. 

Il avait pleuré à chaudes larmes en rendant hommage à sa femme, qui a sacrifié sa carrière pour permettre à son mari de poursuivre la folle aventure de 20 titres en Grand Chelem et de bâtir la plus belle carrière qu’on puisse rêver pour un athlète.

Avoir été un des trois plus grands joueurs de tennis de tous les temps, mais qu’on dise au soir de sa retraite qu’on va se souvenir de lui pour qui il a été et non pour tout ce qu’il a fait.

Pour qui il est et pas pour ce qu’il a fait.

J’en ai connu quelques-uns. Guy Lafleur. Muhammad Ali. René Lévesque. 

Des êtres qu’on a passionnément aimés. Pour qui ils étaient. 

Sauf qu’eux n’étaient pas parfaits. On les aimait malgré leurs immenses défauts.

Roger Federer, lui, a toujours semblé parfait. En tous les cas, on l’a connu parfait.

Il a fait mentir pendant toute sa carrière la phrase célèbre de Leo « The Lip » Durocher, le gérant de baseball : Les bons gars finissent derniers. Good guys finish last !

Roger Federer est le bon gars qui a fini premier.

Des moments émouvants

Sans doute que Federer espérait des cérémonies sobres qui ne le feraient pas pleurer. Mais comment rester insensible quand les trois grands des 15 dernières années te prennent dans leurs bras ? Rafael Nadal, 22 titres de Grand Chelem. Un homme généreux et possédant la classe d’un noble espagnol. Novak Djokovic, 21 titres majeurs. Privé d’une chance de gagner à Melbourne et à New York par les politiciens, « Djoko » demeure un des trois candidats au titre de meilleur joueur de tennis de tous les temps. 

Et s’il n’a pas la classe princière de Federer, ses activités philanthropiques et son engagement dans l’Association des joueurs de tennis professionnels en font un personnage de grande qualité.

Le quatrième, le petit frère, Andy Murray semblait le moins ému des grands adversaires de Federer. Mais s’il a été invité à la table des trois grands, il n’a jamais eu la prétention d’être à leur sommet. 

À TVA Sports

Je suis content que TVA Sports ait consacré toute la programmation de sa journée à la Laver Cup. Toute cette attente, égayée par de bons matchs, a préparé le moment magique. Et quand il a servi à 9-8 avec la possibilité de gagner le match, Federer a bien fait. Mais ce ne fut pas suffisant. Et disons-le franchement, Rafael Nadal n’est pas un vrai joueur de double. C’est un joueur qui prépare ses points, qui épuise et écrase son adversaire. Au ping-pong sur terrain qu’est le double, ce n’est pas le partenaire idéal pour aller voler un point.

Mais Federer voulait Nadal pour qui il était, pas pour ce qu’il ferait. 

Juste retour des choses.

À Londres, l’envoyée spéciale Frédérique Guay, bouleversée par les émotions, a parlé de longues minutes. Oscillant entre l’analyse et les cris d’amour. Pour compléter par une phrase splendide.

« Je ne trouve pas de mots. »

En fait, les mots avaient été déjà trouvés : pour qui il est et non pour ce qu’il a fait.

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