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Québec solidaire vit selon ses principes

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C’est une véritable tragédie qu’a vécue Québec solidaire lundi. Une candidate doit retirer sa candidature parce qu’elle a fait une connerie : piquer un dépliant adverse. Un geste poussé évidemment par l’enivrement partisan d’une fin de campagne. Mais un geste banal quand même, qui ne risquait pas de faire basculer les résultats du comté.

Dans toutes leurs interventions, les porte-parole de Québec solidaire mettent la barre haute en matière d’éthique et de respect de la démocratie. Sincèrement, dans cet épisode, ils ont agi à la hauteur de leurs principes. Les bottines ont suivi les babines.

Le retrait de cette candidate représentait une décision crève-cœur. D’abord à cause de la personne elle-même. Marie-Eve Rancourt a un solide curriculum vitae. Détentrice d’une maîtrise en droit international, elle était engagée auprès de Québec solidaire depuis longtemps. Pour le parti, son arrivée à l’Assemblée nationale aurait été un atout.  

Puis il y a la circonscription. En cas de controverse, retirer une candidature dans une circonscription où votre parti finira loin derrière, c’est ennuyeux, mais pas trop souffrant. Ce n’est pas le cas ici. Le comté de Camille-Laurin se retrouvait sur la courte liste des gains potentiels de QS.

Lorsque Gabriel Nadeau-Dubois rêvait à haute voix de devenir l’Opposition officielle, il incluait probablement Camille-Laurin dans la liste des gains. D’ailleurs le chef de Québec solidaire était passé deux fois dans ce comté durant la campagne. Pas un hasard.

En résumé, la perte pour Québec solidaire est énorme. Le jeune parti accepte de payer un prix élevé pour vivre selon les principes qu’il met de l’avant. Je prends la peine de le souligner.

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Discipline

Remarquez qu’à part ce geste erratique (et filmé), les candidats de Québec solidaire ont fait preuve dans cette campagne d’une impressionnante discipline. Pour un parti relativement jeune qui inclut dans ses rangs des militants assez intenses de gauche, les dérapages ont été évités.  

Les candidats de partout ont participé aux divers débats locaux en demeurant fidèles au programme. Ils ont évité de fournir des perles aux adversaires par leurs déclarations. Seules quelques traces bizarres sur les réseaux sociaux ont fait sourciller, comme cette candidate qui rêve de déconstruire les barrages d’Hydro-Québec.

Caucus au travail

Puisqu’on parle de discipline, le caucus de Québec solidaire durant les quatre dernières années fut assez exemplaire. Les dix députés élus en 2018 ont complété leur mandat. Aucune démission, aucune dissension, ce qui n’est pas toujours le cas dans les jeunes partis. Le caucus au jour de la dissolution en août dernier était exactement le même qu’à l’assermentation quatre ans plus tôt. Avec bien du boulot accompli.

Il y a eu bien sûr le cas Catherine Dorion, plus forte à attirer l’attention qu’à faire le travail de base de l’élu. Malgré tout, celle-ci a complété son mandat de quatre ans et a fait la chose sage de céder sa place ensuite. 

Je reste perplexe face au programme, mais ce parti a prouvé son sérieux dans l’action.

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