/world/usa
Navigation

Une Américaine, première femme à la tête de l'agence des télécoms de l'ONU

Une Américaine, première femme à la tête de l'agence des télécoms de l'ONU
AFP

Coup d'oeil sur cet article

Première femme élue à la tête de l’agence des télécommunications de l’ONU, l’Américaine Doreen Bogdan-Martin a fait coup double en remportant le scrutin haut la main face à son adversaire russe, sur fond de graves tensions liées au conflit en Ukraine. 

Le secrétaire américain d’État Antony Blinken a salué son «élection historique» à l’Union internationale des télécommunications (UIT), une agence vieille de 157 ans peu connue du grand public mais au rôle crucial pour les communications modernes, des satellites à la 5G.

Dans un communiqué, il a également souligné que le leadership américain «dans les enceintes multilatérales, y compris les Nations unies, est crucial pour garantir que la communauté internationale soit la mieux placée pour relever nos défis communs».

Mme Bogdan-Martin a été élue avec 139 voix, contre 25 pour le Russe, à l’occasion de la grande conférence quadriennale de l’UIT qui se tient jusqu’au 14 octobre à Bucarest.

«Aujourd’hui, nous avons écrit l’histoire, après 157 ans nous avons brisé le plafond de verre», a lancé Mme Bogdan-Martin après son élection.

«Félicitations à Doreen Bogdan-Martin (...) force d’inspiration pour les femmes qui souhaitent entreprendre une carrière dans les #ICT et participer au developpement d’1 connectivité universelle et inclusive», a tweeté la représentation française auprès de l’ONU à Genève.

Elle prendra la succession du Chinois Houlin Zhao, qui achèvera son deuxième mandat au 31 décembre.

«Priorité absolue pour les États-Unis»

Les postes de dirigeants à l’ONU sont toujours un exercice d’équilibre des pouvoirs.

L’Américaine, actuelle responsable du développement de l’organisation, était opposée à l’ancien vice-ministre russe des Télécommunications, Rashid Ismailov, et actuel directeur de la société de télécommunications russe VimpelCom.

Le résultat était aussi un test de l’influence de la Russie aux Nations unies, sept mois après son invasion de l’Ukraine.

M. Blinken avait vu en cette élection «une priorité absolue pour les États-Unis».

Cette compétition entre les États-Unis et la Russie n’était pas directement liée à la guerre en Ukraine. Mais l’invasion, qui vaut l’opprobre de l’Occident à la Russie, était présente dans tous les esprits.

Le conflit s’est invité à l’UIT comme dans beaucoup d’autres agences onusiennes. L’organisation doit publier un rapport très attendu sur les dommages causés aux infrastructures de télécommunications en Ukraine depuis l’invasion russe le 24 février dernier.

Mais la publication du rapport se fait trop attendre, selon certains. La semaine dernière, l’Union européenne a exprimé - dans un courrier envoyé à l’UIT - sa frustration de ne pas le voir publié à temps pour la conférence.

En réponse, le secrétaire général de l’UIT a indiqué dans une lettre envoyée le 28 septembre à l’UE, et vue jeudi par l’AFP, qu’un rapport d’évaluation provisoire serait publié «après» la conférence de Bucarest.

«Nous sommes déçus que l’UIT n’ait pas publié ce rapport à temps pour la conférence. Il y a six mois que les États membres ont adopté la résolution correspondante (demandant le rapport, NDLR). Ils sont vraiment à court d’excuses», a déclaré un diplomate jeudi à l’AFP.

«Unis»

L’UIT - l’une des plus vieilles agences de l’ONU - a été créée pour gérer les réseaux télégraphiques internationaux, mais a élargi son champ d’action au fur et à mesure des développements technologiques tels que le téléphone, la radio, la télévision, les satellites, les téléphones portables et internet.

Elle rassemble 193 États membres ainsi que quelque 900 entreprises, universités et organisations internationales et régionales.

Doreen Bogdan-Martin, qui parle couramment le français et l’espagnol, a rejoint le bureau de développement de l’UIT en 1993 et en est devenu la directrice en 2019. Selon un diplomate occidental, elle devrait apporter «un style de direction très différent à l’UIT».

Elle a appelé jeudi les pays à être «unis» pour «faire un monde mieux connecté» et souligné que «la connectivité universelle est un rêve depuis bien trop d’années».

Elle ambitionne d’avoir «une UIT qui offre un accès universel à internet, qui soit sûr, inclusif et à un coût raisonnable, d’ici à 2030» alors que 2,7 milliards de personnes n’ont toujours pas d’accès à internet.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.