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Ambiguïtés solidaires

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Malgré tout le talent de son porte-parole, malgré une campagne disciplinée et efficace, malgré un cadre financier équilibré, Québec solidaire ne semble toujours pas avoir franchi le mur de méfiance qui bloque ses grandes ambitions.

Le quolibet d’Alice au pays des merveilles qu’a brandi François Legault en plein débat des chefs n’a certainement pas aidé. Pas plus que l’épouvantail des taxes orange qui suffit à faire fuir suffisamment d’électeurs de la classe moyenne.

Le grand projet de société vanté par Gabriel Nadeau-Dubois et ses troupes semble bel et bien confronté au gros bon sens que cultive son adversaire de la CAQ.

Mais les événements de la dernière semaine ont aussi révélé que le malaise est peut-être plus profond.

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Mauvais souvenirs

De dire que Gabriel Nadeau-Dubois s’est magistralement mis les pieds dans les plats en refusant de condamner le traitement réservé au ministre de l’Environnement lors de la marche sur le climat est un euphémisme.

GND n’aurait pas pu faire mieux pour éveiller les mauvais souvenirs de son époque carré rouge.

Il a beau avoir troqué sa veste de jeans pour un manteau d’homme d’affaires pour corriger le tir quelques heures plus tard, le mal était fait.

Quoi qu’on pense du bilan de la CAQ dans la lutte contre les changements climatiques, la cause n’appartient pas exclusivement aux franges les plus radicales du mouvement écologiste.

Gabriel Nadeau-Dubois plaide avoir vu des jeunes de 13, 14, 15, 16 ans scander des slogans « pour exprimer des désaccords », les services de police ont vu des adultes assez intimidants pour évacuer le contingent de la CAQ.

Ni vu ni connu du leader solidaire... L’ambiguïté est entretenue, comme à l’époque de la grève étudiante.

Que voulez-vous, il ne peut désavouer les méthodes de ses fidèles militants.

Quelle cause ?

Québec solidaire revendique le titre de parti le plus écologiste. Le sceau d’approbation de Laure Waridel est brandi comme un gage de crédibilité.

Mais que dire de l’autre cause ? Celle qui frappe au cœur de la nation québécoise ?

Contrairement à une autre époque, la question nationale ne définit plus les lignes de fractures politiques. Le chef du Parti Québécois aura toutefois réussi à la remettre au programme dans la campagne. Paul St-Pierre Plamondon s’assume. C’est son pari.

Même la cheffe du Parti libéral s’est revendiquée d’un fédéralisme assumé lors du débat de jeudi. On a accepté que François Legault ne veuille pas en parler. Mais que dire de QS ?

Gabriel Nadeau-Dubois a ramené ça au projet d’un Québec où on repense les assises de la démocratie.

Habile ambiguïté. Chacun peut s’y retrouver.

Même la candidate de QS dans Verdun préfère parler de crise du logement quand on lui demande pourquoi les électeurs d’une circonscription qui ont toujours voté en faveur du Canada voteraient pour un parti souverainiste comme le sien.

Finalement, Québec solidaire est comme les autres partis. Lui aussi cultive ses zones d’ombre.

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