/misc
Navigation

L’extrême droite au banc des accusés

L’extrême droite au banc des accusés
AFP

Coup d'oeil sur cet article

C’est mardi qu’on procédait à la sélection des membres du jury qui auront à se prononcer sur le complot séditieux allégué des Oath Keepers, un des groupes d’extrême droite présents lors de l’assaut du 6 janvier 2021.

Cette milice est constituée en majeure partie d’anciens militaires et représentants des forces de l’ordre qui prétendent protéger la Constitution. Ils sont associés à tout ce qui grouille dans la fange de la désinformation et du complotisme, de Roger Stone à Alex Jones et Infowars.

Le département de la Justice joue gros

En janvier 2022, le département de la Justice a déposé des accusations contre 11 membres de cette milice. Le procès qui débutait mardi concerne 5 des 11 inculpés.

L’extrême droite au banc des accusés
AFP

Ces derniers sont accusés d’avoir préparé un complot séditieux, recourant ensuite à la force pour empêcher une transition pacifique des pouvoirs de Donald Trump à Joe Biden. S’ils sont reconnus coupables, ils risquent une peine d’emprisonnement de 20 ans. Leur défense pourrait être affectée par des aveux de culpabilité de 2 des 11 membres accusés.

Si les individus concernés jouent leur liberté, les avocats du département de la Justice savent qu’ils s’aventurent sur un terrain glissant tant la cause est chargée politiquement. Non seulement on parvient rarement à démontrer l’existence d’un complot séditieux, il n’y a eu aucun verdict de culpabilité depuis le milieu des années 1990, ils n’ont pas le droit à l’erreur.

  • Écoutez l'édito de Luc Laliberté à l'émission de Richard Martineau diffusée chaque jour en direct 8 h 30 via QUB radio :

Trump le prochain?

Dans le contexte actuel de polarisation, un échec du gouvernement pourrait avoir un effet domino. Si pour le moment tous les projecteurs sont braqués sur les Oath Keepers, bien des observateurs ne manqueront pas de noter tous les liens entre le groupe et le 45e président. Les membres du groupe allèguent d’ailleurs qu’ils étaient sur place pour protéger les partisans du président. 

Une des stratégies de défense des miliciens repose également sur la possibilité que le 45e président invoque l’Insurrection Act. Cette vieille loi de 1807 aurait permis à Donald Trump de recourir aux services de milices. Selon leurs dires, les Oath Keepers n’étaient donc sur place que pour être prêts à répondre à un appel qui n’est jamais venu.

À première vue, le département de la Justice semble jouir de preuves solides, parmi lesquelles de nombreux textos entre les membres du groupe. Non seulement on peut étayer le sérieux des préparatifs, mais aussi le fait qu’on soit passé à l’action.

Depuis quelques années, l’extrême droite gagne des adeptes et il lui arrive de plus en plus fréquemment de se rapprocher du pouvoir. On ne peut qu’espérer un travail sans failles du département de la Justice, une présentation des faits qui ne laisserait planer aucun doute. 

La défense de la démocratie ne saurait connaître aucun répit et ce qui se joue depuis hier va bien au-delà du sort de quelques individus, c’est de la stabilité de tout un système dont il est question.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.