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Logement: nous sommes «sur la ligne de l’iniquité intergénérationnelle»

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Le président et chef de la direction du Mouvement Desjardins Guy Cormier se dit très préoccupé par l’accès à la propriété de plus en plus restreint pour les jeunes. La proportion de propriétaires chez les 25-29 ans a chuté passant de 38,5 % à 34,3 % entre 2011 et 2021, et le prix médian d’une maison unifamiliale a atteint les 448 694 $ au Québec au deuxième trimestre de 2022.

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« C’est une source de préoccupation vraiment importante pour moi. On se tient sur la ligne de l’iniquité intergénérationnelle, on a presque le pied dessus », a affirmé M. Cormier en entrevue exclusive.

Élargir l’accès à la propriété

En juin dernier, au plus fort de la crise du logement, Desjardins s’est engagé dans un partenariat avec le gouvernement du Québec, Fondaction et le Fonds de solidarité FTQ pour la construction de 3000 logements abordables.

« C’est une première initiative, on travaille sur d’autres », a avancé M. Cormier, précisant par ailleurs être un des rares prêteurs à soutenir l’autoconstruction, qui est une manière de diminuer les coûts. 

Le PDG affirme être en discussion avec la Société canadienne d’habitation et de logement (SCHL) et le gouvernement fédéral pour imaginer d’autres pistes permettant d’élargir l’accès à la propriété.

La hausse des taux d’intérêt a pour effet d’équilibrer davantage le marché immobilier et on commence à voir des baisses de prix. Les économistes du Mouvement Desjardins anticipent une chute de 25 % au Canada d’ici la fin de 2023.

« On va tomber dans un meilleur équilibre. Il n’y aura pas l’effervescence qu’on a eue avec les offres multiples, alors je pense que ça pourrait donner des opportunités à des jeunes », dit-il.

Le confort des employés d’abord

Par ailleurs, même si la pandémie est en train de se résorber, le plus grand employeur privé du Québec entend privilégier une forte dose de télétravail plutôt que la vitalité économique des centres-villes.

« Ma responsabilité première est de bien servir mes membres et mes clients, ce n’est pas de garder le centre-ville en vie », laisse tomber Guy Cormier.

Le marché du travail lui apparaît tellement tendu, qu’il ne prendrait pas le risque de perdre des employés pour soutenir le dynamisme économique des villes en forçant le retour au bureau. 

Le personnel de Desjardins partout au pays est en défaveur d’un retour au bureau à temps plein.  

« On essaie de trouver le bon équilibre, qui devrait tourner autour d’une ou deux journées par semaine au bureau. Chaque grande tour de bureaux à Montréal et Québec vit cette réalité de redéfinition de la dynamique commerciale. »

Guy Cormier sent néanmoins une responsabilité sociale et travaille avec la Ville de Montréal et la Chambre de commerce de Montréal pour trouver des façons de dynamiser le centre-ville ; ce qui sera tout un défi, admet-il.

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