/entertainment/stage
Navigation

Proposition tiède, mais intéressante

«À cause du soleil» ne convainc pas complètement

Mustapha Aramis
Photo courtoisie, David Ospina Mustapha Aramis se distingue dans la pièce «À cause du soleil».

Coup d'oeil sur cet article

Voulant souffler le chaud et le froid, la pièce À cause du soleil présentée au Théâtre Denise-Pelletier offre une proposition un peu tiède, mais néanmoins intéressante. 

Cette création d’Evelyne de la Chenelière s’inspire de L’étranger d’Albert Camus. Une partie du spectacle reprend la trame de ce célèbre roman paru en 1942. On y retrouve Meursault qui est accusé d’avoir tué un Arabe sur une plage d’Alger en plein soleil. À ce récit, l’auteure en présente un autre qui se déroule dans le froid à Montréal.

La distribution de ce spectacle est impeccable. Mustapha Aramis fait preuve d’aisance et de sensibilité dans le rôle de Medi ainsi que dans celui du narrateur de l’histoire. Maxim Gaudette rend bien ce Meursault dénué de sentiment. 

Avec sa voix caverneuse d’outre-tombe, Sabri Attalah donne froid dans le dos en incarnant des défunts, soit l’Arabe tué sur la plage et le père de Medi. Finalement, Daniel Parent, Évelyne Rompré et Mounia Zahzam complémentent avec justesse le travail des deux principaux interprètes.

En général, les personnages livrent des monologues au public, décryptant leurs sentiments plutôt que de les vivre à travers des dialogues. La charge émotive est donc passablement diluée, surtout qu’à la base, Meursault n’est pas expressif. L’histoire de Medi devrait venir contrebalancer ce manque, mais son sentiment de culpabilité est quelque peu masqué par les reproches accablants de sa copine, qui semblent incompréhensibles dans les circonstances.

Une lourde thématique

La mise en scène de Florent Siaud est efficace. La scénographie est réussie, même si l’espèce de nuage d’aluminium au-dessus des planches laisse perplexe.

Comme le roman, cette œuvre transmet le poids de l’absurdité de la vie humaine qui condamne en quelque sorte les personnages. La fin, qui s’ouvre au renouveau et à l’espoir, allège un tantinet ce spectacle qui, victime de son propre destin, porte ce fardeau sur son dos.


À cause du soleil ★★★1⁄2

Une mise en scène de Florent Siaud

Présentée au Théâtre Denise-Pelletier jusqu’au 15 octobre

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.