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Jean Charest «humilié» par les révélations de Mâchurer

Il espérait obtenir des excuses du gouvernement, a-t-il témoigné à la cour

palais de justice de Montréal
Photo Chantal Poirier L’ex-premier ministre Jean Charest était au palais de justice de Montréal, mercredi, dans son litige contre l’État à qui il réclame deux millions $ pour atteinte à sa vie privée dans l’enquête Mâchurer.

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Jean Charest s’est senti «humilié» par les révélations sur l’enquête Mâchurer de l’UPAC et déplore que Québec n’a jamais voulu lui présenter ses excuses, a-t-il soutenu lors de son témoignage contre l’État, à qui il réclame 2 millions $ pour atteinte à sa vie privée.

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«C’est humiliant de se lever le matin et de voir qu’on nous présente comme un criminel. Ç’a été un sentiment d’humiliation, de frustration et d’embarras sur moi et ma famille», a dit l’ex-premier ministre lors du procès civil qui a pris fin mercredi au palais de justice de Montréal.

Avouant que ce n’était «pas dans [ses] habitudes de partager ses états d’âme», M. Charest a longuement témoigné sur les préjudices qu’il dit avoir subis à la suite des révélations à propos de l’enquête Mâchurer.

L’Unité permanente anticorruption cherchait alors à faire la lumière sur des allégations de financement illégal au sein du Parti libéral du Québec, à l’époque où il était chef. Or, en 2017, le Bureau d’enquête a sorti un reportage-choc qui révélait que M. Charest lui-même était un sujet d’intérêt. L’enquête a depuis pris fin en mars dernier, sans que personne ne soit accusé.

«Ç’a été un choc de voir cet article, cette page frontispice du Journal de Montréal étalée partout dans les kiosques, a-t-il témoigné. Il y avait un organigramme comme on le voit dans les émissions de police, avec ma photo.»

Pas d’excuses

M. Charest a déploré que par la suite, chaque fois qu’il était question de l’UPAC, son nom revenait, ce qui a « pesé très lourd » dans sa vie. 

«Tous les jours, quand je me lève, je pense à ça», a-t-il dit en qualifiant de «triste cirque» les rebondissements dans cette affaire.

Face à cela, M. Charest dit avoir demandé des excuses au gouvernement, mais sans succès. En fait, il n’a même pas eu de réponse, a-t-il dit.

«Pour moi, c’était l’ultime mépris», a dit M. Charest en déplorant le «tribunal populaire» dans lequel il a été entraîné. «Des excuses, à mes yeux, ça me semblait noble, raisonnable.»

L’État se défend

L’État, de son côté, n’est pas de cet avis. Car selon le Procureur général du Québec, il ne peut pas être tenu responsable d’une fuite illégale dans les médias.

«Certaines menaces comme le vol [d’informations confidentielles] ne peuvent pas être complètement éliminées. Il y avait un ensemble de mesures destinées à sécuriser l’information, il n’y a pas de preuves qu’elles n’étaient pas adéquates», a plaidé mercredi Me Michel Déom.

Minimisant la quantité d’informations confidentielles dévoilées, il a ensuite rappelé qu’on ignore encore qui a coulé de l’information. Le Bureau des enquêtes indépendantes se penche d’ailleurs sur la question.

L’avocat a ensuite minimisé les préjudices qu’allègue M. Charest en rappelant qu’il était déjà une personnalité publique et que le fait qu’il soit visé par l’enquête Mâchurer était déjà dans le domaine public.

Le juge Gregory Moore a pris l’affaire en délibéré en annonçant qu’il rendrait un jugement ultérieurement.

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