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Un Shakespeare ambitieux et réussi

Le Théâtre du Nouveau Monde offre La nuit des rois

La nuit des rois
Photo courtoisie, Yves Renaud Yves Jacques offre une grande performance dans La nuit des rois.

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Du neuf et du vieux, du verbe et de la musique, de l’esprit et de l’absurde, cette nouvelle version de La nuit des rois de Shakespeare montée au TNM constitue un heureux mélange des genres.

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Le metteur en scène Frédéric Bélanger voulait dépoussiérer ce classique du 17e siècle et il n’a pas lésiné sur les moyens. Plusieurs chansons sont interprétées avec trois musiciens qui s’exécutent sur les planches. Ces airs sont accompagnés de costumes kitsch. Et d’immenses projections vidéo viennent enrichir cette proposition traduite et adaptée avec brio par Rébecca Déraspe. 

Le duo de créateur a ainsi enlevé des personnages et modifié des scènes, en plus de donner la parole au bouffon (savamment campé par Benoît McGinnis). Devenu le narrateur de cette histoire, ce dernier récite le prologue et l’épilogue qui ont été créés de toute pièce.

Plaisir de jouer

La trame de base de cette œuvre reste la même et elle ne s’avère pas difficile à suivre. Il s’agit du destin d’un homme et d’une femme, des jumeaux identiques, qui se retrouvent séparément naufragés sur une île fictive. Seule, la sœur se déguise en homme pour survivre. Se plaçant au service d’un duc qui est follement amoureux d’une comtesse, Viola s’entiche de lui, tandis que la comtesse s’amourache d’elle, croyant qu’elle est un homme. Ces quiproquos qui impliquent aussi des intrigues avec d’autres personnages engendrent des situations loufoques qui dérident l’auditoire.

Yves Jacques est sublime dans le rôle de l’intendant hautain Malvolio. Il est bien entouré avec l’exquise Marie-Pier Labrecque, qui incarne la comtesse Olivia, et le succulent duo joué par Étienne Pilon et François-Simon Poirier. Malheureusement, le personnage le plus fade est celui qui se trouve au cœur du récit, celui de Viola (Clara Prévost).

Tous ces chassés-croisés mettent brillamment en lumière les pulsions amoureuses qui animent les protagonistes et la mélancolie qui les accablent, puisque leur genre et les conventions sociales les empêchent de les vivre. Les moments déjantés côtoient les perles écrites par le grand dramaturge britannique. En raison de sa forme absolument ludique, cette pièce est campée dans le divertissement. On n’en sort pas nécessairement avec des réflexions profondes. Toutefois, une puissante ode à l’amour, et à la liberté de le partager avec qui on veut, jaillit de ce spectacle original et pertinent. 


La nuit des rois ★★★★☆

► Une mise en scène de Frédéric Bélanger

► À l’affiche au Théâtre du Nouveau Monde jusqu’au 15 octobre

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