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L’État ne fait pas le poids face aux fonds hyperpuissants

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Contrairement à ce qu’on pourrait penser, les organismes de développement économique comme Investissement Québec sont souvent impuissants pour contrer les offres d’achat étrangères.

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New Look (soins de la vue), Camso (pneus), Element AI (informatique), Spectra Premium (pièces d’auto), KDC/One (produits de beauté), C Series (avions), Mnubo (logiciels)... 

Plusieurs entreprises d’ici ont été vendues à des étrangers ces dernières années même si elles comptaient des investisseurs institutionnels québécois parmi leurs actionnaires.

Dans certains cas, comme ceux de New Look et de KDC/One, la Caisse est devenue actionnaire minoritaire, mais cela n’a pas empêché l’entreprise de passer sous contrôle étranger.

Surabondance de capitaux 

Pour l’instant, les milliards de dollars de fonds publics injectés dans le Québec inc. par les organismes liés à l’État québécois n’ont pas permis de renverser la tendance à la hausse des ventes d’entreprises à des intérêts étrangers.

Le hic, c’est que les capitaux ont rarement été aussi abondants dans le secteur financier, une situation qui complique la vie aux Québécois qui veulent reprendre des entreprises d’ici, souligne le professeur Louis Hébert de HEC Montréal.

« En 2021, il y a eu une explosion des acquisitions d’entreprises dans le monde », mentionne-t-il.

Au Fonds de solidarité FTQ, on est aux premières loges de ce phénomène.

« C’est certain que dans les transactions qu’on regarde, régulièrement on a des étrangers qui sont autour de la table », affirme Dany Pelletier, premier v.-p. aux investissements de l’institution.

« S’il arrive quelqu’un qui décide d’offrir significativement plus, pour toutes sortes de raisons, ça peut arriver qu’on ne réussisse pas à faire la transaction, poursuit-il. Après, on se regarde et on se demande : “Est-ce qu’on a fait tout ce qu’il fallait faire pour garder cette entreprise-là au Québec ? Comment peut-on s’améliorer à l’avenir ?” On fait vraiment un suivi de ces transactions-là. »

« Solution québécoise »

Dany Pelletier assure que plusieurs fois par année, le Fonds FTQ réussit à sauver des entreprises québécoises des griffes d’acquéreurs étrangers. 

« Notre job à nous, c’est de voir venir ces transactions-là pour trouver une solution québécoise et de l’offrir à l’entrepreneur qui veut vendre », explique-t-il.

« On tire notre épingle du jeu, ajoute M. Pelletier. Est-ce qu’on frappe à 100 % ? La réponse, c’est non, mais on pense que notre moyenne au bâton est quand même assez bonne. »

Le dernier mot au propriétaire 

Rien n’empêche un entrepreneur de vendre à qui il l’entend. C’est ainsi que Plastique Micron est passé entre des mains américaines en 2019 même si Investissement Québec et le Fonds FTQ étaient actionnaires de l’entreprise à hauteur de 60 %. 

« À la fin de la journée, c’est à l’entrepreneur de décider », note Dany Pelletier sans faire référence spécifiquement au cas de Micron.

« On ne veut surtout pas être celui qui opère [l’entreprise] », lance-t-il.

Le numéro deux du Fonds FTQ rappelle également que les entrepreneurs ont un rôle à jouer pour faire en sorte que des acheteurs d’ici soient sur les rangs. 

« On peut trouver un repreneur québécois plus facilement s’il y a une bonne planification de la relève dans l’entreprise », dit-il.

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