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Où sont passées les campagnes d'antan ?

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Il y a très peu de vrais rassemblements de plusieurs centaines de personnes dans cette campagne.

À part au Parti conservateur, évidemment. On l’a vu encore hier soir à Lévis.

Lors de l’élection de 2007 – la première que j’ai suivie comme reporter – tant au Parti libéral qu’au Parti Québécois, les rassemblements étaient quasi quotidiens.

Tous les soirs ou presque, les chefs allaient à la rencontre de groupes de militants, faisaient un discours, serraient des mains. Faire campagne, c’était ça.

PLQ et PQ

En 2022, outre le PCQ, QS a aussi réussi, notamment avec un événement à Rimouski et lors de son « Estrie de show » à Sherbrooke, à rassembler du monde.

Hier, j’ai intégré la caravane des médias de la Coalition Avenir Québec. C’est ma cinquième depuis le début (je les aurai toutes faites).

Force est de constater que le Parti libéral et le Parti Québécois ont vraiment du mal à attirer des foules.

Chez les libéraux, on a touché le fond du baril lors d’une activité à Montmagny, en début de campagne. Moins de 30 personnes s’y étaient pointées.

Le PQ qui, encore en 2018, avait maintenu la tradition des rassemblements fréquents et nombreux, n’a pas vraiment eu d’importants événements partisans cette année.

À Jonquière, ancien château fort bleu foncé, j’ai assisté, le 17 septembre, à une assemblée militante, dans la salle Côté-Cour, où tout au plus une centaine de militants étaient venus écouter PSPP et d’autres candidats.

En entrevue à mon émission, PSPP a soutenu le lendemain qu’il tiendrait, d’ici la fin de la campagne, un grand rassemblement similaire à celui que le PCQ a organisé au Centre Vidéotron. Le lendemain, il semblait moins affirmatif.

Mes hypothèses

Comment en est-on arrivé là ?

Première hypothèse : la pandémie a tué la vie partisane. Surtout celle des « vieux partis ». Une formation politique, c’est fait de rencontres, de débats d’idées, de grands discours. En « présentiel », comme on dit depuis la pandémie. Ces habitudes semblent s’être perdues.

Deuxième hypothèse : plusieurs activités partisanes ont été transférées en ligne. L’ancien député libéral de Montmorency Raymond Bernier m’expliquait récemment qu’aucun parti n’a le choix de passer à Facebook, Teams ou autre Zoom. Mais il reste que les rencontres en ligne n’ont souvent rien de galvanisant.

Le numérique peut être un ersatz trop commode au militantisme en chair et en os. La députée libérale de Hull Maryse Gaudreault confiait que souvent, les militants ou sympathisants se contentent de cliquer sur « j’aime » dans les médias sociaux.

Troisième hypothèse : avant la pandémie déjà, les partis avaient commencé à évoluer profondément, sans doute à cause du numérique, en grande partie.

Il est devenu possible d’avoir du succès électoral sans trop d’organisation. Pensons à la vague orange de 2011 au NPD.

Il est aussi possible d’obtenir le pouvoir avec une organisation, mais peu de véritable militantisme : la CAQ en est le meilleur exemple.

D’ailleurs, elle caracole en tête des sondages, mais tiendra-t-elle un grand rassemblement d’ici le 3 octobre ? Pour l’instant, rien n’est moins sûr.

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