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Encore des classes sans prof un mois après la rentrée

Au moins 118 enseignants à temps plein manquent à l’appel

Encore des classes sans prof un mois après la rentrée
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Un mois après la rentrée, au moins 118 enseignants à temps plein manquent toujours à l’appel dans les écoles québécoises, sans compter tous ceux qu’il reste à recruter pour des contrats à temps partiel. Des parents dénoncent l’instabilité engendrée par la succession de suppléants qui défilent devant les élèves.

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«C’est le gros bordel», laisse tomber le père d’un élève de sixième année de l’école de la Riveraine, en Montérégie, qui n’a pas voulu s’identifier par crainte de représailles. 

Puisqu’il n’y avait pas d’enseignant dans cette classe à la rentrée, une surveillante d’élèves a pris en charge le groupe pendant les deux premières semaines. Une suppléante a par la suite été recrutée pour trois semaines mais elle n’est finalement restée qu’une journée.  

Après quelques journées de «dépannage» - où les élèves ont vu défiler jusqu’à cinq profs différents dans la même journée - une suppléante a été trouvée jusqu’au 7 octobre. Elle n’est toutefois disponible le matin qu’à partir de 9h15. 

Avec tous ces chambardements, les parents voient la motivation de leur garçon «s’effriter à vue d’œil». «Nous savons bien que la direction doit faire ce qu'elle peut, mais il reste que nous sommes hyper inquiets», affirme le père. 

Au centre de services scolaire des Trois-Lacs, on reconnaît que la situation « n’est pas idéale ». «Nous n’échappons pas à la pénurie de main d’œuvre», affirme sa porte-parole, Alexandra Desrochers. Plusieurs mesures ont été mises en place pour «offrir de la stabilité aux élèves de ce groupe», assure-t-elle.   

  • Écoutez l'entrevue avec Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement, à l’émission de Yasmine Abdelfadel diffusée chaque jour en direct à 13h35 sur QUB radio:

Un bilan incomplet

Selon le plus récent bilan du ministère de l’Éducation, il manque toujours au moins 118 profs à temps plein dans les écoles publiques québécoises. Une douzaine de centres de services scolaires n’ont toutefois pas fourni de donnée à ce sujet.  

Le ministère de l’Éducation a par ailleurs confirmé au Journal cette semaine que les données compilées ne tiennent compte que des «postes réguliers menant à une permanence», alors que les contrats de remplacement à combler sont beaucoup plus nombreux dans plusieurs organisations (voir ci-bas). 

Au centre de services scolaire Marguerite-Bourgeoys, en Montérégie deux postes à temps plein sont vacants, mais ce nombre grimpe à 64 lorsqu’on ajoute ceux à temps partiel. 

Au centre de services scolaire du Fer, sur la Côte-Nord, il y a «des gens en charge dans chaque classe», mais l’équipe est toujours à la recherche de l’équivalent de six profs à temps plein pour combler les besoins en suppléance et en bonifications de services aux élèves, indique son directeur, Richard Poirier. 

Du «jamais vu»

«C’est un peu du jamais vu. Je ne trouve plus les mots pour décrire la situation», laisse tomber Nicolas Prévost, président de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement. 

«Toutes les options qu’on avait, comme direction d’école, là on n’en a plus. Les gens en font plus, ils sont plus fatigués, c’est un cercle vicieux. Tout ça a un effet domino sur la suppléance à court terme. On voit que les solutions qui ont été mises en place ne sont pas assez robustes», ajoute-t-il. 

Pour boucher les trous, des écoles font preuve de créativité, à la recherche de solutions temporaires. Dans une école secondaire de Lanaudière, un groupe d’élèves de troisième secondaire a présentement deux enseignants de français qui se partagent chacun trois des six périodes à enseigner par cycle, pour compléter leur tâche.  

Par ailleurs, plusieurs postes ont été pourvus récemment par des enseignants non légalement qualifiés, ce qui augmente la surcharge de travail de l’équipe-école, souligne la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ). 

«On craint que des enseignants qualifiés quittent le bateau (dans les prochaines semaines), parce que ce sera la goutte qui fait déborder le vase», affirme sa présidente, Josée Scalabrini. 

Le privé aussi touché

Des écoles privées n’échappent pas non plus à la pénurie, comme en témoignent plusieurs offres d’emploi disponibles sur le web.   

Le Collège de Montréal est notamment à la recherche d’un enseignant de science et technologie en deuxième secondaire, pour un remplacement de quelques semaines, alors que le collège Reine-Marie est à la recherche d’un enseignant remplaçant en anglais et d’un autre en univers social jusqu’à la fin de l’année scolaire.    

Des exemples d’offres d’emploi dans les écoles publiques

  • Une enseignante de maternelle 5 ans à temps plein à l’école primaire Belle-Vue à Armagh (Chaudière-Appalaches)
  • Un enseignant de mathématique à temps plein à l’école secondaire Louis-Jacques-Casault à Montmagny (Chaudière-Appalaches)
  • Un enseignant à temps plein en adaptation scolaire à l’école Fleur-des-Neiges à Sainte-Agathe-des-Monts (Laurentides)
  • Trois enseignants à temps plein au primaire au centre de services scolaire Marie-Victorin (Montérégie)
  • Deux enseignants remplaçants en univers social et en anglais au collège privé Reine-Marie (Montréal)
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