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Fiona: des pêcheurs madelinots frôlent la catastrophe en raison d’un litige fédéral-provincial

Jean-Benoît Boudreau, capitaine du Charles-Antoine, est soulagé de voir enfin son bateau sur le sec.
PHOTO AGENCE QMI, HÉLÈNE FAUTEUX Jean-Benoît Boudreau, capitaine du Charles-Antoine, est soulagé de voir enfin son bateau sur le sec.

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Le passage du cyclone post-tropical Fiona aux Îles-de-la-Madeleine a ravivé les pressions pour régler un litige fédéral-provincial qui aurait pu causer des pertes importantes pour bon nombre de pêcheurs. 

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Le problème, c’est qu’ils n’ont pas tous pu sortir leur bateau de l’eau avant la violente tempête parce que leur vieille grue portique, en fin de vie utile depuis cinq ans, était en réparation. Et pendant ce temps, un équipement flambant neuf d’une capacité trois fois supérieure, acquis au coût de 3 millions $ en 2018, ne peut toujours pas être utilisé faute de cale de halage adéquate au port de Cap-aux-Meules.

«Ça se lance la balle entre le fédéral et le provincial parce que l’eau et le fond de la mer sont de juridiction fédérale, et le tablier, le ciment sur le dessus de la cale de halage, appartient au provincial, a expliqué Jocelyn Thériault, président du Regroupement des usagers du port de Cap-aux-Meules (RUPCAM) et capitaine du Phoenix IX. On parle d’un investissement évalué entre 5 millions $ et 6 millions $ pour adapter la cale à la nouvelle grue. Va falloir qu’on s’entende sur qui va payer quoi parce que c’est au-delà de nos capacités, nous, comme regroupement, de le faire.»

Jocelyn Thériault, président du Regroupement des usagers du port de Cap-aux-Meules
PHOTO AGENCE QMI, HÉLÈNE FAUTEUX
Jocelyn Thériault, président du Regroupement des usagers du port de Cap-aux-Meules

Finalement, les bateaux ont été quittes pour quelques égratignures. «Il n’y a pas eu de bris majeurs ni de pertes», s’est félicité M. Thériault. Il n’en demeure pas moins qu’au lendemain de la catastrophe évitée, son organisation a profité du passage des chefs du Parti Québécois et de la Coalition Avenir Québec dans l’archipel en début de semaine pour les sensibiliser au besoin pressant de moderniser la cale de halage. «Le mot d’ordre, c’est la sécurité, insiste le président du RUPCAM. Vis-à-vis des ouragans, de pouvoir monter les bateaux, c’est essentiel.»

«En raison d’une chicane entre Québec et Ottawa, pour un dossier pour lequel il n’y a pas de suivi, et vu qu’il n’y avait pas d’équipement pour lever les bateaux, les pêcheurs ont risqué énormément, en allant, pendant la tempête, par des vents de 130-140 km/h, eux-mêmes tenter d’attacher leur bateau après des poteaux, a déploré Paul St-Pierre Plamondon en point de presse. Ça, c’est une conséquence d’un gouvernement de trop.»

Jean-Benoît Boudreau, capitaine du Charles-Antoine, est soulagé de voir enfin son bateau sur le sec.
PHOTO AGENCE QMI, HÉLÈNE FAUTEUX

«C’est malheureux, a admis à son tour François Legault devant les journalistes parce que, pour retirer les bateaux de l’eau, on a une grue qui a été payée d’ailleurs par le gouvernement libéral [de Philippe Couillard] en 2018 et qui n’a jamais été utilisée parce que le gouvernement fédéral n’est pas capable de mettre en place les installations. Et on va s’assurer, du gouvernement fédéral, que ce soit fait.»

D’ailleurs, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, sera lui-même de passage aux Îles-de-la-Madeleine, jeudi, en compagnie de la députée de la Gaspésie–Les Îles-de-la-Madeleine et ministre du Revenu, Diane Lebouthillier. Il rencontrera notamment des pêcheurs et des propriétaires de petites entreprises qui ont été touchés par Fiona. Nul doute que les travaux à faire pour adapter la cale de halage à la nouvelle grue portique de 300 tonnes seront au cœur des discussions.

Notons aussi que la vieille grue portique, qui a été réparée au coût de 200 000$, a repris du service mercredi.

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