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Pourquoi cette poussée du sentiment anti-immigration?

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La joute politique répond largement aux mécanismes de l’offre et de la demande.

Si un parti présente une offre qui répond à une demande croissante de l’électorat, il va monter, et inversement. 

Partout

L’extrême droite vient de triompher en Italie. En Suède, elle a fait une percée spectaculaire. 

Dans beaucoup d’autres pays européens, elle progresse.

Quelle est l’offre de ces partis qui répond à une demande croissante? 

Il suffit d’écouter ces partis et ces électeurs.

Écoutez l'édito de Joseph Facal à l'émission de Richard Martineau diffusée chaque jour en direct 9 h 48 via QUB radio :

La réponse tient en un mot : immigration.

Des électeurs de plus en plus nombreux sont de plus en plus mal à l’aise, voire carrément hostiles à une immigration massive, et ces partis font écho à cette inquiétude.

Ces partis ont peut-être des réponses simplistes ou erronées, mais ils ne font pas la sourde oreille ou ne condamnent pas l’électeur qui exprime son inconfort.

Pourquoi cette poussée du sentiment anti-immigration? Après tout, l’immigration n’a rien de nouveau.

Quatre aspects de la problématique ont changé.

Le premier, ce sont les volumes.

Une poignée de sociétés, dont le Québec, reçoit des quantités massives, inédites d’immigrants, supérieures aux capacités d’intégration, avec pour résultats que des citoyens nés ici voient se transformer sans leur consentement les quartiers où ils ont grandi, et finissent par se sentir des étrangers chez eux.

Le second, ce sont les lieux de provenance des immigrants.

Du temps où les immigrants étaient Italiens, Portugais, Grecs, Latino-Américains, Vietnamiens, l’intégration était plus facile.

Ces nouveaux arrivants venaient d’univers culturels, religieux ou linguistiques moins éloignés de celui de la société d’accueil.

Ne faisons pas semblant : aujourd’hui, les tensions ont souvent pour origine des revendications ou des pratiques religieuses qui dérangent, et l’islam militant est au cœur de la majorité des controverses.

Le troisième, c’est l’attitude de nombre d’immigrants.

Quand ma famille et moi sommes arrivés en 1970, nous étions habités par deux sentiments : discrétion et gratitude.

Il s’agissait de se fondre dans le paysage, de devenir aussi Québécois que possible, de garder nos coutumes particulières dans la sphère privée, de ne pas demander qu’on change des lois pour nous, de se montrer reconnaissants envers un peuple qui n’était pas obligé de nous faire une place.

De nos jours, on échappe difficilement à l’impression que nombre d’immigrants demandent à la société d’accueil de s’adapter à eux.

Pour ce qui est des attitudes problématiques, dans le cas spécifique du Québec, on y ajoutera le refus fréquent d’apprendre le français : pourquoi apprendre une langue de moins en moins nécessaire, se disent nombre de nouveaux arrivants? 

Toujours plus

Le quatrième changement, c’est l’idéologie dominante.

Il y a véritablement une idéologie immigrationniste, pratiquement monopolistique dans nos médias et dans le système éducatif. .

Elle tient en trois points : a) toujours plus, b) l’immigration est nécessaire et uniformément positive, et c) toute critique ne peut qu’être mal intentionnée et moralement condamnable.

Mettez tout ça ensemble et vous comprendrez pourquoi les tensions montent et montent, ici comme ailleurs.

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