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Qui est l’homme qui a menacé l’épouse de Pierre Poilievre?

Qui est l’homme qui a menacé l’épouse de Pierre Poilievre?
Photo AFP

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OTTAWA – L’homme qui a menacé de violer l’épouse de Pierre Poilievre traîne une longue liste d’accusations criminelles, pourtant il a fallu que le chef de l’opposition porte plainte contre lui pour que la police lui passe les menottes. 

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Jeremy MacKenzie, podcasteur et fondateur de la milice d’extrême droite Diagolon, a été arrêté au domicile de sa compagne, à Cole Harbour près de Halifax en Nouvelle-Écosse mercredi, trois jours après que Pierre Poilievre et son épouse Anaïda ont porté plainte contre lui. Mais ce n’est pas cette plainte qui a motivé l’arrestation.

La GRC s’est plutôt présentée à sa porte avec un mandat pancanadien relié à des accusations portées contre lui le 18 juillet en Saskatchewan pour voies de fait, braquage d’une arme à feu, utilisation d’une arme à autorisation restreinte de manière imprudente et méfait. Selon l’accusation, les faits allégués remontent à novembre 2021 et la plainte a été déposée en mars.

Pour David Hofmann, sociologue à l’Université du Nouveau-Brunswick, expert des groupes terroristes et d’extrême droite lui-même visé par des menaces de MacKenzie, la plainte de M.Poilievre n’est pas étrangère à l’arrestation.

«Il a menacé l’épouse de Pierre Poilievre, ça met de la pression sur la police quand une personne connue porte plainte», dit-il soulignant que MacKenzie s’en est pris à bien d’autres personnes avant Anaïda Poilievre, y compris des travailleurs de la santé, des universitaires et des journalistes.

M.Hofman doute que MacKenzie lui-même passe des paroles aux actes. Par contre, «ce qui est dangereux ce sont les gens qui l’écoutent et qui eux pourraient faire ce qu’il dit, indique le chercheur. C’est eux la véritable menace.»

L’organisation Diagolon, qu’il a fondé, aspire à une Amérique blanche, de l’Alaska jusqu’à la Floride. Pour y parvenir, l’ex-militaire prône la guerre raciale à ses 14 000 fans sur sa chaîne Telegram.

Le 20 août, il y a partagé une photo avec M.Poilievre, prise alors que celui-ci faisait campagne pour la direction du parti conservateur en Nouvelle-Écosse. L’image a rapidement fait le tour des médias qui ont alors questionné le candidat Poilievre sur ses liens avec le chef de Diagolon, ce à quoi il a répondu ne pas le connaître.

«Mes évènements de campagne sont publics. Il n’y a pas d’inscription et tout le monde peut entrer, a-t-il déclaré à la chaîne Global. C’est impossible de faire une vérification sur chaque personne qui participe à mes évènements.»

MacKenzie n’est cependant pas un citoyen anonyme. Il a fait la manchette à de nombreuses reprises pour ses démêlées avec la justice ces derniers mois.

Le 10 janvier, lors d’une perquisition chez lui en Nouvelle-Écosse, la police a trouvé un véritable arsenal: cinq armes à autorisation restreinte, une arme non restreinte, des chargeurs illégaux, des munitions, un gilet pare-balle, une ceinture de service avec étui attaché, des sacs à chargeurs et des téléphones cellulaires. Treize accusations ont été portées à la suite de cette descente.

Ceci ne l’a pas empêché quelques jours plus tard de se présenter dans les rues d’Ottawa au sein du convoi des camionneurs d’où il diffusait ses podcasts en direct appelant à venir participer au blocus illégal de la capitale.

La manifestation a rapidement fait des petits jusqu’à Couts en Alberta où la GRC a découvert en février un autre arsenal militaire portant cette fois le logo de Diagolon, une barre blanche en diagonale sur fond noir.

Moins de trois mois plus tard, en mars, le même mois où la GRC recevait en Saskatchewan la plainte qui a mené à l’arrestation de mercredi, la même police fédérale, mais en Nouvelle-Écosse, l’arrêtait, mais pour toute autre chose: harcèlement criminel et intimidation à l’encontre du médecin hygiéniste en chef de la province.

Cette affaire a mené la Nouvelle-Écosse à légiférer pour protéger les travailleurs de la santé.

Quelques mois plus tard, en juin, un rapport déposé au Parlement identifiait Diagolon comme une organisation extrémiste violente à motivation idéologique.

«Ce sont ces types de groupes que je considère comme une menace réelle et importante pour la sécurité publique canadienne en général», indique dans le rapport Mubin Shaikh, professeur de sécurité publique au Collège Seneca et spécialiste de la lutte contre l’extrémisme pour l’organisation non gouvernementale Parents for Peace.

Selon le Service canadien du renseignement de sécurité, la vision du monde des individus adhérents à l’extrémisme violent à caractère idéologique «s’articule autour d’un discours personnalisé, axé sur la volonté de mobiliser des personnes, de les inciter à perpétrer des actes de violence et de leur donner les moyens de passer à l’action».

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