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CAQ et éducation: des promesses inefficaces

Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge
Photo d'archives / Agence QMI Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge

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Pour les spécialistes politiques, la Coalition Avenir Québec formera assurément le prochain gouvernement.

- En collaboration avec Luc Papineau

Ainsi, ses promesses électorales en éducation seront au cœur des futures actions gouvernementales. Mais sauront-elles résoudre les différentes crises que vit actuellement le réseau scolaire?

Il est permis d’en douter.

Infrastructures

La CAQ se distingue des autres formations politiques en investissant massivement dans la construction et la réfection des écoles. Sauf qu’on a tellement négligé le réseau que les investissements actuels ne suivront pas le rythme auquel elles se dégradent. De plus, le gouvernement disperse ses énergies en construisant des classes pour les maternelles quatre ans dont le coût est passé de 160 000$ à plus d’un million l’unité. Il importe que la CAQ délaisse cet engagement électoral antérieur et recentre ses actions sur les cas les plus urgents.

Pénurie du personnel

S’assurer d’avoir un enseignant qualifié dans chaque classe devrait être une priorité nationale. À cet égard, la CAQ semble croire que les mesures qu’elle a déjà mises de l’avant régleront tout. Or, il faut comprendre qu’une augmentation salariale ne saura suffire. Si la profession n’attire plus, c’est parce que c’est l’ensemble du réseau scolaire qui est malade. Les conditions de travail, le manque de services, la composition des groupes, l’état des bâtiments: la réalité est plus complexe que l’argent sur un chèque de paie.

La pénurie en éducation ne concerne pas que les enseignants mais tout le personnel scolaire, ce que la CAQ ne semble pas réaliser. La «cavalerie» pourtant annoncée en 2019 par le ministre Roberge n’est toujours pas arrivée. On peut bien promettre l’ajout de centaines de professionnels dans le réseau scolaire, dans les faits le recrutement est difficile. En quatre ans, les initiatives gouvernementales se sont avérées jusqu’à présent inefficaces. On l’a d’ailleurs vu par le programme «Je réponds présent!»

Lutte contre le décrochage

Actuellement, on n’a pas un portrait juste du décrochage scolaire. Certains analystes parlent d’une hausse possible de 30% par rapport aux années précédentes.

Il est évident que les mesures mises de l’avant par le ministre Roberge n’ont pas eu l’effet souhaité. Pour ceux qui connaissent la recherche universitaire, ce n’est pas une surprise. La CAQ propose de reconduire un programme de tutorat – qui n’a pas fonctionné – et compte entre autres sur une plateforme web avec des rencontres virtuelles avec un professionnel. Comme si d’être guidés par le biais d’un écran allait motiver les jeunes démotivés par le télé-enseignement...

Au lieu de se baser sur des mesures qui ont fait leurs preuves, la CAQ préfère encore une fois aller de l’avant avec des actions inefficaces mais qui paraissent bien.

C’est un peu comme la récente promesse de créer la plateforme numérique Clic École. Quand la liste des tâches à réaliser est déconnectée de la réalité, les problèmes s'accumulent et l'on gaspille un temps précieux à tenter de régler de faux problèmes avec de fausses solutions.

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